Une identité musicale construite autour de sa double culture. Avec son album ZMIG, il affirme cette direction artistique. Le français y côtoie l’arabe comme une musicalité naturelle dans l’écriture et le flow. Influencé par des figures comme Oum Kalthoum ou Cheb Hasni, il propose une musique qui relie héritage et modernité dans les instruments. Danyl sera sur la scène de la grande salle de Paloma à Nîmes le 28 mars.
Objectif Gard : D’où vient ce nom Danyl ? Et comment la musique est arrivée chez vous ?
Danyl : Danyl, c’est mon prénom. Il vient d’un cousin qui s’appelait comme ça et ma mère a voulu reprendre le nom. J’ai commencé le piano à 6 ans, donc j’ai toujours eu une formation de musicien. J’ai fait de la musique toute ma vie. Pendant longtemps, pour moi, c’était comme une matière à l’école, comme la SVT. Je faisais de la musique comme ça, sans penser que je pouvais en vivre. Je faisais des études qui n’avaient rien à voir, j’étais en fac de pharmacie. Je suivais un peu le chemin que mes parents voulaient que je suive. Et c’est seulement quand j’ai commencé les premiers concerts, il y a trois ou quatre ans, que je me suis rendu compte que ça pouvait devenir concret, que je pouvais en faire un métier. Ma mère n'en a pas loupé un seul, elle était là !
Comment l’arabe apparaît-il au milieu du français dans vos chansons ?
L’arabe, c’est une langue que mes parents m’ont apprise. Je parle très bien arabe. Mais dans mes morceaux, ce n’est pas une posture. C’est comme les anglicismes en français. Les arabicismes, c’est un peu du slang, des mots qui me viennent naturellement. Ça arrive par-ci par-là dans mes phrases. Il y a des passages où ça sonne mieux musicalement en arabe. Le mélange se fait naturellement, sans calcul.
Quelles sont vos principales influences musicales ? Oum Kalthoum, Enta omri ? Warda ?
Enta Omri est un clin d’œil à Oum Kalthoum. Cheb Hasni m’a énormément marqué, je suis un grand fan. Ses suites d’accords et sa manière de chanter m’ont beaucoup influencé. Warda aussi fait partie des artistes que j’ai écoutés depuis longtemps, comme toute la musique algérienne que j’entendais en fond à la maison.
À quoi le public nîmois peut-il s’attendre le 28 mars à Paloma ?
Je vais présenter tout mon univers. On est quatre sur scène. Un percussionniste, un batteur qui s’appelle Gaspard, Ilan qui est multi-instrumentiste à la guitare, au clavier et à la basse, et mon DJ Dooms. C’est la première fois que je pars avec des musiciens comme ça, toutes les religions sont représentées sur scène ! C’est un concert assez contrasté. Il y a des moments très calmes, très dans l’émotion, et des moments de grande célébration, de grande fête.
Sur scène, tout est mélangé. Les musiciens viennent d’origines différentes, on est un peu le collectif Benetton (rires). Ce mélange, il est dans la vie et dans la musique. Je peux mettre une darbouka dans le set de batterie, jouer des claviers raï et les mélanger avec une guitare électrique très américaine. Ce n’est pas faire de la musique du monde, c’est mélanger tout ce qu’on est.