Publié il y a 1 h - Mise à jour le 25.02.2026 - Anthony Maurin - 4 min  - vu 42 fois

NÎMES Animaux et légumes, les totems régionaux

Exposition occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

Exposition Occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

Foncez à la Maison de ma Région jusqu'au 26 février !

Exposition occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)
Exposition Occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

La Maison de Ma région à Nîmes, organise, du 13 au 26 février, une exposition intitulée « Les animaux et légumes totémiques, qu'es aquò ? », proposée par l'association Les Amis de la Baragogne. Cette association promeut depuis 10 ans la langue, la culture et les traditions d'Occitanie au travers de conférences, jeux pédagogiques, documentaires...

Cette exposition sur la tradition Occitane et plus particulièrement Héraultaise des animaux et légumes totémiques est un support de communication et de valorisation du patrimoine culturel immatériel. Présentés lors des fêtes locales de village, ces drôles de bêtes aux comportements étranges font partie des traditions ancestrales.

Rendez-vous aux fêtes de villages où ils paradent et déplacent avec eux une foule d’amateurs de traditions folkloriques. Petits et grands viennent alors se dandiner avec leur animal totem, au son de la musique traditionnelle occitane. Sous des apparences très désordonnées, leur déambulation est codifiée, ritualisée, toujours dans le but de créer des émotions fortes.

Du bouc de Paulhan en passant par l’âne de Bessan, le veydrac de Villeveyrac, le loup de Loupian, le bœuf de Mèze, le chameau de Béziers, le poulain de Pézenas, la chèvre de Montagnac, le volo biou de Saint-Ambroix, le drac de la Salvetat-sur-Agout, le rhynchite de Pomerols, le taureau de Portiragnes, la barogone de Saint-Christol, même le pois chiche de Montaren à son totem ! Vous l’avez compris, nombre de ces bestioles sont à retrouver du côté de l’Hérault, qui a su garder ses contes et légendes et, mieux, qui les fait vivre.

Exposition occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)
Exposition Occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

Autre histoire à découvrir, le Poulain de Pézenas. En 1226, Louis VIII, de passage à Pézenas, fut contraint de laisser sa jument qui était très mal en point. De retour, il fut ravi de la retrouver et de découvrir un adorable poulain. Pour célébrer cet heureux événement, il convia la ville à fabriquer un poulain en bois en souvenir de sa royale personne.

C’est ainsi que depuis Lo Polin (en occitan) est de toutes les fêtes de la Cité. En 1622, il va être chevauché par Estieinou et Estieinette, deux personnages en bois d’origine royale eux aussi. Le squelette de la bête se compose d’une armature semi-cylindrique qui est en aluminium depuis 1989. À l’origine, elle était en bois de châtaignier et pesait environ 360 kgs.

Le Poulain arbore une jupe bleutée parsemée d’étoiles et décorée du blason de la ville depuis la Troisième République. Ce jupon a changé de décoration selon les tendances politiques : des fleurs de lys pour le roi, des abeilles pour l'empereur, des étoiles pour la République. Neuf porteurs donnent vie à l’animal et lui font tendre son long cou qui peut atteindre 2,60m.

Le meneur, appelé aussi l’Hermès, brandit un crible d’avoine pour mieux aguicher et amadouer le Poulain et le mener dans un charivari de tous les diables. Il y a eu des générations de meneurs. Francis Auran dit « Pampille » a eu la palme de longévité en tant que meneur de 1968 à 1995.

Exposition occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)
Exposition Occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

Le meneur joue du tambourin suivi d’un cortège de grosses caisses, fifres et tambours qui font danser et virevolter l’animal et l’assistance endiablée. Ses sorties sont mémorables : Saint-Blaise, Saint-Jean, Martror, Nadal... mais son jour de gloire est le Carnaval dont il est le héros.

De son côté, la chèvre de Montagnac a une autre histoire. Vers 1200, la femme du consul souffre d’un mal étrange incurable. Arrive alors dans le village, un homme vêtu de haillons et accompagné d’une jolie chèvre blanche (cabra en occitan).

L’homme intrigue par sa constante bonne humeur et santé. Il raconte qu’il a un secret pour rester dans cet état. Le lait de sa chèvre est magique et guérit de tous les maux. Le consul lui promet alors une forte récompense s’il parvient à guérir sa femme. C’est ainsi que la chèvre est cédée à la condition qu’elle soit uniquement nourrie de sarments et de raisins pour conserver les pouvoirs miraculeux de son lait. En 1815, on relate une danse de la chèvre lors de la venue du Duc d’Angoulême qui a perpétué cette tradition. Dans les années 30, elle s’est essoufflée mais heureusement, en 1979, il y a un revival de la cabreta, grâce à la passion d’un homme exceptionnel, Vincent Diaz. C’est à lui que l’on doit sa danse chaloupée. Son squelette est grillagé.

C’est une chèvre-jupon, en fausse fourrure blanche décorée de rubans jaunes et rouges, feuilles et d'autres fanfreluches. Le cabri est guidé par le chevrier qui agite une branche de vigne pour l’aguicher et le rendre chèvre. Il lui fait exécuter une danse précise sur une mélodie spécifique avec les farandoleurs qui font la ronde autour de la biquette au son des tambourins, fifres, hautbois.

Un dernier pour la route, l’âne de Bessan ? Son histoire a plusieurs versions. Les habitants ont un faible pour le récit de l’âne à la foire de la Saint-Laurent. Au XVIᵉ siècle, les habitants paraient le plus beau des ânes et le faisaient parader dans le village. Accoutré d’une tenue qui n’était pas à son goût, l’âne s’enfuit et trouva refuge dans l’église. Depuis, à la fête de la Saint-Laurent, l’âne-totem participe à la messe du dimanche où le public assiste à sa bénédiction. Cinq jours de festivités pour célébrer la Saint-Laurent au mois d’août.

Exposition occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)
Exposition Occitanie animaux et légumes totétimiques (Photo Anthony Maurin)

Événement exceptionnel pour un animal totémique : pendant quatre jours, il va parader, faire le fou, danser, se ruer, se cabrer. Le cinquième jour, c'est le petit âne qui clôture les festivités. Sa carcasse, jadis en bois de châtaignier, est aujourd’hui en aluminium et sa tête est sculptée en mousse de polyuréthane. Sa queue est une vraie queue de cheval avec un gros nœud bleu blanc rouge. Sa jupe de jute est ornée de centaines de fleurs en crépon de toutes les couleurs avec rubans et grelots. Quatre porteurs dénommés les danseurs par les Bessanais lui donnent vie et arrivent à faire « l’Âne droit », véritable prouesse.

La place de meneur n’est pas de tout repos. Muni d’un fouet, il provoque des claquements qui excitent l’Âne, il fait tourner la bête en bourrique, qui danse de plus belle. Traditionnellement, l’Âne déambulait au son d’un tambour et d’un hautbois languedocien. Aujourd’hui, trois bandes de musiciens encadrent ses sorties.

La maison de ma Région à Nîmes, face aux arènes, du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h. Tel au 04 67 22 89 00.

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