Objectif Gard : Dans quel état se trouve la viticulture en Occitanie ?
Didier Gadea : L’Occitanie est la plus grande région viticole du monde et la situation est historiquement très grave. On nous propose une distillation à 35 centimes le litre alors que les coûts de production sont aux alentours de 1,20 €. Les viticulteurs vieillissent, les caves coopératives disparaissent. Le plan d’arrachage est un plan de liquidation de la viticulture. Nous sommes à la croisée des chemins et si rien n'est fait, la viticulture va disparaitre dans le Languedoc. Si on arrache 100 000 hectares, c’est 58 000 emplois de supprimés.
Qu’en est-il de la situation dans le Gard ?
Le Gard est le troisième département le plus viticole de France derrière l’Hérault et la Gironde. Il y avait 56 000 hectares et il a été arraché 4 000 ou 5 000 hectares l’année dernière. On ne va pas vers le mieux et le Gard est très visé par la crise viticole.
Vous avez alerté les députés et des sénateurs : quels retours avez-vous eus ?
Ils évoquent tous la baisse de la consommation de vin, pour justifier l’arrachage des vignes. Ils pensent qu'on va s’en sortir en équilibrant l’offre et la demande et ils ont tort. Mais une fois que l’on discute avec eux, ils changent d’avis et ils sont d’accord avec nous.
Quelles solutions proposez-vous pour sortir de cette crise ?
Il faut changer de politique et l’OCM vin de 2008 (organisation commune du marché viticole, NDLR). Elle a libéré le marché du vin et elle a conduit à sa destruction. Il faut revenir sur une politique qui protège le vigneron avec des prix plancher rémunérateurs. On pense que pour les IGP (Indication géographique protégée, NDLR), il faudrait deux euros le litre.
En quoi vous différenciez-vous des autres syndicats agricoles ?
Il y a les syndicats qui sont pour l’arrachage et le plan social et nous qui sommes contre. Nous ne voulons pas nous soumettre au marché, mais on veut qu’il soit contrôlé et arrêter la spéculation. Nous n’avons jamais été dans le blocage, la casse et l’injure, on laisse ça à certains.
Le Modef est-il le syndicat agricole qui se situe le plus à gauche ?
En tous cas, on est le moins à droite.