Environnement
Publié il y a 7 mois - Mise à jour le 28.04.2022 - corentin-migoule - 3 min  - vu 832 fois

CÉVENNES L'Observatoire du Mont Aigoual s'offrira "une troisième vie"

L'Observatoire du Mont-Aigoual en 2020 Photo : AS / Objectif Gard

L'observatoire de l'Aigoual, haut lieu de l'interprétation du changement climatique. (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Forteresse nichée sur le toit du département, l’Observatoire météo du Mont Aigoual a vocation à devenir un centre d’interprétation du changement climatique. Initialement prévue en 2020, la livraison du projet est désormais fixée à la fin de l'année 2022, pour une ouverture au printemps 2023.

La forteresse de granit qui offre un panorama à 360° défie les éléments depuis son achèvement en 1894 sous l’impulsion de Georges Fabre. Il avait fallu sept ans aux ouvriers pour la bâtir, le climat incertain et parfois capricieux du Mont Aigoual les empêchant de travailler une bonne partie de l’année. Il en faudra a priori plus de la moitié, soit quatre ans, à ceux d’aujourd’hui pour rénover et transformer l’Observatoire en un très attendu centre d’interprétation du changement climatique qui pourrait prendre l’appellation d’Observatoire du climat.

Car depuis la pose de la première pierre en septembre 2018, les retards s’accumulent. Outre une météo défavorable, la crise du covid responsable de pénuries de matières premières s’est immiscée dans un projet initialement porté par Martin Delord, vice-président du département délégué aux Finances, et repris depuis par Gilles Berthézène, son successeur à la présidence de la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes. Cette dernière est depuis 2020 propriétaire des bâtiments jadis sous l’égide de l’Office national des forêts (ONF), puis de Météo France.

Parce que le futur Observatoire du climat est "un projet unique dans un environnement unique", qui plus est porté par "l’une des plus petites communautés de communes de France", Gilles Berthézène ne masquait pas sa fierté à l’heure d’évoquer un site "exceptionnel" qui a bénéficié d’un coup de projecteur sans égal le 2 juillet 2020 lors du passage du Tour de France. Au début de l'été dernier, alors qu’il participait à une table ronde ayant trait au changement climatique à l’occasion de la 29e fête de la Transhumance, le dernier nommé évoquait la nécessaire contribution des mécènes (laquelle s'établit aujourd'hui à 220 000 euros) pour la réalisation d’un projet estimé à 3,6 millions d’euros.

Le cap des 100 000 visiteurs par an ?

Alors que les premiers visiteurs sont attendus dès le printemps 2023, le chantier s’accélère. "La fin de la rénovation est prévue au mois d'août. Après, on engagera la mise en place de la scénographie et de la muséographie à l'intérieur de la structure", précise le président de la communauté de communes. On sait par ailleurs que l’entrée et la sortie s’effectueront par l’arrière du bâtiment, côté est, depuis un parvis élargi, où une nouvelle galerie vitrée hébergeant une boutique de 80 m² a fait son apparition. À quelques mètres, un ascenseur destiné aux personnes à mobilité réduite viendra mettre aux normes une structure qui en était dépourvue. Des ajustements qui, en plus d’offrir une nouvelle vie à la dernière station météo de montagne, devraient permettre d’accueillir 20 à 30 000 visiteurs supplémentaires chaque année.

Bâti autour de trois grandes orientations, le projet revêt un enjeu sans précédent aux yeux de Gilles Berthézène : "L’objectif est de responsabiliser les gens pour qu’ils prennent conscience que toutes les actions qui permettraient d’enrayer l’emballement de la machine climatique ne peuvent être que bénéfiques pour nous et nos enfants." Ainsi, les visiteurs accéderont à des pièces aménagées faisant la part belle à des scénographies explicatives des différentes phases de la météorologie. Ces derniers, qui pourront échanger avec un météorologue, seront consultés à l’issue de l’exposition.

Marqueur fort de l’identité du Gard, phare pour l’Occitanie, le Mont Aigoual, récemment labellisé Réserve internationale de ciel étoilé, s’apprête donc à devenir une référence en matière d’interprétation des changements climatiques et un site touristique majeur. La gratuité de son accès – qui n’est pas encore tranchée – pourrait y contribuer.

Corentin Migoule

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