Publié il y a 1 an - Mise à jour le 30.01.2023 - François Desmeures - 2 min  - vu 795 fois

FAIT DU SOIR Au lycée hôtelier de Saint-Jean-du-Gard, la hausse des coûts ressemble à une série de devinettes

(photo François Desmeures)

Grand consommateur d'énergie, le lycée hôtelier Marie-Curie de Saint-Jean-du-Gard a aussi vu le coût des matières premières alimentaires s'envoler. Fortement soutenu par la Région, il fait face mais a déjà été contraint d'augmenter les tarifs du restaurant d'application. 

Les cuisines gargantuesques du lycée hôtelier saint-jeannais • (photo François Desmeures)

Alain Gérard devance la question comme une évidence : "Oui, on va dépasser les budgets qui étaient ouverts. On avait prévu une petite augmentation, mais pas à ce point." Le proviseur du lycée hôtelier Marie-Curie de Saint-Jean-du-Gard savait son établissement à risque en matière de hausse des coûts, entre vétusté des internats, taille des bâtiments, et surtout les matériels électriques qui dominent la cuisine, comme les fours, salamandres, batteurs et autres lave-vaisselle. "La hausse concerne surtout l'électricité, le gaz n'est monté qu'un peu.

Alain Gérard, proviseur du lycée Marie-Curie de Saint-Jean-du-Gard depuis septembre 2018 • (photo François Desmeures)

Chauffé à l'aide d'une chaudière à granulés, le lycée a vu, là aussi, le poste budgétaire s'envoler. Au point de prendre des mesures d'urgence : "On est passé des granulés aux plaquettes, confie le proviseur. Ce qui nécessite un peu de travail d'adaptation. C'est moins cher que les granulés, même si c'est un peu moins calorifique." Mais au final, le poste budgétaire a quasiment doublé. Heureusement, le début de l'hiver s'est montré clément. "L'internat, d'habitude, est chauffé une ou deux semaines avant la Toussaint. Cette fois-ci, nous n'avons allumé qu'en novembre", se réjouit Alain Gérard.

Une aide régionale de 110 000 €

Pour anticiper les surcoûts, le lycée a tout de même pu compter sur les subsides de la Région, qui avait anticipé la hausse. En décembre, 80 000 € se sont ajoutés à une première rallonge budgétaire de 30 000 €. Assez pour couvrir les hausses énergétiques. La suite est plus hasardeuse. "On a du mal à avoir de la visibilité sur les coûts de l'énergie, poursuit Alain Gérard. Avec le bouclier tarifaire, la taxe de transports a quand même augmenté de 20 à 40%. Du coup, on a demandé à chacun de faire un effort sur l'électricité. On pense à des aménagements pour limiter l'utilisation." Autonome jusqu'ici pour choisir son prestataire, le lycée est sous contrat avec Total énergies. Ce qui risque de changer bientôt : "La Région prendra bientôt en charge les marchés d'énergie." En négociant pour tous ses établissements, l'institution espère évidemment tirer les prix vers le bas. 

Pour autant, si la période covid avait obligé le lycée à réduire ses frais en denrées - tout en continuant d'assurer la formation des élèves, même sans clientèle -, Alain Gérard ne prédit pas de baisse d'activité pour réaliser des économies d'énergie. "On n'en est pas là", rassure le proviseur. Alors même, cette fois-ci, que "les denrées ont aussi augmenté. Du coup, on a un peu augmenté les prix et on fait très attention aux dépenses. On perd aussi sur le service hébergement car le coût de la restauration scolaire des élèves augmente aussi. Mais ç'a été un choix politique de la Région de ne pas augmenter le prix des repas pour les élèves." 

Reste le savoir-faire des élèves et des formateurs qui, lui, reste intact. Malgré la petite augmentation, il faut toujours s'y prendre quelques semaines à l'avance pour être sûr d'obtenir une table au Panoramique, le restaurant gastronomique du lycée. Le jeu continue d'en valoir - très largement - la chandelle. 

François Desmeures

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