Publié il y a 1 h - Mise à jour le 10.07.2026 - Propos recueillis par Norman Jardin - 2 min  - vu 116 fois

GARD Richard Charbonnier (syndicat des sapeurs-pompiers volontaires) : « On ne va pas pouvoir continuer sous perfusion »

Richard Charbonnier.

- Photo : RC.

Alors que le Gard est fortement touché par des incendies, l'adjudant-chef Richard Charbonnier, le référent gardois du syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires, alerte sur les difficultés financières des petites entreprises au moment de libérer les soldats du feu et il appelle l'État à faire un effort sur les charges sociales et patronales.

Objectif Gard : Dans un communiqué publié ce lundi, le syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires (SPV) appelle à la mobilisation nationale pour lutter contre les feux de forêt. Vers qui est dirigé cet appel ?

Richard Charbonnier : C’est un appel à donner de la disponibilité aux sapeurs-pompiers pour qu'ils soient libérés, mais il faut que l’État bouge. L'État et les pouvoirs publics demandent aux entreprises de libérer les sapeurs-pompiers volontaires. Or, je suis aussi chef d’entreprise et si j’avais un salarié SPV, je serais dans l’incapacité de le libérer. Parce que l’État nous demande de libérer nos salariés sans aucune contrepartie financière, pendant que ceux qui travaillent dans le public ne sont pas libérés.

Où se situe le manque à gagner pour l’entreprise qui libère son salarié SPV ?

Il y a l’absence du salarié durant son intervention sur le terrain et l’entreprise n’a aucune remise sur les charges sociales et patronales. On demande toujours aux mêmes de fournir des efforts.

Cela veut-il dire qu’on demande au secteur privé de fournir un effort financier, mais pas au service public ?

La fonction territoriale joue le jeu, parce qu’elle n'a pas forcément le choix. Mais la fonction publique d’État ne libère pas son personnel pour aller au feu.

Comment les sapeurs-pompiers volontaires sont-ils rémunérés lors de leurs interventions ?

Il y a les vacations qui correspondent, pour un sous-officier, à un peu moins de 10 € de l’heure.

Quelles sont vos revendications en tant que référent gardois du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires ?

J’appelle les pouvoirs publics à aider les entreprises, au moins, sur les charges sociales.

Craignez-vous qu’à terme, cette situation soit préjudiciable pour l’avenir des SPV ?

Ça ne pousse pas les entreprises à embaucher des sapeurs-pompiers volontaires car finalement, c’est l’employeur qui est pénalisé. Aujourd’hui, il y a des entreprises qui préfèrent ne pas embaucher des SPV. Ce sont des choses que j’ai malheureusement entendues et c’est la réalité du terrain. On ne va pas pouvoir continuer sous perfusion et notre hiérarchie ne fait rien pour nous conserver.

Le nombre de sapeurs-pompiers professionnels est-il en baisse dans le Gard ?

Dans le Gard, il y a 2 400 SPV et 600 professionnels. Il y a dix ans, on faisait 10 000 interventions de moins par an, avec moins de feux de forêt. Aujourd’hui, nous avons environ 300 pompiers volontaires en moins et 100 professionnels de plus. C’est une grosse problématique, on est de plus en plus sollicité avec moins de personnel.

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Norman Jardin

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