L'urgence de la situation s'est ressentie dans l'intensité des prises de parole et la pluralité des intervenants. Après une première heure calme, marquée par une demande refusée de l'élue alésienne RN Jenny-Rose Guerchoux de regrouper les élus communautaires par couleur politique et un laïus sur le compte financier unique de l'agglomération (voir plus bas), le conseil d'Alès Agglomération de ce mercredi 24 juin a pris une autre tournure quand est venu le temps d'aborder le sujet de l'aérodrome d'Alès-Cévennes.
Au cœur de cette problématique, la mairie de Deaux, sur laquelle se situent les deux tiers des 45 hectares du terrain, malheureusement absente de la séance. Mais aussi la Chambre de commerce et d'industrie, propriétaire de l'outil évalué à 2,6 millions d'euros, dont le président Éric Giraudier "cherche à nous embêter", selon Christophe Rivenq, président de l'Agglomération. Ce dernier s'"engage à porter ce projet" et a réaffirmé le "grand intérêt" de l'aérodrome, entre, notamment les "activités de sécurité, les déplacements économiques et la formation", ainsi que sa "volonté de conserver sa vocation aéronautique" : "Personne ne comprendrait qu'on ferme un tel équipement, ni le ministre des Transports, ni l'état-major de l'armée de l'air."
"Ce serait aberrant de fermer la piste"
Tandis que Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux, appelle à "sanctuariser la piste", Mickaël Thery, conseiller d'opposition à Saint-Martin-de-Valgalgues et formateur en aviation, rappelle l'historique de l'outil : "Il est le fruit d'une volonté collective incroyable, il a toujours cultivé la notion d'aviation ouverte au plus grand nombre. En plus d'accueillir des hélicoptères et des avions militaires, il permet de former, protéger et faire rayonner le territoire. Ce serait aberrant de fermer la piste."
Encore plus alarmiste, Thibault Pellissier, conseiller d'opposition RN et collaborateur parlementaire de Pierre Meurin, voudrait accélérer les choses. Le vote de la délibération affirmant l'intérêt de l'équipement ne lui suffit pas : "La procédure de fermeture avance et aucune solution concrète n'apparait. Il est difficile d'imaginer qu'un tel outil ne dépende que de la mairie de Deaux, l'enjeu dépasse largement cette commune de 550 habitants."
"Hors de question de lâcher 2,6 millions d'euros pour quelque chose qui nous appartient"
Ce à quoi Christophe Rivenq a répondu, non sans hausser le ton, que ce dossier tient "exclusivement du ressort de votre ami, affilié RN, Éric Giraudier", et qu'il est, pour lui, "hors de question de lâcher 2,6 millions d'euros pour acheter quelque chose qui nous appartient", cet investissement ayant été porté par les entreprises du territoire il y a 50 ans, puis cédé gracieusement à la CCI pour en assurer la gestion. Affaire à suivre, encore et toujours.
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Un compte financier unique dont "on est très fiers"
Malgré une baisse de résultats de 3 millions par rapport à 2024, Alès Agglo affiche en 2025 un excédent de plus de 21 millions d’euros. L'agglomération a dû "contraindre les dépenses pour éviter une dérive dangereuse des comptes", notamment sur les charges salariales, qui représentent presque la moitié de son budget, Alès Agglo étant le principal employeur du territoire avec 2200 salariés. La capacité de désendettement communautaire est à 4,5 années et la dette par habitant à 392 euros. "Nos concitoyens peuvent dormir sur leurs deux oreilles concernant la santé financière de nos territoires. Nous pouvons être fiers de notre budget, l'État pourrait prendre exemple sur nous", avance Christophe Rivenq.
Son vice-président Philippe Ribot, président de l'association des maires du Gard, réclame, pour les mairies, davantage de "stabilité et visibilité, mais aussi, une autonomie fiscale et financière, et une décentralisation" vis-à-vis de l'État, rappelant que les collectivités ont perdu entre cinq et dix milliards en deux ans.
plus de 21 millions d’euros. L'agglomération a dû "contraindre les dépenses pour éviter une dérive dangereuse des comptes", notamment sur les charges salariales, qui représente presque la moitié de son budget, Alès Agglo étant le principal employeur du territoire avec 2200 salariés. La capacité de désendettement communautaire est à 4,5 années et la dette par habitant à 392 euros. "Nos concitoyens peuvent dormir sur leurs deux oreilles concernant la santé financière de nos territoires. Nous pouvons être fier de notre budget, l'État pourrait prendre exemple sur nous", avance Christophe Rivenq.
Son vice-président Philippe Ribot, président de l'association des maires du Gard, réclame, pour les mairies, davantage de "stabilité et visibilité, mais aussi, une autonomie fiscale et financière, et une décentralisation" vis à vis de l'État, rappelant que les collectivités ont perdu entre cinq et dix milliards en deux ans.