Objectif Gard : Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter aux municipales comme tête de liste ?
Mathieu Saignol : C’est mon troisième mandat d’élu. J’en ai fait deux en tant qu’adjoint. Dans les petites communes, les délégations, c’est un titre honorifique… On est plutôt des couteaux suisses. D’ailleurs, nous sommes la plus petite commune de Nîmes Métropole. Ici, tout se fait dans la continuité : l’ancienne maire, Christine Lefevre, est passée première adjointe et siège à Nîmes Métropole. L’ancien maire, Jean-François Bertier, est toujours sur la liste.
Vous êtes également éleveur de vaches à viande, employé au syndicat des eaux Domessargues/Saint-Théodorit… À quoi ressemble votre quotidien ?
Après ma journée de travail au syndicat des eaux, dans lequel je travaille depuis bientôt 26 ans, on jongle, en fonction des réunions et des occupations, avec les bêtes. Mes vaches sont de la race Gasconne des Pyrénées, qui a une grande faculté d’adaptation aux milieux dans lesquels elles vivent. J’ai un élevage de 40 bêtes. Je les ai choisies puisque les veaux naissent marron et deviennent gris argenté à l’âge de trois mois. Une couleur qui ressemble aux chevaux de Camargue. J’ai d’ailleurs été le premier Gardois à participer et à obtenir un prix au Salon de Cournon, le Sommet de l’élevage, premier salon européen.
« Avec les gens, on partage tout »
Vous êtes donc le plus petit village de Nîmes Métropole. Comment le définiriez-vous ?
C’est un village familial et rural. Nous avons des rapports assez proches avec les gens. On partage quasiment tout. Malgré sa taille, Mauressargues est à l’épicentre de Nîmes, Alès, Uzès et Sommières. Avec la gare ferroviaire de Saint-Geniès, nous sommes à 15 minutes de Nîmes. C’est un village de tradition agricole, forcément, mais il ne reste aujourd’hui que cinq agriculteurs. Les autres ont été obligés de travailler à l’extérieur. Avant, sur 100 familles, il y avait 60 agriculteurs !
Quels sont les projets pour votre commune ?
Nos finances sont tendues : 170 000 € par an en fonctionnement et 140 000 € en investissement. Nous ne sommes pas endettés. L’année dernière, c’est la première fois que nous avons été en déficit sur le fonctionnement. Nous n’avons pas voulu de projets de lotissement. Avec toute la baisse des dotations, on se retrouve étranglés financièrement…
Du coup, pas de hausse de la taxe foncière possible ?
Oh non. Nous ne sommes pas nombreux… Sinon, il aurait fallu augmenter de 600 %. Nous avons fait le choix de rester petits. Depuis plusieurs mandats, notre population n’a pas évolué. Ce n’est pas le cas des communes voisines de Montagnac ou de Domessargues, par exemple.
Vous êtes un peu un irréductible village gaulois…
Je ne dirais pas ça... On veut préserver notre cadre de vie : si vous avez deux familles qui arrivent, elles auront plus de facilité à s’intégrer que si vous en avez quinze (…) On aurait pu ouvrir des terrains à la construction. Ça n’a pas été notre choix. Lorsqu’il y a eu la refonte du plan d’occupation des sols, nous sommes passés en carte communale puisque le PLU (Plan local d’urbanisme) était trop chers. Les anciennes municipalités ont simplement rendu constructibles deux parcelles communales. Elles faisaient partie d’un ensemble acheté après le décès d’un propriétaire qui avait légué ses biens à la Maison de santé protestante de Nîmes. Deux maisons ont ainsi été construites par des habitants du village, après un appel à candidatures.
« Quatre ralentisseurs, ça sera déjà bien »
Du coup, quels sont vos projets ?
Si on arrive à faire un aménagement sécuritaire au niveau des routes traversantes du village, ça sera déjà bien. Ça se résumera peut-être à quatre ralentisseurs, simplement… Mais on en est là, quoi…
C’est « simplement » cela, vos projets ?
On sait ce que l’on a et où on va. On ne peut pas faire de promesses illusoires. Ça ne sert à rien. On veut expliquer aux gens, nous avons ce besoin de transparence. Ici, les élus mettent la main à la pâte. Ça fonctionne comme cela puisque nous n’avons qu’un agent à mi-temps. Il faut pallier ce déficit, mais ça a aussi ses limites.
Vos adhésions à différents syndicats intercommunaux, comme celui de Leins Gardonnenque ou du SIRS (Syndicat intercommunal de regroupement scolaire), vous aident-elles ?
À Leins Gardonnenque, nous y sommes pour le traitement des permis de construire et la piscine de Sauzet. Le SIRS, c’est plus de 40 % de notre budget de fonctionnement, dédié à la garderie et à la cantine. La fin des contrats aidés au niveau du regroupement scolaire nous a fortement pénalisés.
Qu’attendez-vous de Nîmes Métropole, dont vous faites partie ?
Un esprit de solidarité parce que l’on fait partie du même panier, mais avec des moyens différents. C’était prévu que je ne siège pas et que ce soit Christine Lefevre. Là-bas, on est dans un monde totalement différent d’ici… Les élus sont capables de ramener leur matériel. D’ailleurs, avant la fête votive, j’ai ramené mon tractopelle pour refaire le chemin communal. Les lumières de Noël sont posées par les élus du conseil municipal. Il arrive que l'on ramène du matériel...
Faut-il réformer les fonds de concours ?
Je le pense. Qu’ils soient ouverts aux travaux de voirie, comme la route Saint-Geniès/Moulézan, qui a des trous, ou à l’achat de matériel… Sous le précédent mandat, nous avions eu droit à 120 000 €, mais nous ne les avons consommés que partiellement. Rendez-vous compte, on aurait été obligés de faire 700 000 € de travaux pour les toucher. C'est impossible.