Publié il y a 1 an - Mise à jour le 25.03.2023 - Marie Meunier - 3 min  - vu 344 fois

GARD RHODANIEN Max Tessier du Civam : "L'agriculture conventionnelle est en partie à l'origine du réchauffement climatique"

blé champ agriculture

Pour Max Tessier, "un vrai agriculteur bio est un gestionnaire de carbone". 

- photo (CC0) libre d'utilisation / pexels.com

Ce dimanche, le relais "Générations futures" du Gard rhodanien organise son grand forum "Alternatif bio" à la salle des fêtes de Pont-Saint-Esprit, dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides. Plusieurs conférences seront au programme, dont une animée par Max Tessier, administrateur aux CIVAM (Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural) du Gard.

Cet agriculteur de métier a tenu son exploitation de maraichage bio pendant 20 ans à Saint-Christol-de-Rodières, près de la frontière ardéchoise. Pendant sa conférence, il va tenter de répondre à une question : "Comment cultiver bio dans notre région en période caniculaire et de sécheresse ?" 

Objectif Gard : Ce dimanche 26 mars, vous allez animer une conférence à 17h à la salle des fêtes de Pont-Saint-Esprit. Conférence sur un sujet particulièrement d'actualité, alors que le Giec a sorti cette semaine un rapport alarmant sur l'eau. 

Max Tessier : On parle de réchauffement climatique mais on ne sait pas à quoi cela correspond. La société civile ne comprend pas forcément l'impact qu'auraient un ou deux degrés de plus. Pourtant, on l'a vu l'été dernier, cela peut nous amener à des interdictions d'arroser les jardins, les cultures pour les agriculteurs. Les papillons qui arrivaient en mai, on les voit à la fin du mois de mars et ils causent des dégâts auxquels on ne s'attendait pas. Les vendanges qui allaient du 15 septembre au 15 octobre, démarrent désormais au 15 août. Il faut maintenant que des personnes expliquent techniquement ce qu'est le réchauffement climatique, pourquoi il est là, ce que nous pouvons faire pour essayer de le ralentir et ce que nous pouvons mettre en place comme solutions pour maintenir nos cultures. Il faut que les agriculteurs soient mieux aidés pour ce tournant. Dans les syndicats, des techniciens commencent à tourner de ferme en ferme. Il est temps. 

Pour vous, quelles sont les causes du réchauffement climatique ?

La base du réchauffement climatique, c'est l'excès de carbone dans l'atmosphère. C'est dû à l'industrie automobile notamment, mais l'évolution de notre agriculture a contribué aussi à libérer tout ce carbone, qui n'est plus piégé dans le sol comme il devrait l'être. L'agriculture conventionnelle est en partie à l'origine du réchauffement climatique. À partir du moment où on a utilisé les engrais chimiques, on n'a plus mis de carbone dans le sol. Le stock s'est évaporé et s'est retrouvé dans l'atmosphère.

Peut-on inverser la vapeur ? 

Aujourd'hui, il faudrait faire machine arrière et les agriculteurs doivent rendre de nouveau le sol vivant et repiéger du carbone dans le sol. Il faudrait mettre en place des pratiques agricoles biologiques, ou organiques comme on dit dans les autres pays, à grande échelle. Techniquement, c'est faisable. Économiquement, non. Il y a tellement de grands actionnaires dans les semances, dans les engrais chimiques... Et ce serait plus cher. 

Vous allez aussi parler des méthodes pour économiser l'eau ?

Oui, il va falloir gérer l'eau différemment car il y en a moins. Il y a le système du goutte-à-goutte, le paillage pour éviter l'évaporation... Et un sol vivant, riche en carbone, va beaucoup mieux absorber l'eau qu'un sol mort. Le carbone fait éponge et stocke l'eau dans le sol. Un vrai agriculteur bio est un gestionnaire de carbone. 

Pensez-vous que les cultures actuelles de notre département vont pouvoir perdurer à l'avenir, dans ce contexte de changement climatique ?

Il y a des choses que l'on ne pourra plus faire. Il y aura des choses nouvelles que l'on pourra faire. Le Gard est classé en climat méditerranéen. Si on regarde la pluviométrie annuelle, les températures, on s'aperçoit que notre région rentre de plus en plus souvent dans la définition du climat sahélien, selon les années. Il va falloir regarder du côté du Sahel quelles agricultures sont faisables, et lesquelles chez nous, peuvent s'adapter à ce nouveau climat. Sur la vigne, il y a déjà un important travail entamé. (...) Il faut avoir le courage politique de dire la vérité des choses. 

Programme complet de la semaine des Alternatives aux pesticides dans le Gard rhodanien à retrouver en cliquant ici. 

Marie Meunier

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