L’occasion aussi pour le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien Christophe Serre de faire sa « première sortie officielle », souligne l’élu, qui estime « normal d’être parmi » les chefs d’entreprises du territoire, le développement économique étant une des principales compétences de l’intercommunalité. Christophe Serre en a profité pour adresser un message aux chefs d’entreprises présents : « nous sommes là pour vous soutenir, vous accompagner, faire avancer un certain nombre de sujets, proposer des services pour accueillir vos salariés et accompagner vos entreprises. »
Ce CA élargi a permis au Collectif de faire le point sur ses différentes actions, notamment les Rencontres jeunes entreprises, tenues en février à Bagnols, qui pourraient l’année prochaine être couplées aux journées portes ouvertes des différents établissements, mais aussi le mentorat auprès des jeunes lycéens, qui est désormais sur deux niveaux, collectif et individuel. « Nous avons 16 duos pour le mentorat individuel, c’est une année test », souligne Julien Feja, vice-président du Collectif. Avec le Comité local école-entreprises, le Collectif mène également différentes actions auprès des jeunes avec pour fil rouge la vigne et le vin. Dans un autre registre mais toujours pour les jeunes du territoire, le Collectif a repris l’action de Grisbi sur les jobs d’été, avec trois sessions, deux dans les lycées Einstein puis Sainte-Marie, et une dernière ce samedi de 9h à midi à la Maison de l’entreprise, à Bagnols, pour aider les jeunes du territoire à se trouver un job cet été.
Mais l’action phare du Collectif reste l’organisation du salon économique POP, dont la 4e édition se tiendra le jeudi 24 septembre au Forum de Laudun-l’Ardoise. Avec « une montée en gamme » annoncée par le président du Collectif Vincent Champetier. En effet, le salon accueillera moins de stands que l’année dernière car « nous avons fait l’impasse sur le Barnum, qui ne nous a pas convaincu et n’a pas convaincu nos exposants, alors nous préférons la frustration à la déception », explique-t-il.
« Un écosystème extrêmement favorable »
Parmi les intervenants du jour, le vice-président de l’Université de Nîmes Marc Olivaux, venu affirmer que « le Gard rhodanien compte beaucoup pour nous, nous avons beaucoup d’étudiants en apprentissage à Marcoule. » L’université, une des plus petites de France avec 6 000 étudiants, est « capable de développer des diplômes qui répondent à des besoins très spécifiques, par exemple en six mois nous avons développé une formation pour Phytocontrol », rajoute-t-il. Et de glisser au passage que l’université propose des formations pour la reprise d’entreprises, ce qui peut intéresser des TPE/PME que leur gérant souhaite transmettre à un de ses salariés. Dans la même veine, l’animateur de la plateforme technologique 3D Innov, labellisée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, basée à Alès, Jean-Luc Fortict, a aussi incité les entrepreneurs à « faire des projets avec les jeunes ».
Certains projets sont plus gros que d’autres, et à ce jeu-là, MGH Energy l’emporte avec son projet d’usine de fabrication de carburants durables pour l’aviation et le transport maritime. Un projet sélectionné par l’Agglomération du Gard rhodanien pour occuper la friche industrielle de l’Ardoise, qui a pour but de « fournir la même molécule de kérosène sans une goutte de pétrole fossile », explique Élodie Haté, directrice du développement de MGH.
L’usine va fabriquer de l’hydrogène via l’électrolyse d’eau du Rhône et capter le CO2 des entreprises environnantes pour fabriquer de l’e-méthanol et de l’e-kérosène. « C’est un projet à plus d’un milliard d’euros d’investissements », avance Élodie Haté. L’entreprise peut compter sur ses 300 millions d’euros de fonds propres et est en train de « finaliser notre dossier pour l’Innovation Fund de l’Union européenne », rajoute-t-elle, avant de préciser avoir « plus de 700 millions d’euros d’engagements de banques ».
Quant au marché pour ces carburants propres, qui représenteront « 35 % de tout le carburant utilisé par l’aviation en 2050 », affirme-t-elle, il est bel et bien là. Pour une production estimée de 70 000 tonnes de e-kérosène « nous avons déjà des lettres d'intention pour 80 000 tonnes », et pour les 40 000 tonnes de e-méthanol que l’usine doit produire chaque année, « nous avons 60 000 tonnes de lettres d’intention », précise Élodie Haté.
Un projet qui « s’insère dans un écosystème extrêmement favorable », affirme-t-elle, l’usine Owens Corning voisine étant intéressée par l’achat d’hydrogène, l’usine Ferropem pour le captage de son CO2, sachant que « nous allons pouvoir récupérer de leur chaleur pour notre process », glisse Élodie Haté, qui envisage aussi de récupérer de la chaleur du futur petit réacteur modulaire d’Hexana, qui doit être réalisé sur le site de Marcoule. L’usine MGH prévoit d’employer « 200 personnes pour la phase d’exploitation et 400 pour la construction. »
Le CA élargi a aussi vu intervenir le commandant Ludovic Billa, de la caserne des pompiers de Tresques, qui s’est dit « à disposition pour des axes de synergie » avec les entreprises, du MEDEF, pour annoncer que les membres du Collectif qui y adhèreraient verraient leur adhésion automatiquement étendue au Vaucluse voisin, ou encore le tout nouveau Collectif inter-régional économique, qui portera une action de soutien à l’EPR2 à Tricastin le 23 avril à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme).