Cela faisait des années que la pluie n'avait pas autant frappé le territoire gardois. Depuis des semaines, le froid a rangé son manteau pour laisser place à de nombreuses gouttes, en journée, en soirée et même la nuit. Pénible pour certains, une aubaine pour d'autres, quand on connaît les difficultés en eau que peut connaître notre département.
L'EPTB Vistre-Vistrenque a dévoilé l'état des nappes phréatiques pour la région nîmoise et le sud du Gard, en date du 1ᵉʳ février 2026. Et le résultat n'est pas forcément celui auquel on s'attend. Si les cumuls enregistrés sur la région au cours du mois de janvier sont largement supérieurs aux moyennes sur la période de référence 1991-2020 (+40 % sur la station de Nîmes-Courbessac, +90 % sur la station de Garons), les nappes ne sont pas complètement rechargées pour autant.
Dans l'ensemble, les piézomètres (appareil de mesure de la nappe phréatique) témoignent de la réaction positive des nappes avec une hausse généralisée des niveaux moyens mensuels du mois de janvier par rapport à décembre. Pour la Vistrenque, elle est située à l'échelle "modérément haut", pour celle des Costières, c'est "niveau moyen". À titre de comparaison, en 2025, les deux se plaçaient à "modérément bas".
Quelques piézomètres restent dans un état moyen, à Bezouce, Bellegarde ou encore Saint-Gilles, en raison d'une certaine inertie de la réponse hydrogéologique ou en raison de spécificités locales. En tout cas en janvier 2026, les niveaux de nappes mesurés sur l'ensemble des piézomètres se placent au 7ᵉ rang des mois de janvier les plus hauts depuis 2004.
Positif mais...
"On était un petit peu en déficit. Il a été comblé par les pluies de décembre, janvier et février, pour revenir un peu au-dessus des moyennes annuelles", explique Thierry Agnel, président de l'EPTB Vistre-Vistrenque. Même s'il y a de la satisfaction liée à la pluie et que l'on n'avait pas connu cela depuis plusieurs années, il ne faut donc pas croire que le plafond de la nappe est exceptionnel. "Et puis les nappes vivent. L'eau ne reste pas, elle ressort rejoindre en aval le Vistre", ajoute-t-il.
Mais alors, que faudrait-il pour que les nappes soient bien remplies ? Réponse simple : une petite pluie de printemps ! Ce sont celles qui permettent de pouvoir tenir l'été, arroser et la mettre à disposition des agriculteurs. "S'il n'y a pas de pluie au printemps, on va revenir dans des moyennes de niveau, voire en dessous. La pluie d'hiver a apporté, mais ce n'est pas suffisant pour tenir cet été", ajoute le président. Selon l'évolution de la nappe, on peut s'attendre à des arrêtés préfectoraux ou des interdictions. L'été dernier, peu de contraintes ont été soumises pour les habitants du Gard, il était plutôt question de bon sens, comme par exemple d'arroser le soir ou la nuit, ou ne pas laver sa voiture en journée.