Publié il y a 2 h - Mise à jour le 09.03.2026 - François Desmeures - 5 min  - vu 65 fois

SAINT-JEAN-DU-GARD Municipales : après un demi-mandat, Pierre Aiguillon opposé à Nathalie Borreda

Le maire sortant, Pierre Aiguillon, et Nathalie Borreda, à la tête d'une liste d'opposition

- François Desmeures

Pierre Aiguillon a été élu maire en 2023, à la suite de la démission attendue de Michel Ruas. En tête de liste pour la première fois, le maire sortant, qui dit disposer de projets pour "deux ou trois mandats" fera face, dimanche 15 mars, à une cheffe d'entreprise à la retraite, Nathalie Borreda, qui se dit choquée par le gaspillage d'argent public.

Pierre Aiguillon, "Avec vous pour Saint-Jean-du-Gard"

Cette fois-ci, il se "frotte à la démocratie", sourit Pierre Aiguillon, maire élu en 2023 au sein du conseil municipal. En 2020, en effet, à quelques mois de la retraite mais encore en poste en Tunisie, il n'avait même pas pu voter pour la liste Ruas. "Je me représente pour un mandat", précise le maire sortant, même s'il affirme disposer de projets "pour deux ou trois mandats !" Mais "les finances et la réglementation" plombent l'avancée des dossiers. 

Pierre Aiguillon • François Desmeures

La réglementation, "je la respecte. Mais on est tombé dans un excès, se désole le maire. Le projet d'école et de gendarmerie en ont fait les frais, à cause d'une zone humide et d'un papillon bleu. On a fait une étude complémentaire d'un an, à 25 000 €, pour trouver le papillon bleu azuré du serpolet. J'ai finalement redéposé le permis, mais pas pour l'école, on l'a déplacée."

La zone, le long de la déviation, permettait de mener "quatre projets en même temps : l'école, la gendarmerie, l'aménagement de la déviation, le pôle d'échanges multimodaux". Les travaux de la gendarmerie devraient (enfin) débuter le 15 septembre prochain, dans la fenêtre de tir autorisée. Quant aux écoles maternelle et élémentaire, elles resteront regroupées et la construction de la maternelle démarrera cette année.

Pour le prochain mandat, Pierre Aiguillon aimerait lancer "deux pôles". Le premier, "vert et culture" au parc Ruben Saillens. Et un autre "randonnée et tourisme en face de la mairie". Le parc est "une friche industrielle", le définit le maire, qui abritait l'ancien aquarium. "Il en reste 500 m2, on veut réhabiliter". Une salle d'exposition immersive devrait voir le jour, et le parcours de santé refait. Face à la mairie, "on va centraliser l'office de tourisme". Pierre Aiguillon compte aussi sur la hausse du nombre de places au parking de la Poste, "avec la gare de bus qui sera décalée". Le festival FIRA de la randonnée en Cévennes y sera aussi accueilli, ainsi qu'un "café-rando". Des projets qui dépendent aussi du maintien du chemin de Stevenson sur son parcours actuel. 

Le printemps devrait aussi voir l'achèvement des Jardins partagés, sur la route de Mialet. Des parcelles de 25 m2 sont prévues. "Mais tout le monde a demandé deux parcelles, on verra s'il y en a assez." 

La sécurisation du cheminement piéton de la route vers Mialet avec les futurs jardins partagés en arrière-plan • François Desmeures

Le maire espère aussi agir sur le logement insalubre, "avec l'opération programée d'amélioration de l'habitat, signée avec Alès Agglo. On est dans la phase de pré-étude, qui identifie 117 logements. C'est un dispositif incitatif pour éviter les logements insalubres. Il y a 7,4 M€ de disponibles sur 5 ans, dont 5,2 M€ de l'État." 

Attaqué sur le niveau d'endettement de la commune par son opposition, Pierre Aiguillon se fait offensif. "Quand on a repris la mairie en 2014, les caisses étaient vides et il y avait un déficit de 300 000 € parce que des factures n'avaient pas été encaissées et des ventes pas faites. On a un endettement de 7 millions d'euros, mais aussi 3 millions dans la caisse à l'heure actuelle. On a de quoi mener les projets. On a 400 000 € d'auto-financement chaque année. Il fallait faire des économies de fonctionnement." 

"En douze ans, on a investi 21 M€, dont 3 M€ de capital remboursé. Et si on a acheté des appartements, c'était pour éviter les marchands de sommeil. Depuis octobre 2024, on a fait le permis de louer. Oui, on est endetté, mais on a fait beaucoup de projets, et on en a encore ! En revanche, il faut absolument faire des économies sur le fonctionnement."

"Sympathisant de droite", Pierre Aiguillon est à la tête d'une "liste sans étiquette, j'ai même pris des socialistes avec moi", alors qu'il va affronter une liste clairement marquée à gauche. Seuls neuf des colistiers sortants sont restés sur une liste de 23, "le plus jeune a 29 ans"

Nathalie Borreda, "Réveillez-Saint-Jean !"

Parmi les quautre membres de l'opposition élus en 2020, seules Nathalie Borreda et Elsa Mas repartent pour une nouvelle aventure, la première prenant la tête de liste. En ayant fait partie de la commission finances, "au fur et à mesure, je me suis rendue compte du gaspillage d'argent public, dénonce Nathalie Borreda, ancienne cheffe d'entreprise. Par exemple, on achète un terrain pour l'école 200 000 €, qui n'est finalement pas constructible. On achète des maisons qu'on ne peut pas rénover parce qu'on n'a pas la trésorerie. Quelque part, on devient des marchands de sommeil."

Nathalie Borreda • François Desmeures

Si l'école n'utilisera pas le terrain acheté, la gendarmerie devrait profiter d'une partie du terrain. Mais pour Nathaie Borreda, le choix est aussi contestable. "On veut déplacer la gendarmerie parce qu'elle a été inondée une fois. Sans chercher de solutions pour protéger l'actuelle. Mais comme par hasard, quand la nouvelle gendarmerie a été décidée, celle de Saint-Jean a été ouverte tous les jours au lieu de celle de Lasalle."

"En 2022, poursuit l'élue d'opposition, on a fait un emprunt de trois millions d'euros pour la gendarmerie et l'école maternelle. Pour l'instant, rien n'est fait. On est à 7 M€ d'emprunt, on a 3 M€ sur les comptes, il ne reste que ça. Le reproche, c'est qu'on fasse des projets non-calculés, sans prévision à long terme. Je n'ai rien, personnellement, contre Pierre Aiguillon, il est très sympathique. Mais on en est là." 

Nathalie Borreda dénonce aussi le nombre "d'intervenants extérieurs. Les agents techniques ont la formation pour installer les décos de Noël, pourtant on fait appel à l'extérieur. Quand il faut changer une cloison à la maison de retraite, on ne demande pas aux agents techniques, on fait appel à des enteprises. Il faut trouver un autre moyen de faire travailler les entreprises locales."

"On pourrait passer en zone de revitalisation des centre-villes, poursuit Nathalie Borreda. Avec cette qualification, on aurait des aides plus facilement." La candidate note tout de même "une capacité d'auto-financement dans la moyenne générale. Avec des subventions, on peut réaliser jusqu'à un million de projets par an." L'élue et candidate pense notamment au sauvetage de la maison du Maréchal de Thoiras, "classée, il faut voir dans quelles conditions on peut réaliser un projet". 

La maison du Maréchal de Thoiras, dans la Grand-Rue • François Desmeures

Comme celle de Pierre Aiguillon, la liste de Nathalie Borreda souhaite luttre contre "la vacance des logements et des locaux commerciaux, ainsi que les logements insalubres". La candidate regrette l'impossibilité, selon elle, de trouver des logements pour des familles en centre-ville. "On envisage de mettre 200 000 € par an dans la réhabilitation de logements." Quant à la zone de l'ancien aquarium, "je ne suis pas sûre qu'on puisse en faire quelque chose sans démolir". Nathalie Borreda imagine "un autre espace de festivités, une petite buvette et une petite salle des mariages. On souhaite faire, aussi, des résidences d'artistes." À côté d'une "pépinière d'entreprises innovantes", Nathalie Borreda aimerait voir émerger une "vraie école d'arts vivants, un centre de formation pour les techniques"

Encartée communiste, avec Elsa Mas engagée chez les écologistes, la liste ne cache pas son bord. "Divers gauche", avance Nathalie Borreda dont l'une des priorités serait d'aller discuter avec la majorité divers gauche du Département pour le convaincre "d'agir rapidement pour le Chemin de Stevenson. Il faut que ça finisse à Saint-Jean-du-Gard." Sur ce point, les deux listes se rejoignent. 

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