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Dans la petite salle Gouvernet, au cœur du quartier de la Gazelle, l’assemblée générale de l’association Eau Secours 30 avait prévu d'interroger les candidats aux municipales sur différents sujets.
Poursuite de la délégation de service public ou passage en régie ; campagne de mesure des PFAS et actions conséquentes ; tarification progressive de l'eau ; aides aux ménages aux revenus modestes pour rénover leur assainissement individuel ou encore extension du périmètre d'assainissement collectif.
Des sujets intéressants à traiter, surtout ici, à Nîmes, qui a connu le double effet néfaste de la gestion de l’eau. Le manque, les inondations. Aujourd’hui, l’eau entre dans le débat
Vincent Bouget, Valérie Rouverand, Franck Proust via Bernard Angelras, Pascal Dupretz et Jean-Marc Philibert ont répondu au rendez-vous. Pas de réponse de la part de Julien Sanchez, le candidat RN.
90 minutes à diviser en cinq thèmes et pour chaque thème les candidats parlent, grosso modo, entre trois minutes et cinq minutes. Un bref échange avec la salle et on passe au thème suivant.
DSP ou régie publique ?
Pour Valérie Rouverand, la DSP est le bon choix mais les élus qui doivent guider les désirs urbains. Pour Vincent Bouget, un nouveau cahier des charges puis un passage en régie publique mais en tout cas une tarification sociale et plus juste. Pour Jean-Marc Philibert, c’est la régie, via une sorte de référendum, qui est nécessaire car le candidat note un gaspillage d’argent public. Concernant Pascal Dupretz, on ne s’enrichit pas avec un bien commun vivant. Fin de la DSP dans l’intérêt général puis passage en régie publique dans l’intérêt collectif. Pour Bernard Angelras, la DSP est une chose importante quand on parle de gestion de l’eau, l’écriture du cahier des charges de la prochaine DSP est d’ailleurs en cours d’élaboration.
PFAS
Pour Vincent Bouget, le suivi de la loi et des propos de l’ARS, la transparence des résultats qui seraient accessibles pour tous sans oublier de travailler sur la question agricole et l’industrie. Pour Jean-Marc Philibert, politique de prévention, sotie des polluants, contrôle des captages, communication préventive. Concernant Pascal Dupretz, information et protection face à ces composés chimiques. Bernard Angelras rappelle que les PFAS se trouvent aussi dans la nature au nombre de 20 000, on en analysera 22 en 2027, il faut donc suivre l’ARS et communiquer à la population, les PFAS de Saint-Chaptes viennent de l’usine Solvay (Salindres), idem à Lédenon (sans connaître l’origine des PFAS). Enfin, pour Valérie Rouverand, ces polluants font en effet partie de notre vie mais nous en sommes envahis. Vigilance, contrôle.
Tarification de l’eau potable
Jean-Marc Philibert débute et évoque une tarification la plus basse possible en-dessous de 30M3 par an et par habitants. Pascal Dupretz poursuit et revient au vital, l’eau n’est pas une marchandise mais un droit. Puis, une tarification progressive en lien avec les usages de l’eau. Bernard Angelras pense que les gens qui consomment beaucoup d’eau ne sont pas forcément riches. Pour lui, la réflexion se pose pour trouver une solution innovante qui sera proposée par le délégataire. Pour Valérie Rouverand, veiller aux fuites afin d’éviter les factures exorbitantes, pas de pénalité pour les entreprises consommatrices mais un accompagnement vers une meilleure consommation.
Vincent Bouget pense quant à lui qu’il faut étudier la tarification progressive, le principe de gratuité est en débat au cœur de la liste qui désire inventer de meilleures solutions pour demain.
Assainissement individuel
Aides aux ménages aux revenus modestes pour rénover leur assainissement individuel (plus de 11 000 à Nîmes dont 1 900 conformes et 6 000 en état d’usage, mais 2 236 sont non conformes).
L’assainissement est un fort enjeu, collectif ou pas pour Pascal Dupretz. La problématique est commune mais certain le paient plus cher que d’autres sans l’avoir demandé. La mise en conformité en facilitant les financements. Mise en place d’un plan d’action graduel. Bernard Angelras évoque la rupture d’égalité entre la taxe de l’eau payée par les uns et l’aide perçue par d’autres. Valérie Rouverand veut une meilleure planification des contrôles avec audit et accompagnement social et économique par la collectivité. Vincent Bouget veut régler le problème et semble d’accord avec cette idée d’accompagnement social en imposant le volontarisme qui va avec. Enfin, Jean-Marc Philibert pense qu’il faut réviser le Plan Local d’Urbanisme avec une belle partie bioclimatique qui obligerait une certaine garantie de fonctionnement.
Extension du périmètre d'assainissement collectif
Pour Bernard Angelras, les rues à forte densité d’habitations sont différentes de celles des garrigues. L’argent public n’est pas à dépenser dans ces zones maintenant protégées, pire, cela les mettrait en danger si on veut conserver des zones naturelles mais tout peut se faire au cas par cas. Valérie Rouverand veut être pragmatique selon les besoins collectifs comme du côté de la cité des Espagnols en 2018. Mais l’assainissement collectif coûte plus cher à l’usager… Il faudra du bon sens. Pour Vincent Bouget, le regard se porte sur le long terme, des investissements selon les demandes. Identifier les zones prioritaires, enquêter de terrain et obligation au raccordement. Jean-Marc Philibert pense envisager des extensions au cas par cas, attention toutefois aux frais. Enfin, Pascal Dupretz veut un accompagnement. Sur le principe, l’assainissement collectif est à voir avec un plan local des besoins et sur le long terme sans oublier les possibilités des solutions hybrides.
Eau Secours 30
Eau Secours 30 est l’association est héritière du collectif constitué dans les quartiers des garrigues de Nîmes à l’occasion de la création du SPANC (Service Public de l’Assainissement Non Collectif ) et des premiers contrôles visant à établir un état des lieux de l’assainissement non collectif sur le territoire de Nîmes Métropole. Les nombreux contentieux qui ont émaillé la mise en place et le fonctionnement de ce service public ont conduit les animateurs de ce collectif à adopter un statut associatif, donnant un cadre juridique clair à ses actions.
L’association Eau Secours 30 a donc vocation à rassembler tous les usagers des services chargés de la gestion de l’eau (qu’il s’agisse de l’alimentation en eau potable ou du traitement des eaux usées) et à défendre l’idée que l’eau indispensable à la vie ne peut être traitée comme une simple marchandise.
Pour y adhérer, c’est par ici.