Conformément à l’article L. 285 du Code électoral, dans les communes de 9 000 habitants et plus, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit, soit 33 pour la commune de Beaucaire. Ne restait donc plus qu’à élire les neuf suppléants aux grands électeurs pour les sénatoriales prévues le dimanche 27 septembre 2026. À l’issue des votes à bulletin secret, la majorité "Continuons à faire briller Beaucaire" obtient 27 voix et donc huit élus : Audrey Cimino, Pierre Giraud, Joëlle Sedeno, Jean-Pierre Perignon, Marie-Pierre Thieuloy, Gérard Sarrailh, Liliane Pepe Bonnety et Maurice Mouret. L’opposition "Unis pour Beaucaire" (cinq voix) décroche un poste de suppléant, attribué à Cécile Pascale Ciliberti. À noter : un vote blanc.
S’en sont suivies 15 autres délibérations, dont une décision modificative au budget Ville 2026, entraînant des transferts de crédits, dont 20 000 € pour développer le maillage de la vidéoprotection, 6 000 € pour l’ouverture d’une classe à l’école Garrigues-Planes, 25 000 € pour la police municipale, laquelle comptera deux agents supplémentaires pour permettre la création de la brigade VTT. "C’était une promesse de campagne. Cette brigade comptera quatre agents en tout et permettra d’assurer une présence sept jours sur sept, principalement dans le centre-ville, à la Rotonde, au Puech etc, dans des secteurs difficiles d’accès en voiture. L’objectif est aussi de renforcer la proximité et le lien avec la population", précise le maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon.
Luc Perrin, élu d’opposition UPB, aurait préféré que la majorité rouvre la Maison des jeunes, avec du personnel. "Ce n’est pas la même chose, mais ça a une fonction aussi qui paraît intéressante et importante plutôt que d’ajouter encore des effectifs à la police municipale, qui ont déjà bien été renforcés."
Quant aux 61 000 € prélevés au budget du projet de réaménagement du complexe sportif Fernand-Lamouroux, le premier édile beaucairois explique qu’en raison des délais de l’étude, les travaux ne pourront être lancés qu’en 2027. "Mais, ajoute-t-il, il nous reste encore une enveloppe qui nous permettra d’avancer les premiers travaux, potentiellement des tirages de réseaux, etc."
La ZAC Sud Canal
Autre modification, concernant cette fois-ci le dossier du quartier Sud Canal. Selon le maire Nelson Chaudon, les investigations réalisées sur le site ont mis en évidence la présence d’eau à faible profondeur. Une contrainte qui rend la création du parking souterrain prévu dans le projet immobilier des Nouveaux Constructeurs, sur l’îlot 3, plus complexe et plus coûteuse. Le stationnement sera donc aménagé en rez-de-chaussée. "Ce qui nous oblige à monter le niveau sur certains bâtiments. Rien de spectaculaire. Ça ne modifie en rien le nombre de logements, ni les surfaces aménagées", assure l’élu. Cette évolution nécessite une modification du règlement de la ZAC afin de permettre l’instruction du permis de construire et la poursuite du projet, dont la commercialisation serait déjà avancée à 43 %.
Luc Perrin a contesté cette justification. L’élu d’opposition a rappelé que le cahier des prescriptions de la ZAC mentionnait déjà en 2022 que "les contraintes hydrauliques du site interdisent l’enterrement des stationnements". "Comment est-ce possible, à ce stade du projet, de s’apercevoir qu’il est interdit de faire des garages en sous-sol dans la ZAC ?", a-t-il interrogé. Il a également estimé que le rehaussement de certains immeubles pourrait avoir des conséquences pour les habitations voisines. Nelson Chaudon lui a répondu que la problématique concernait principalement certains îlots et que le choix retenu visait avant tout à maintenir un projet "viable" et à permettre son lancement. La délibération a été adoptée avec l’abstention de l’opposition.
Toujours dans le cadre de l’opération d’aménagement du quartier Sud Canal, plusieurs voies seront créées, certaines sont en cours de réalisation. Mais d’ores et déjà, le conseil municipal a dû se prononcer sur la dénomination de la voie principale existante située entre l’ancien garage et le restaurant Les Voiles : l’appellation "avenue Sainte-Marie-Madeleine" a été proposée et adoptée à l’unanimité, avec quatre votes contre des élus UPB.
Une motion contre le projet de ligne à très haute tension
Le mercredi 13 mai, l’État annonçait l’engagement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) relative au projet de ligne aérienne à 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Feuillane (Bouches-du-Rhône). Projet auquel la ville de Beaucaire est fermement opposée. "Elle a organisé des réunions publiques, lancé une pétition ayant recueilli des milliers de signatures, accompagné les habitants dans leurs démarches, participé activement aux concertations et porté sans relâche la voix du territoire auprès des autorités compétentes. Cette mobilisation institutionnelle s’est accompagnée d’un formidable élan citoyen. Des associations telles que l’ASTA (Association de sauvegarde de la Terre d’Argence, Ndlr) ou THT 13/30 ont réalisé un travail remarquable d’information, d’expertise et de mobilisation populaire, permettant à des milliers d’habitants de faire entendre leur opposition et de porter des solutions alternatives plus respectueuses de l’environnement et du territoire", peut-on lire dans une motion d’opposition à la ligne THT présentée ce vendredi par le maire.
Elle sera transmise au préfet du Gard, au préfet de Région, au Gouvernement, aux parlementaires du Gard et des Bouches-du-Rhône, à RTE ainsi qu’à l’ensemble des collectivités concernées, après adoption, pour porter un message : "Refuser que Beaucaire et la Terre d’Argence soient sacrifiées sur l’autel des intérêts industriels de Fos-sur-Mer, de refuser qu’une administration éloignée des réalités locales décide seule de l’avenir de nos paysages, de nos exploitations agricoles, de notre tourisme et agrotourisme, de notre cadre de vie…"
"Vous allez encore une fois sur un rapport de force"
Christophe André, élu d'opposition "Beaucaire l'Esprit Libre", a tenu à alerter l’assemblée en s’appuyant sur les résultats de la votation citoyenne, qui a enregistré 97,6 % d’opposition, mais avec un peu plus de 700 votants, "alors que 1 600 personnes avaient participé à la consultation sur la crèche en mairie". Une mobilisation deux fois moindre qui, selon lui, traduit un engagement plus limité des Beaucairois.
Il ajoute ne pas retrouver dans la motion de référence à la décarbonation de l’industrie, ni aux enjeux de pollution à Fos-sur-Mer qui concernent également des habitants de Beaucaire y travaillant, ni plus largement à la question des énergies fossiles. "On n’a pas avancé sur ce sujet depuis deux ans, et vous, pas seulement vous la majorité, d’autres élus aussi, allez encore une fois sur un rapport de force. Je ne suis pas ingénieur, pour autant je pense qu’à un moment donné, il faut rentrer dans un jeu de négociations sur la ligne enterrée, sur les compensations financières qui sont possibles pour les riverains, pour l’ensemble de Beaucaire. Des projets comme ça, il ne va pas y en avoir qu’un, il va falloir trouver d’autres méthodes pour arriver à une solution qui soit acceptable pour tous, même si on sait déjà qu’elle ne sera pas idéale", indique-t-il.
Pour le maire, le travail a été fait notamment lors du grand débat public. "Des solutions pour permettre la décarbonation ont été proposées, mais si on n’est pas écouté et quand on est pris pour des imbéciles, on devient des imbéciles." Une mobilisation organisée par le collectif THT 13/30, dont fait partie l’Association sauvegarde de la Terre d’Argence présidée par Luc Perrin, aura lieu ce lundi 8 juin au matin, au niveau du rond-point Maurice-Étienne à Arles. Nelson Chaudon, sous sa casquette de président de la CCBTA, devrait également prochainement rencontrer son homologue de l’ACCM, Patrick de Carolis, lesquels devraient co-signer un courrier à destination de l’ensemble des ministères. Les élus d’opposition "Beaucaire l’Esprit Libre" se sont abstenus lors du vote.