Publié il y a 1 h - Mise à jour le 19.03.2026 - Propos recueillis par Corentin Dimanche et Romain Fiore - 7 min  - vu 137 fois

ALÈS Christophe Rivenq : "J’ai bien entendu le message des Alésiens et Alésiennes"

Christophe Rivenq

Christophe Rivenq est arrivé en tête du premier tour avec 32,61% voix, soit 4293 bulletins.

- CD

En tête mais chahuté au premier tour, le maire sortant d'Alès aborde ce second tour "optimiste", mais a conscience que "les choses ne sont pas faites". Il appelle les Alésiens à se "recentrer sur le niveau local" et veut "rassurer la population sur notre projet et les problématiques qu'ils ont voulu mettre en avant". Interview.

Objectif Gard : Quelques jours après le premier tour, comment analysez-vous les résultats (voir ici) qui vous placent en tête avec 32,61 %, six points devant la surprise Anthony Bordarier, à la tête de la liste RN Rassemblés pour Alès ?

Pour être honnête, j’ai vécu ce premier tour un peu moins bien que je ne l'espérais, puisque je me voyais avec un score légèrement plus élevé. Je ne m'imaginais pas gagnant au premier tour non plus, les contextes national et local, avec six listes, faisaient que ç’aurait été un exploit. Et comme beaucoup, je voyais le Rassemblement national un peu plus bas. Maintenant, j’ai bien entendu le message de la population, à la fois sur l'abstention qui est le vote numéro un sur Alès, mais aussi sur les voix du RN. Je veux déjà rassurer la population sur notre projet, mais aussi sur les problématiques qu'ont voulu mettre en avant les Alésiennes et les Alésiens dimanche, notamment sur la sécurité, mais pas que.

Ce lundi, trois listes se sont désistées (voir ici) de leur propre chef. Basile Imbert a appelé à voter pour vous, Paul Planque à faire barrage au RN, comme le monde de la culture. Que dites-vous aux colistiers retirés et à leurs électeurs ?

Premièrement, je les remercie de leurs décisions qu'ils ont prises seuls, sans négociation ni fusion de liste. Je rappelle que ma liste est la même au second tour qu'au premier. Ils ont tiré les conséquences qu’ils semblaient ne pas pouvoir l'emporter et qu'ils ne souhaitaient pas du risque de l'arrivée du RN à la mairie d'Alès. J’ai là aussi entendu le message, que ce soit des listes de gauche ou de la liste de M. Infantès, comme des acteurs culturels. J'en tiendrai compte et je leur demande de se mobiliser fortement. Tous les soutiens sont les bienvenus. J’ai eu énormément d'appels de chefs d'entreprise, mais aussi des mondes du sport et de la culture. Les Alésiens votent parce qu’ils veulent voir Christophe Rivenq poursuivre l'action, avec Max Roustan et son équipe, ou bien que tout s'arrête. Mais ce n’est pas parce que je suis assez sensiblement en tête au premier tour que les choses sont faites. Il faut donc se mobiliser, appeler ceux qui n'ont pas voté et créer un sursaut en termes de participation, pour qu’Alès poursuive dans cette dynamique. Les Alésiens doivent aussi se demander : 'Quel est celui qui connaît mieux les sujets ? Qui a le plus d'expérience pour piloter les politiques publiques et répondre aux questions des Alésiens ?' Il me semble que c'est moi, accompagné de mon équipe et de Max Roustan, car je ne suis pas seul. Aussi, nous ne sommes pas dans une élection nationale, ce sera pour l’année prochaine. Aujourd'hui, l'enjeu local prime. Il ne se passe pas un jour dans notre vie où on n'a pas un contact avec la mairie, l'agglomération ou un de leurs services : le ramassage des poubelles, le robinet d'eau, l'école pour les enfants, la police municipale, la voirie, la culture, le sport… On ne se rend pas compte de l'importance des mairies. Ça fait plus de 30 ans que je me bats pour cette ville, que j'entends les Alésiens et les habitants du Grand Alès, on a besoin d'un maire qui les connaît et veut continuer.

Justement, que vous disent les Alésiens sur cet entre-deux tours ?

D’après ce que les gens me disent, beaucoup ont juste voté RN. Ç'aurait pu être n'importe qui, il ou elle aurait fait les mêmes voix. Ils me disent ’En fait, le programme on s'en fichait, c’était pour donner un message national.' C'est pour ça que je veux recentrer la campagne au niveau local. Mais ils me disent aussi : ‘Au premier tour, on a donné notre sentiment, au second tour, on va revenir à la réalité du terrain’. C’est pour cela que je suis optimiste pour dimanche, tout en étant très engagé et présent sur le terrain comme je le suis depuis longtemps. Beaucoup d'électeurs pensaient que c'était gagné d'avance et qu’il n’y avait pas besoin de se déplacer. D’autres sont inquiets sur le risque, au-delà du fait qu'il soit Rassemblement national, d'avoir un maire qui arrive au dernier moment, sans vrai projet pour Alès et sans réelle connaissance de tous ses enjeux. Ce dont ils n'ont pas forcément conscience, c'est que le plus gros danger reste celui de l'agglomération. Alès Agglo détient 65 % des compétences : transports urbains, ramassage des poubelles, l'eau, l'assainissement, le développement économique, une partie de la culture, les crèches, etc. Toutes ces compétences-là pourraient être en bisbille entre la ville et l’Agglo, puisqu’il y a très peu de chances que les conseillers communautaires, majoritairement les maires, élisent Anthony Bordarier à la tête de l'agglomération. Cela entrainerait aussi un surcoût, puisque la mutualisation des services (bureaux, cabinets, directeurs généraux, voitures, indemnités…) mise en place depuis 25 ans nous fait économiser près de 2 millions d'euros en moyenne sur chacune des collectivités, selon la Cour des comptes. Cette impossibilité de mutualisation générerait des augmentations de fiscalité importantes pour les compenser.

Vous avez déjà désigné Max Roustan premier adjoint et très largement reconduit le conseil municipal, on imagine donc que les délégations seront similaires au mandat 2020-2026. À quoi ressemblera le conseil municipal et pourquoi ne pas l'avoir présenté explicitement ?

La campagne n’a laissé la place qu’à la sécurité, la santé et le centre-ville. C'est pourquoi j’ai fait, par exemple, prendre la parole à Léa Boyer, déléguée au commerce, et Pierre Mondillon, colonel honoraire de gendarmerie, lors de mes Facebook Live. Mais il y a plein d'autres élus, dont j'aurais voulu qu'ils prennent la parole, mais dont beaucoup, y compris les médias, se fichaient. Je le regrette. Par contre, ces élus-là ont été en campagne sur le terrain pour rencontrer les Alésiens et les associations. Je regrette que ce premier tour n'ait pas été l'occasion de comparer les projets et programmes de tous les candidats, dans toutes les matières. Y compris des choses qui peuvent paraître secondaires, mais essentielles comme l’enseignement, la culture, la rénovation urbaine ou le développement économique. Attention à ne pas partir dans une aventure qui pourrait avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne.

En ce sens, quels projets vous tiennent le plus à cœur, à vous et aux Alésiens ? Et allez-vous adapter certains projets en tenant compte des résultats de ce premier tour ?

Je fais appel à la raison. Faire croire tout et n’importe quoi, les ‘y’a qua faut qu’on‘, ça n’a jamais été ma façon de voir les choses. On consacre déjà 10 % de notre budget de fonctionnement à la sécurité, on ne va pas pouvoir aller bien plus loin que ça. Il y aura quand même bien sûr des embauches, la création d'une brigade VTT et d'un poste de commandement mobile, l'extension à la présence 7 jours sur 7, le déploiement de 100 caméras supplémentaires et l'utilisation de l'IA. On mènera aussi un travail sur la santé, avec la mise en place d'un pôle ambulatoire à dix médecins, l'accompagnement à la création de structures médicales et l'incitation à l'installation des internes. Nous continuerons ensemble à développer ce cœur de ville. Oui, il y a des souffrances, des boutiques qui ferment, les enjeux du stationnement… Je le connais mieux que quiconque. Mais énormément a été fait depuis les États généraux de 2017 : le marché de l'Abbaye, les rues semi-piétonnes, les espaces partagés, les animations festives et culturelles, la feria… Aujourd’hui, on résiste mieux que beaucoup d'autres villes malgré le fait que nous souffrons. On a deux managers cœur de ville, quatre commerçants sur la liste, dont le président de l’UCIA Antoine Brasseur. C’est que nous sommes une partie de la solution, cinq commerces vont d'ailleurs s'ouvrir prochainement.

La campagne, comme le scrutin, a été largement différente par rapport à 2020, avec des attaques sur votre bilan, mais aussi sur votre personne et votre positionnement politique. Comment l'expliquer et qu'y répondez-vous ?

La crise Covid a été un séisme entre la dernière élection municipale et celle-ci. Depuis, les gens se replient sur eux-mêmes et ne regardent que ce qui les concerne. Quand vous avez vécu enfermé pendant un an et demi sans voir personne et que vous avez eu peur de mourir, il est indéniable et normal, qu'à un moment, vous vous protégiez. Certains m’ont reproché d’être trop gentil pendant cette campagne, face à des adversaires qui ne sont pas gênés pour envoyer des diffamations, attaques et affirmations non vérifiées sur les réseaux sociaux. Mais je préfère expliquer pourquoi voter pour nous, plutôt que pourquoi ne pas voter pour les autres. Ma liste est ce qu'on appelle aujourd'hui le bloc central. Elle va des socialistes de la gauche démocrate-sociale à la droite républicaine. C’est ce qu’on fait depuis 30 ans sur Alès pour faire appel à toutes les bonnes volontés. Je suis un homme de 2026, mon parti c’est Alès. Je m’entends bien avec Carole Delga comme avec Bruno Retailleau et Laurent Nuñez, c’est aussi ce qui permet de dénouer des dossiers complexes comme le tribunal pour enfants avec Gérald Darmanin.

Tout simplement, à quoi ressemblera Alès à la fin du mandat si vous êtes réélu ?

On continuera sûrement d'être une ville autour de 50 000 habitants, l'une des plus dynamiques de France démographiquement parlant, surtout si on arrête de faire du bashing, comme c'est le cas, opportunément, depuis quelques mois. Les néo-Alésiens sont plus jeunes, plus diplômés et ont plus d'enfants, la ville est quelque part en train de changer sociologiquement de façon importante. Le cœur de ville va se redynamiser, avec toujours autant d'animations et de festivités. Les quartiers vont aussi être transformés, entre les requalifications du faubourg d'Auvergne, de la Royale, Tamaris et des Prés Saint-Jean, sans oublier la rénovation du Cratère et les maisons de quartier à Rochebelle et au faubourg du Soleil. On a autant investi pour les quartiers que pour le centre-ville, entre 50 et 55 millions chacun, sans compter l’office HLM, ce qu'on continuera de faire, en attendant de voir comment le prochain président de la République traitera les collectivités.

Pour conclure, quel message adressez-vous aux électeurs, mais aussi aux abstentionnistes ?

Prenez le temps de vous poser et de vous demander : ‘À quoi sert un maire ? Pourquoi en a-t-on besoin et qui sera le plus à même, dimanche, de répondre aux problèmes du quotidien ?’ Un maire, c'est le quotidien, c'est le maire de tous les Alésiens et le maire d'Alès doit présider Alès Agglo. Et je suis le seul des deux candidats encore en lice qui peut affirmer avoir de très fortes chances de la présider de nouveau. Non pas pour moi-même, mais pour l'intérêt des Alésiens en matière financière et de services publics. Je suis et serai un maire du service public, un maire qui a compris le message de dimanche, un maire qui veut développer sa ville et la rendre encore plus belle.

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