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Publié il y a 5 mois - Mise à jour le 09.06.2022 - stephanie-marin - 2 min  - vu 573 fois

NÎMES Plusieurs associations réunies pour alerter sur la "situation inhumaine" des mineurs isolés

Des dizaines de personnes ont manifesté ce mercredi devant le conseil départemental du Gard, pour défendre la cause des mineurs isolés étrangers. (Photo : S.Ma/Objectif Gard)

Déjà reçus au mois de novembre dernier au conseil départemental, les militants qui défendent la prise en charge des mineurs isolés étrangers ont de nouveau interpellé les élus mais aussi les candidats aux élections législatives sur la situation qualifiée de "scandaleuse et inhumaine" de ces jeunes.

Au mois de mai dernier, une soixantaine d'associations parmi lesquelles quatre gardoises - Réseau éducation sans frontière, Ligue des droits de l'Homme, Ados sans frontière et Association pour la promotion des travailleurs immigrants - demandait, dans un manifeste, aux responsables institutionnels et candidats aux futures élections législatives, des mises à l'abri immédiates ainsi que la reconnaissance et le respect de la présomption de minorité. Un appel renouvelé ce mercredi 8 juin, non pas sur le papier mais sur le terrain partout en France.

Dans le Gard, des dizaines de personnes de plusieurs associations gardoises se sont rassemblées devant la Maison du Département, rue Guillemette à Nîmes. "La mise à l'abri des mineurs isolés est une des missions du conseil départemental, mais il ne respecte pas la loi", s'agace Muriel Maurin, bénévole pour RESF 30. Confrontés à une grave crise de l'accueil, pas seulement dans le Gard, mais sur l'ensemble territoire français, beaucoup de ces jeunes se retrouvent à la rue, sans droits, ni ressources. "C'est une situation inhumaine et scandaleuse. Par cette mobilisation citoyenne, nous alertons les élus et rappelons au Département son devoir. Il doit appliquer la loi", a déclaré Line Del Percio, bénévole pour l'association Défense des enfants - International.

"Il faut faire taire la culpabilité, ce n'est pas évident"

Plusieurs hébergeurs solidaires ont participé à cette manifestation. Parmi eux, Marie-Claude qui depuis cinq ans accueille régulièrement des mineurs isolés étrangers dans sa maison. "Ces jeunes gens arrivent très souvent épuisés. Ils n'ont pas de repères. Comment peut-on les laisser dehors ?", s'interroge-t-elle. Et de poursuivre : "Ils sont gentils, polis, discrets, bien élevés, c'est un vrai bonheur de faire leur rencontre, d'échanger avec eux."

Anne-Laure, maman de trois enfants, a également ouvert ses portes à des mineurs isolés. "Le plus difficile c'est quand on les ramène le lendemain à 8 heures à la Maison du Département, qu'ils nous demandent s'ils peuvent revenir le soir dans le cas où ils n'auraient pas de place, mais qu'on ne peut pas les accueillir. À ce moment-là, il faut faire taire la culpabilité, ce n'est pas évident." Et Malou d'insister, elle qui à 86 ans n'a plus la capacité de s'occuper de ces jeunes, "on culpabilise car on sait qu'ils sont dehors, mais il faut que les pouvoirs publics agissent, qu'ils fassent leur devoir."

Une délégation a été reçue par Maryse Giannaccini, vice-présidente du conseil départemental déléguée à la Protection de l'enfance, accompagnée de Vincent Taisseire, directeur de cabinet de la présidente, Françoise Laurent-Perrigot, et de Nicolas Julien, directeur général adjoint en charge des Solidarités. "Ils se sont engagés à récupérer les numéros de téléphone des mineurs isolés non-accueillis ainsi que ceux des hébergeurs pour les informer des places disponibles", rapporte Line Del Percio. Les associations ont déposé une lettre de mise en demeure de la présidente du Département pour application de la loi.

Stéphanie Marin

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