Jusqu'au vendredi 3 avril, venez découvrir la nouvelle exposition du Printemps des arts de Nîmes Université, dans un lieu totalement atypique : l'ancienne chapelle du site Hoche fraîchement rénové. Et la direction l'avait promis lors de l'inauguration en janvier dernier, le lieu serait dédié à la culture. "On trouvait ça trop chouette qu'il puisse servir pour le festival. Beaucoup d'étudiants pouvaient créer des œuvres intéressantes et trouver l'occasion d'exposer aux yeux des autres", explique Maëlys, étudiante en master 1 Humanité et industrie créative.
Ils sont donc une dizaine à avoir répondu favorablement à l'invitation. Que ce soit des peintures, des photographies, des poésies ou bien de la gravure sur verre, de nombreuses productions trônent dans les 183 m² de la chapelle, le tout en collaboration avec les travaux de l'équipe de recherche en design PROJEKT. Trinity-Rose est l'une d'elles. Issue d'un parcours universitaire atypique l'ayant amenée à étudier la physique à Leeds (Angleterre), elle s'est réorientée dans une filière plus créative à Nîmes Université. Elle est désormais en troisième année de lettres modernes appliquées.
Dans ses poèmes, la jeune femme a fait le choix de l'anglais : "Étant bilingue, je trouve qu'il y a une plus grande panoplie de mots avec lesquels jouer, c'est plus simple de faire des effets de sonorité intéressants. J'essaye de créer une sorte d'effet de transe avec le rythme. Deux sont en anglais, deux autres ont été traduits en français pour une plus grande compréhension, et un autre a été écrit totalement en français lors d'un de nos cours." Chacun d'eux aborde des thèmes plutôt différents, des sous-courants de politique, d'autres dans le but de s'échapper, grandir, ou encore sur la santé mentale, grande cause nationale 2025. Son travail est aussi accompagné d'objets, pour créer une expérience différente.
Khawla a également décidé d'exposer, une grande première. Juriste de métier mais artiste peintre par passion, son art s'est construit à des moments particuliers de sa vie, lui permettant de ressortir ses émotions sur une toile. "Ça m'a permis de penser à autre chose", confie-t-elle. Deux œuvres ont été réalisées avant le décès de son papa, de couleur plutôt vive et gaie. Le reste, un peu plus sombre, a été conçu lors du deuil, accompagné de la douleur, de la perte, de l'absence et du manque.
Malgré un peu d'angoisse, elle a décidé de se lancer et compte bien réitérer l'expérience avec d'autres œuvres. "L'occasion s'est présentée et je l'ai saisie. J'ai toujours eu envie d'exposer. Ça me permet de montrer mon travail à un plus large public", continue la jeune femme.
Dania, étudiante en licence 2 Psychologie, a également participé à l'aventure. "Ça nous a montré l'occasion de faire ce qu'on fait tout seul dans nos chambres", explique-t-elle. Si elle avait déjà exposé à une autre occasion, c'était la première fois qu'elle dévoilait sa poésie, avec plusieurs nuances allant du noir au rose, représentant différentes étapes de sa vie. "Quand on écrit, c'est surtout pour se libérer de quelque chose. Exposer, c'est pour chercher à retrouver ce sentiment universel chez les gens et qu'ils puissent se reconnaître à l'intérieur".
Ce fut également l'occasion pour Jullien Pacioni, conseiller municipal du maire Vincent Bouget, de venir saluer le travail fourni : "C'est une très belle exposition, ça fait plaisir de voir des jeunes dévoiler leur art et montrer qu'ils ont autant de talents que les plus âgés. Le programme du Printemps des arts est assez riche, et on félicite tout le monde." L'art et plus généralement la culture a une place centrale dans le programme du nouveau maire : "On pense que c'est un vecteur très important d'émancipation. Nîmes est très riche à ce niveau, beaucoup de potentiel reste encore à exploiter." La municipalité souhaite d'ailleurs rendre ce secteur accessible et populaire.