En Occitanie, le trafic ferroviaire représente près de 900 trains qui circulent chaque jour, 2 600 km de voies ferrées et 300 gares. À l’échelle de la région, la SNCF prévoit une enveloppe potentielle de 20 milliards d’euros jusqu'à 2040. Pour 2026, Catherine Trevet, directrice régionale SNCF Réseau Occitanie, a annoncé 550 millions d’euros d'investissements prévus co-financés entre l’État et la Région pour la modernisation, la régénération et le développement du réseau sur l’ensemble de la région.
Dans le Gard, le principal chantier concerne la modernisation de la rive droite du Rhône qui relie Nîmes et Le Teil (Ardèche). Avec la réouverture des gares de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit en août 2022, la ligne a été relancée pour les voyageurs, cinquante ans après. La voie ferrée n’a jamais cessé de fonctionner puisqu’elle était utilisée pour le transport de marchandises. Cependant, elle a besoin d’être renouvelée. Ainsi, 230 M€ sont investis pour ce chantier majeur entre le 17 août 2026 et le 8 août 2027. Des travaux connexes vont débuter à partir du 16 mars prochain.
158 km de lignes rénovées sur la rive droite
« Des travaux avec des fermetures de ligne en journée », précise Catherine Trevet. Un chantier d’un an qui concerne au total 158 km de lignes rénovées entre Saint-Gervasy et Bourg-Saint-Andéol. Ce projet sur la rive droite prévoit aussi la réouverture de plusieurs gares. Celle de Villeneuve-lès-Avignon pour fin 2027, Roquemaure pour fin 2028 puis Laudun l’Ardoise, Aramon, Remoulins et Marguerittes à l'horizon 2030 à la réouverture totale de la ligne, initialement prévue en 2026.
La ligne des Cévennes entre Nîmes et La Bastide va aussi connaître des travaux du 7 au 30 avril et en automne pour la partie Lozère. Des travaux de régénération de la voie, d’ouvrages d’art et d’ouvrages en terre à hauteur de 2,4 M€ financés par la Région et l’État. La ligne entre Nîmes Saint-Césaire et Le Grau-du-Roi connaît aussi des travaux de régénération. C’est dans ce cadre-là que le chantier bat son plein, chaque nuit, depuis le 19 janvier à la gare de Vauvert avec 1,1 M€ investis pour moderniser les voies. Le but est de permettre un meilleur cadencement et d'accueillir prochainement des trains à batterie. Normalement, tout doit être terminé le 27 février.
Concernant la gare de Nîmes centre, les travaux de mise en accessibilité des bâtiments et des quais sont bientôt terminés. La dernière phase, démarrée en septembre 2025, a pour but de renouveler les équipements et mettre aux normes l’accès au quai de la voie E. Ce qui permettra aux 4,5 millions d’utilisateurs annuels de la gare de Nîmes centre, dont les personnes à mobilité réduite, d’accéder aux trains en autonomie.
« Pas de projet d’investissement d’une troisième voie »
Lors de cette présentation des grands projets et chantiers pour 2026, le dossier brûlant de raccordement à la troisième voie à quai pour rallier la gare de Nîmes-Centre à celle de Nîmes-Pont du Gard à Manduel a aussi été abordé. La directrice régionale SNCF Réseau Occitanie a rappelé sur ce sujet que lors d’une réunion en 2024, cinq scénarios avaient été présentés avec comme objectif d’avoir une meilleure correspondance entre les TGV et les TER.
« Les études menées sur ces cinq scénarios nous ont amenés à conclure que nous restions aujourd’hui sur une stratégie de tracer des sillons pour permettre et veiller à ce qu’il y ait une bonne correspondance entre les TGV et les TER. Et cela est bien intégré dans le plan d’exploitation », précise Catherine Trevet. La position de la SNCF est donc de travailler sur une meilleure organisation des horaires pour faire coïncider les TGV et les TER. « À l’heure où on se parle, il n’y a pas de projet d’investissement d’une troisième voie en gare de Nîmes-Pont du Gard », conclut-elle clairement sur le sujet. « Rien à rajouter ! », abonde simplement sur le sujet Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie délégué aux Transports, qui n’a jamais voulu de cette gare et encore moins la financer.
Dans le cadre de l’opération « Place de la gare », 22 projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation, dont trois dans le Gard. Il s’agit de projets ouverts au public afin de permettre à des associations ou des entreprises de s’installer dans des locaux mis à disposition dans les gares. À Alès, une société de taxis s’est installée dans 24 m² de bureaux, à la gare de Vergèze-Codognan, 126 m² sont dédiés à du coworking. À Vauvert, 262 m² sont occupés par l’atelier vélo, « qui remet les gens en selle à tout point de vue, souligne Jean-Pierre Olive, directeur régional adjoint des gares en Occitanie, cela fait partie des projets qui nous tiennent à cœur car ils sont complètement intégrés dans les territoires. »
En parallèle du budget dédié aux investissements, la SNCF alloue une enveloppe de 170 M€ à la maintenance du réseau et aux opérations d’entretien des ouvrages. Dont 60 M€ prévus spécifiquement pour restaurer la ponctualité des trains, notamment sur l’Ouest de l’Occitanie. La SNCF déplore également une hausse de 65 % des actes de malveillance entre 2024 et 2025.