Objectif Gard : Pourquoi êtes-vous candidat aux élections sénatoriales ?
Joseph Pronesti : J’ai envoyé un courrier à Pierre Jaumain (premier fédéral, NDLR). Ce qui m’a donné envie, c’est ce que je vois au quotidien toute cette misère... Quand je discute avec les maires et les collectivités, elles manquent de moyens. Si les communes, qui ont la compétence sociale, n’ont pas les moyens, il faut que ça vienne d’en haut. Qui porte la parole du terrain ? Ça fait plusieurs années que l’on me bassine pour que je me présente aux élections mais j'avais toujours privilégié mon engagement associatif.
Qu’est-ce qui a changé ?
Si je vous dis que la ville de Nîmes, sous la précédente majorité, m’a donné 30 000 € pour faire fonctionner la Banque alimentaire alors que Nîmes Métropole compte 18 500 bénéficiaires. En clair : ça fait 60 centimes par an et par bénéficiaire ! Est-ce suffisant pour les aider à se nourrir ? À l’heure actuelle, tout le travail que fait le monde caritatif est possible parce qu’il y a des bénévoles qui ont un gros cœur… Alors mes amis m’ont dit : « Avec la notoriété que tu as, le charisme, ce serait bien que tu représentes le PS. » Mon frère a été maire, j'ai été élu à Aramon. Aujourd'hui les communes n’ont plus de taxe d’habitation et sont obligées d’augmenter les taxes foncières. Est-ce que c’est viable, tout ça ?
« Je présente ma candidature avec ma simplicité et expérience »
Pourquoi vous présenter au Sénat et pas à la députation lors des prochaines législatives ?
Parce que le Sénat est la porte d’entrée de toutes les collectivités territoriales. Et puis, si c’est pour changer tous les deux ou trois ans de député, je ne vois pas l’intérêt (…) Je fais partie de plusieurs conseils d’administration de CCAS. D’ailleurs, ce soir, je vais à celui de Tresques où le maire, Alexandre Pissas, est aussi candidat aux sénatoriales. Un sénateur doit porter la voix du territoire. Aujourd’hui, le Sénat est plein de protocoles. C’est devenu un milieu artificiel. J’ai toujours lutté contre ce côté artificiel de l’être humain. J’ai compris d’ailleurs ce que signifie le qualificatif de « bobo » : on s’est déconnecté du terrain. Moi, je veux porter la voix du terrain. Je suis quelqu’un d’expérience, avec du réseau, qui peut facilement écouter et être efficace.
Quand avez-vous adhéré au PS et pourquoi ?
J’ai adhéré en 2006 lors de la candidature de Ségolène Royal. Quand j’ai vu tous ces coups bas, je me suis dit que je ne pouvais pas rester sur la touche. J’ai pris ma carte pour pouvoir dire ce que je pensais… Du reste, j’ai toujours eu le cœur à gauche : mon père a été communiste après la guerre, je l’accompagnais dans les meetings avec Damien Alary. Quand j’étais plus jeune, mon entreprise m’a envoyé travailler à l’ambassade de France à Prague en 1976 pendant six mois. Je suis aussi allé trois mois à Varsovie quand ont commencé les émeutes en Pologne. J’ai vu ce qu’était le communisme de l’autre côté. C’était quelque chose de terrible. Je ne parle pas de la théorie du communisme. Quand j’ai raconté tout ça à mon père, il en a pleuré. Alors peut-être que l’idéologie est fantastique, mais l’être humain détruit tout.
Quel regard portez-vous sur vos concurrents ?
Je ne me présente contre personne. Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès, je le côtoie assez souvent. C’est un garçon travailleur et bosseur. J’ai de bons contacts aussi avec Alexandre Pissas. Je présente ma candidature avec ma simplicité et mon expérience. Si c’est eux qui sont élus, je serai content ; si c’est moi, je serai encore plus content. J’irai sur la tombe de mes parents.
Quel regard portez-vous sur le bilan du sénateur Denis Bouad ?
Je ne devrais pas parler comme ça… J’ai travaillé avec Laurent Burgoa (sénateur LR, NDLR) : j’ai vu quelqu’un de très impliqué dans sa tâche, sur le terrain. Denis Bouad, je ne l’ai pas vu autant que Laurent Burgoa. Je ne sais pas vraiment ce qu’il a fait… Il est venu quand on a eu des problèmes, c’est vrai, mais en dehors de ça, je n’avais pas de contact. Laurent Burgoa est président de la commission sociale du Sénat. Il va même à la Fédération des Banques alimentaires alors qu’il y a le Salon de l’agriculture à Paris.
Vous faites partie du courant d’Olivier Faure, secrétaire national. Est-ce un handicap lors de la désignation par les militants de la tête de liste aux sénatoriales ?
Peut-être… C’est un handicap parce que le courant de Pierre Jaumain et celui de la présidente de la Région, Carole Delga, est majoritaire. Je ne sais pas du tout comment vont se passer les élections en interne. S’il y aura trois ou quatre candidats. Je pense que j’ai ma chance. J’espère que Pierre Jaumain me donnera l’opportunité de m’exprimer devant l’ensemble de mes camarades militants. J’espère qu’ils choisiront l’homme de terrain.
Quelles sont vos relations avec la députée européenne Chloé Ridel ? Vous soutiendra-t-elle ?
Oui, je la connais. J’ai déjà discuté avec elle. Après, pour le soutien, il faut lui demander. Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’elle a répondu à ma lettre de candidature, me félicitant et me remerciant, en me disant que j’étais parfaitement légitime.
Pierre Jaumain, lui, vous a-t-il répondu ?
Non.