Milieu des années 1980, Philippe Ibars, enseignant au lycée nîmois de la CCI, emmène sa classe de CPPN à Paris. Ce dispositif, aujourd’hui disparu, accueille des élèves recalés à la fin de la cinquième. Le groupe se pose dans la cour qui relie le musée du Louvre au jardin des Tuileries. Une élève s’exclame : « C'est beau ! » Puis elle enchaîne, enthousiaste : « C’est une Poclain 35. » La jeune fille ne s’extasie pas sur l’architecture, mais sur la pelleteuse qui s’active pour construire la pyramide du Louvre. « Elle m’a expliqué toutes les Poclain, toutes leurs options. » L’échange scotche le professeur : « On enseigne du haut de notre chaire. Mais eux aussi ont des valeurs, des talents. Elle m’a un peu appris mon métier. Il fallait tendre l’oreille, écouter. »

Trouver le talent des élèves
Toute sa carrière, il essaiera ensuite de valoriser chaque élève, de trouver ce en quoi il est doué : musique, canoë… Il se remémore ce garçon qui rêvait d’être pâtissier. Comme sa mère voulait absolument qu’il ait une belle situation, elle lui écrivait ses rédactions. « Elle a fini par accepter qu’il aille en apprentissage. Quand il a su qu’il était pris dans cette filière, elle a arrêté de faire ses devoirs », sourit l’enseignant. L’élève obtient 7 ou 8 à sa rédaction, « mais il était content car c’était sa …