L'avenir de Fibre Excellence se jouera dans les prochaines semaines. Réuni ce lundi, le tribunal de commerce a décidé de reporter son audience au 27 juillet à 9 heures, accordant un ultime délai aux porteurs du projet de reprise. Les magistrats ont toutefois prévenu qu'il s'agissait du dernier renvoi possible.
À cette date, les candidats à la reprise devront présenter une offre définitive, débarrassée de toute condition suspensive, afin qu'elle puisse être examinée sur le fond. À défaut, le tribunal devra envisager la liquidation de l'entreprise.
Une reprise encore suspendue à plusieurs conditions
Lors de l'audience, les repreneurs ont confirmé leur volonté de maintenir l'activité des usines et de préserver les emplois, en s'appuyant sur un projet industriel présenté comme durable.
Mais plusieurs obstacles restent à lever pour assurer la viabilité économique de cette reprise. Ces conditions concernent principalement la période de transition, avant la mise en œuvre des investissements industriels. Sans garanties suffisantes, les repreneurs estiment qu'ils ne pourront pas assurer l'équilibre financier nécessaire.
La CGT interpelle l'État
À l'issue de l'audience, la CGT a estimé que l'avenir du dossier dépendait désormais des décisions de l'État. Le syndicat demande notamment la réintégration des quotas de CO₂ pour le site de Saint-Gaudens, une adaptation des tarifs de l'électricité, une sécurisation de l'approvisionnement en bois avec le soutien de l'Office national des forêts (ONF) ainsi qu'une application de la directive européenne RED III afin de préserver la ressource forestière.
Selon la CGT, ces mesures sont indispensables pour permettre au projet industriel d'aboutir.
Un prêt de 5 millions d'euros jugé insuffisant
L'État a d'ores et déjà proposé un prêt de cinq millions d'euros afin d'accompagner le sauvetage de l'entreprise. Une aide saluée comme un premier pas, mais jugée insuffisante par les représentants des salariés, qui estiment qu'elle ne répond pas à l'ensemble des conditions nécessaires à la reprise.
Le syndicat rappelle que le projet concerne près de 670 emplois directs, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines d'emplois indirects, et souligne l'importance stratégique de Fibre Excellence pour la filière industrielle française.
Le rendez-vous du 27 juillet apparaît désormais comme l'échéance décisive. Si aucune offre conforme n'est déposée d'ici là, le tribunal pourrait être amené à prononcer la liquidation de l'entreprise.