Publié il y a 1 h - Mise à jour le 20.02.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 554 fois

AU PALAIS L'insoutenable procès d'un homme accusé de viols sur un nourrisson

La cour criminelle du Gard.

- Tony Duret

Actes sexuels violents et filmés : l’accusé aurait imposé les pires horreurs à un bébé de moins de deux ans. Il s’explique sur les faits devant la cour criminelle du Gard.

Horreur dans la salle d’audience de la cour criminelle du Gard. Ce jeudi 19 février, l’accusé et les parties civiles ont eu l’occasion de revenir sur les faits criminels du 5 mai 2021, conduisant à la comparution de Sofiane pour viols sur mineure de 15 ans et captation d’images pédopornographiques. Interrogé sur la raison de sa présence, seul avec l'enfant âgé de 22 mois au moment des faits, il explique avoir confié une mission aux parents. « Je leur ai proposé 10 € de l’heure pour surveiller une porte », explique l’accusé. Porte donnant sur le logement de sa compagne de l’époque, qu’il soupçonne de s’être remise à la prostitution. « Ce serait cramé de garder la porte avec ma fille apparemment », lance le père de la fillette, qui soutient que c’est Sofiane qui a tenu à garder leur fille. Version que l’accusé contredit à l’audience. « Ils m’ont demandé de la garder, car il faisait trop chaud dehors ».

« Il a proposé de garder notre fille et de l’emmener chez la nounou », dit tristement la maman de la fillette. Pourtant, la procédure ne fait état d’aucune trace de cet appel à une nounou. « Il nous a proposé de garder cette porte pour 500 €, mais il ne nous a passés que 20 € », explique difficilement la jeune femme, soumise à une mesure de tutelle. « Aujourd’hui, elle se sent coupable, mais elle n’est pas coupable », lance maître Molina, avocate des parties civiles intervenant pour la maman du bébé. C’est une fois entre les mains de Sofiane que le destin du nourrisson a basculé. Musique allumée, l’accusé avoue ensuite avoir consommé des stupéfiants. « J’ai commencé un peu à sniffer, à fumer, avec la fenêtre ouverte », explique-t-il, comme pour préciser qu’il prend des précautions pour la santé de la fillette. Il déshabille ensuite l’enfant, avant de lui-même se mettre « à moitié » nu.

Vingt-deux vidéos retrouvées dans son téléphone

Pendant cinq heures, le trentenaire va abuser du nourrisson. Les détails donnés à l'audience sont sordides. C'est l'horreur absolue. Vingt-deux vidéos sont retrouvées sur son téléphone portable. Interrogé par la cour sur les raisons de la captation de ces images, l’accusé ne sait que répondre. Et malgré l’ignominie des faits, il assure ne pas avoir d’attirance sexuelle pour les enfants. Il a ensuite rendu le bébé propre, lavé et changé à ses parents. Un élément qui, selon la cour, souligne que Sofiane, bien que sous l’emprise de stupéfiants, ne manquait pas de lucidité dans ses actes. Une fois de nouveau avec ses parents, « elle était normale », souligne sa maman, qui soutient n’avoir eu connaissance de ces faits criminels qu’une fois avoir été convoquée par les forces de l’ordre, trois ans plus tard. Audition au cours de laquelle les deux parents ont identifié leur fille sur des captures d’écran des vidéos de Sofiane.

Des actes et des paroles

Deux responsables de l’enquête de police, notamment chargés de l’exploitation des vidéos, ont détaillé le cheminement de l’enquête, face à la cour criminelle. En-dehors des images insoutenables qu’elles contiennent, les vidéos font état de paroles de l’accusé, plus glaçantes les unes que les autres. Questionné sur cette violence verbale, d’autant plus insoutenable face à un bébé d’une vingtaine de mois, Sofiane répond : « Ça excitait mon ex ». Plaidant pour l’association Innocence en danger, maître Sannier souligne le « caractère dépourvu d’humanité » de l’accusé, tête basse dans son box.

L’enfant, aujourd’hui âgée de six ans, est toujours placée par les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Représentée lors du procès par une administratrice de l’Agavip (Association gardoise d’aide aux victimes), elle est décrite comme étant une fillette « facile à vivre, joyeuse et attachante », malgré les viols subis dans sa petite enfance. Dans le cadre de sa plaidoirie, maître Mansat-Jaffré, intervenant pour le père de l'enfant, également partie civile et soumis à une mesure de curatelle, évoque qu’il ne souhaite pas « une vengeance, mais une condamnation exemplaire » pour l’homme qui a violé la fille de son client. Les débats vont se poursuivre aujourd'hui. L’occasion pour maître Bargeton-Dyens de porter la voix de cette enfant meurtrie face à la cour. La parole sera ensuite donnée à Charlotte Cerna, avocate générale, puis à Maître Montfort, intervenant pour la défense de l’accusé. Le verdict est attendu pour cet après-midi.

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