La rentrée scolaire, c’est toujours quelque chose ! Que l’on soit enfant, ado, adulte ou retraité, c’est un moment fort à vivre chaque année. Un passage indispensable mais parfois stressant, déstabilisant et usant. Les modes changent chaque année, leur fugacité est à peine palpable qu’il faut passer à autre chose.
Selon la Caf, les foyers bénéficiaires de l'allocation de rentrée scolaire dépensent en moyenne environ 400 euros par enfant au moment de la rentrée, pour un coût annuel lié à la scolarité qui atteint en moyenne 1 315 euros. Le budget médian consacré aux achats spécifiques de la rentrée s'élèverait à environ 261 euros par enfant. Si l'on prend en compte l'ensemble des frais annexes (vêtements, fournitures complètes et équipements), le coût global oscille entre 580 euros en primaire, 890 euros au collège et jusqu'à 1 160 euros au lycée par an.
« Nous, avant le 1ᵉʳ septembre, on va regarder les vacances scolaires de l’année à venir et les jours fériés. Franchement, ça nous permet de penser à autre chose… On n’aime pas la rentrée ! », plaisantent deux parents à l’entrée des vastes rayonnages concernant la rentrée des classes en supermarché. Cette année encore les Gardois se frottent à un manque cruel d’argent. Une rentrée, ça coûte cher ! « C’est vrai… J’ai un bon salaire mais le mois d’août nous ne partons plus en vacances car j’économise pour septembre. Nous partons une ou deux semaines en juillet et ça suffit », relève Hervé.
Sa femme, Marielle, poursuit : « Le monde a changé et la rentrée n’évolue pas en mieux pour nous. Nos deux enfants sont encore scolarisés, un au collège et l’autre en primaire. Les listes sont longues, on ne comprend pas toujours tout, mais nous avons tout acheté. »
Une chose est sûre, c’est que les listes données par les établissements scolaires sont la base de bon nombre de conflits familiaux. Les vacances et leur légèreté s’étiolent, l’école et sa rigueur arrivent. « Je veux rester en vacances ! Mais j’aime bien l’école… J’avoue que je suis un peu contente de revoir mes copains. J’ai acheté mon sac, mon agenda, mes cahiers et quelques habits », clame, avec une certaine fierté, le jeune Enzo.
« En tout, Enzo a fait les comptes et sa rentrée nous revient à 250 euros. C’est un peu plus que l’année dernière. Il connaît le chiffre car nous voulons qu’il sache le coût des choses. Il connaît nos salaires, nos primes. Il sait que nous ne roulons pas sur l’or et que ce trimestre est toujours le plus compliqué, également à cause des impôts », explique Johanna, maman d’Enzo, 12 ans.
Et Enzo a dû faire quelques sacrifices. Là aussi, le jeune les comprend. « Je voulais acheter un cartable un peu sympa, mais il coûtait trop cher et je préfère prendre une belle trousse bien garnie de fournitures et un bon agenda. J’ai aussi dû revoir à la baisse mes prétentions vestimentaires, mais ça, je m’en fiche, si les copains n’apprécient pas, ils se moqueront un peu et passeront vite à autre chose ! »
Ici, pas encore besoin d’user de la règle 3-3-3, mais nous n’en sommes pas loin. D’ailleurs, quelle est cette règle ? « C’est une astuce qui consiste à avoir une mini garde-robe de neuf pièces de base. Trois hauts, trois bas et trois paires de chaussures. En combinant ces articles, on obtient de belles combinaisons de tenues ! », reprend Johanna.
En ville, chez Goyard, on vient pour une autre philosophie. Les cahiers de vacances sont moins visibles, le rayon et les pièces dédiées à la rentrée scolaire sont prêtes. « J’habite en centre-ville, pourquoi je sortirai dans un centre commercial bruyant alors que petite, mes parents m’emmenaient déjà ici. Je connais les rayons et je suis heureuse de revenir pour ma fille. La boucle est bouclée ! On vient choisir son agenda, ses stylos, ses carnets et feuilles… Bref, toute la papeterie et le cartable. Il y a du choix, c’est très bien car on ne se perd pas et on a tout ce qu’il faut. En plus, on peut demander conseil, Goyard sait faire et pour les habits il reste des dizaines de boutiques en ville ! »
Louison, 14 ans, voit la rentrée comme un moment crucial dans son année. « La rentrée, c’est la première impression et cette impression peut rester toute l’année. Je veux être bien habillée ! Pas forcément des marques, mais des habits qui me plaisent et qui peuvent durer dans le temps. Sinon, mes parents ne veulent pas m’en acheter. »
L’adolescence ordonne le reste de la vie. Se mêler à la foule, entrer dans le moule, dans la norme. Thomas et Hélène connaissent par cœur ces dilemmes. « Nous sommes tous passés par là et c’est vrai que le monde ne s’est pas adouci en 30 ans… Nous voulons le meilleur pour Louison, mais le meilleur ne veut pas dire le plus cher. Nous nous imposons des règles afin qu’elle puisse avoir la valeur des choses. En vêtement, cette année elle a choisi des habits amples, larges, confortables et, je l’avoue, assez élégants malgré tout ça ! » En prime, Louison a lancé l’idée de passer voir une friperie. La jeune fille n’a pas honte de la seconde main, bien au contraire. « Le vintage coûte moins cher, il a déjà fait ses preuves, c’est costaud et comme les modes changent… Bref j’aime bien mêler du neuf et de la fripe ! »
Pour certains, comme pour Noël, la rentrée est un sale moment à passer. Christophe a trouvé la combine. « Je n’y ai jamais rien compris ! Entre les listes improbables et les choses à faire, c’est pas facile. J’ai opté pour un kit scolaire pour mes enfants. Certains sites Internet centralisent les demandes des établissements et proposent des kits prêts à l’achat. C’est bien fait, ça va vite, on ne s’occupe de rien et ça ne coûte pas plus cher. Cela fait deux ans que je m’organise ainsi et cette année, contrairement à l’an passé où nous avions attendu le 29 août pour tout recevoir, nous avons tout eu en quatre jours la semaine dernière. »
Que vous soyez consommateurs en supermarché, clients en papeterie de centre-ville ou adorateurs de la vente en ligne, chacun aura de quoi trouver chaussure à son pied. La rentrée coûte cher aux familles et dans le Gard, où les euros ne courent pas les rues, c’est encore plus dur.