La Banque de France dresse un constat sans appel : le contexte international, marqué par la guerre au Moyen-Orient, pèse sur les prévisions macroéconomiques. Trois scénarios sont envisagés, tous liés à l’évolution des prix du pétrole et du gaz. Le scénario le plus défavorable semble se profiler, avec une inflation maîtrisée à 2,4 %, conforme aux attentes. Cependant, les répercussions du réchauffement climatique sur les coûts et la productivité des entreprises sont inévitables.
Patrick Saulnier anticipe une reprise de la consommation des ménages à partir de 2027-2028, mais souligne une tendance inquiétante : la hausse des défaillances d’entreprises depuis le Covid, couplée à une tension accrue sur les trésoreries. "Plus on attend pour agir, plus il est difficile d’accompagner les entreprises", prévient le directeur départemental de l'institution créée en 1800 pour relancer l’économie après la récession révolutionnaire.
L'antenne gardoise de la Banque de France suit de près 1 200 entreprises réalisant plus de 1,25 million d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le directeur a également pointé du doigt la complexité administrative française : "Il faudrait presque un permis pour créer une entreprise, ça ne s'improvise pas".
"Je crains que septembre soit très difficile pour les entreprises"
Marie-France Bancel, présidente du tribunal de commerce de Nîmes, a rappelé le rôle de son institution : traiter les litiges entre commerçants et accompagner les entreprises en difficulté. "Dès les premiers signaux faibles, comme la perte de la moitié du capital social, une cellule de prévention composée de plusieurs juges est mise à disposition pour anticiper et sauver l’entreprise", rappelle-t-elle. Ces procédures restent strictement confidentielles.
En 2025, sur 682 procédures engagées, seulement 24 concernaient des sanctions, ciblant exclusivement des sociétés n’ayant pas acquitté leurs impôts ou leur TVA. "Je crains que septembre soit très difficile pour les entreprises", a-t-elle alerté. Les liquidations judiciaires ont augmenté entre 2024 et 2025 à Nîmes, touchant principalement le secteur du commerce (90 entreprises) et les PME de 0 à 5 salariés, souvent mal accompagnées en matière d’informations et de suivi.