C'était un hommage équestre à la culture locale. Si les traditions des manadiers sont principalement installées dans la Camargue gardoise, les Alésiens ne sont pas en reste et ont voulu le prouver. Pour cette 35ᵉ édition de la feria de l'Ascension d'Alès, les arènes du Tempéras ont souhaité mettre à l'honneur ces traditions encore très ancrées auprès du public cévenol.
Le temps d'une soirée, les gardians et les cavaliers ont proposé un concours autour de quatre jeux liés à leurs traditions. Ces épreuves, inspirées du travail en manade — tri du bétail, conduite, coordination et maîtrise du cheval — auront permis au public de découvrir un savoir-faire transmis de génération en génération, ancré dans la culture de la bouvine.
Trois manades pour quatre épreuves
À cette occasion, trois manades s'affrontaient : la manade d'Arlatenco, basée à Aimargues et transmise de génération en génération depuis 1951 ; la manade Devaux, créée par Christian Devaux en 1981 et installée à Garrigues-Sainte-Eulalie ; et enfin la manade Vinuesa, établie au Cailar, qui a déjà remporté à deux reprises les Grandes Olympiades des gardians dans les arènes de Nîmes.
Durant 1h30, les manades se sont succédé sur quatre épreuves traditionnelles, toutes aussi spectaculaires les unes que les autres. D'abord la ferrade en piste, où un cavalier d'une manade devait, sur son cheval, tenter de faire tomber un anouble (jeune taureau) avec son fer, puis, en descendant de cheval, réussir à l'arrêter à main nue et le faire se coucher pour simuler un marquage au fer. Une épreuve remportée par Yanis Elie de la manade Arlatenco.
Des sauts sur un cheval ou un taureau
La seconde épreuve était le saut de cheval à cheval, où deux manadiers à cheval effectuaient des tours de piste avec un troisième cheval à cru. L'un faisait tourner le cheval dans le bon sens et à la bonne allure, tandis que l'autre devait sauter sur le cheval à cru en plein galop. À ce jeu-là, c'est la manade Arlatenco, avec Sarah Clément, qui s'est distinguée en remportant l'épreuve.
Même type d'épreuve avec le saut de cheval à taureau, extrêmement spectaculaire et basé sur le même principe, avec un saut du cavalier sur le taureau en pleine course. Mais c'est Thibault Chouvier, de la manade Devaux, qui a raflé la mise grâce à un superbe saut et un maintien du taureau particulièrement long, avec une lutte féroce jusqu'au bout pour l'arrêter et le coucher au sol.
La régularité primé
Enfin, la dernière épreuve reposait sur un travail collectif. Plusieurs manadiers devaient attirer le taureau sur la piste et le placer dans un angle proche des barrières afin qu'il arrive pleine face sur deux gardians armés de piques, qui devaient charger et toucher simultanément l'animal de chaque côté. L'attente au fer a été remportée par la manade Devaux et ses deux manadiers Yoan Visin et Gauthier Donadille, avec une note de 17/20 attribuée par les cinq membres du jury dépêchés pour l'occasion, originaires de différentes manades de la région.
Si les manades Devaux et Arlatenco ont remporté deux épreuves chacune, c'est finalement celle de Vinuesa, régulière et deuxième sur chaque épreuve, qui repart avec le trophée de la soirée, offert par Didier Cabanis, directeur des arènes.