En quelques années seulement, l'entreprise des frères Nicolas et Eddy Escobar est devenu le sel de la terre. Cette belle histoire de famille puise ses origines au début de notre siècle, en 2006 exactement. Nicolas Escobar travaillait sur les marchés locaux du Gard et des départements limitrophes, vendant toute une gamme de sels très appréciés en tant que détaillant. Nicolas livrait aussi son frère Pierre, qui possédait un magasin aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Ses petits ballotins de 300 grammes de sels aromatisés ont rapidement trouvé une clientèle très demandeuse, lui réclamant de vendre en gros. Ce qu'il ne pouvait pas réaliser faute de temps et de moyen humain.
En 2020, au moment du Covid, un troisième frère, Eddy, le rejoint dans l'aventure, alors qu'il termine à peine ses études de commerce. La fratrie commence à développer le gros. Et là, tout explose, surtout à la sortie de la crise sanitaire. "L'Atelier du sel Camargue" développe aujourd'hui une dizaine de déclinaisons de sels aromatisés, en sachet, en pot ou en moulin. Deux d’entre eux ont même été récompensés, avec deux médailles d'argent au concours Gard Gourmand : en 2024 pour "Le Gitan" et en 2025 pour "Le Vigneron". « Notre vedette, c'est le sel gitan avec ail, poivre et romarin. Le sel vigneron, le sel fou avec du piment, le sel gardian aux herbes de Provence et le BBQ marchent également très bien », confie Nicolas Escobar.
En parallèle, la société développe d'autres gammes de produits comme le riz de Camargue sur différents parfums, des chips, de la tapenade, de la pâte à tartiner aux noisettes du Piémont... Et depuis un an, les frères Escobar se sont lancés dans le velours de vinaigre balsamique, leur permettant de franchir un nouveau cap. Et le succès est immédiat ! « J'ai vu qu'il y avait une vraie niche. On n'arrivait même plus à suivre la cadence », assure le patron. « On a commencé au départ à faire goûter des produits qui nous plaisaient à un certain nombre de personnes, et les retours ont été très positifs ». L'idée de commercialiser ces produits lui vient de ses nombreux voyages en Italie à observer les tables des restaurants. « Là-bas il y a l'huile d'olive, le sel et le balsamique ». Ce dernier est d'ailleurs acheté à Modène, la Mecque en la matière, puis retravaillé, épaissi et aromatisé.
Grande distribution, grande propulsion
Leur arrivée dans la grande distribution a engendré de nouveaux métiers à gérer en parallèle, avec le système d'analyse des risques et de maîtrise des points critiques (appellation HACCP) et toutes les normes. « Le fait d'avoir la reconnaissance des clients fait que derrière on a des attentes à respecter. L'objectif était de faire toujours mieux en progressant par paliers », affirme Nicolas Escobar. D'un premier local à Caissargues, l'entreprise a déménagé à quelques mètres pour plus de superficie.
Histoire assez unique, "L'Atelier du sel Camargue" s'est associé depuis quelques temps avec l'ESAT Pierre Laporte, situé zone de Grézan à Nîmes. Une petite dizaine de personnes en situation de handicap est dédiée à l'entreprise. Le laboratoire était destiné initialement à la fabrication des produits, mais en raison de l'ascension fulgurante, les travailleurs de l'ESAT ne fabriquent plus que des coffrets, pour ne pas les surcharger. Alors depuis un peu moins d'un an, les gérants collaborent avec la SOCAF, basée dans la zone Domitia à Beaucaire, travaillant entre autres avec Haribo, Saint-Mamet ou encore Le Saunier de Camargue.
Présence à l'international
Aujourd'hui, plus des trois quarts des hypermarchés de tout le Gard vendent des produits de la marque, qui s'exporte également dans les départements limitrophes tels que l'Hérault ou le Vaucluse, dans l'objectif de développer les Bouches-du-Rhône en 2026. « On a pas mal d'événements là-bas comme la SAVIM et Provence Prestige », raconte Nicolas Escobar. Les épiceries sont aussi fournies à travers la France. On peut même retrouver des produits au-delà de nos frontières, au Royaume-Uni, au Canada et même aux États-Unis.
Nicolas Escobar nous a confié quelques secrets, la sortie de nouveaux produits dans un futur proche. Un velours de vinaigre balsamique à l'échalotte et un autre au romarin. En sel, le forestier fera son apparition, avec des cèpes. En quelques années, l'Atelier du sel Camargue a fait son trou, les idées fusent vite, mais l'aventure ne fait que commencer.
L'approche de Noël marque également le moment de se faire plaisir et d'offrir. Les coffrets proposés par l'Atelier du sel Camargue, sont d'ailleurs fabriqué en France à 100 %. La "Cabane du Gardian" permet de découvrir une déclinaison de tous les produits : riz, velours de vinaigre balsamique, tapenade. À moins que vous préfériez les petites caissettes, contenant six produits pour une vingtaine d'euros. Un cadeau idéal, à mettre sous le sapin, sans même le besoin d'être emballé. Et pour information, un stand éphémère leur est dédié à Cap Costières jusqu'à la fin du mois de décembre.