À l’ombre du vénérable stade Jean-Bouin, la petite école André-Galan accueille environ 120 enfants, en comptant la maternelle. Dans ce vieux quartier nîmois, à l’écart du centre-ville, le lieu parait paisible. Mais il n’en est rien, car à certains moments, les étroites rues du secteurs sont aussi bouchées que l’A9 en plein été, et certains automobilistes ne se soucient pas des bambins qui entrent ou sortent de l’établissement. « Aux heures de pointe, c’est une autoroute. Il y a toutes les personnes qui viennent de Marguerittes qui passent là et puis il y a la route d’Uzès qui est proche », s'inquiète Caroline Cardon.
« On a demandé plus de signalisation, mais rien n’a été fait »
La maman de deux petites écolières (Anna, 8 ans, et Sacha, 11 ans) ne se sent pas en sécurité devant l'école : « Avec mes filles, je préfère faire le tour du quartier plutôt que d’avoir à traverser, j’ai trop peur. On a demandé plus de signalisation mais rien n’a été fait ». Alors, les parents d’élèves de l’école ont mis en ligne une pétition pour attirer l’attention sur cette problématique : « Parents : mobilisons-nous pour la sécurité de nos enfants devant l’école ! ».
Chaque jour, de nombreuses situations dangereuses devant l’établissement sont constatées : stationnements gênants, doublements de files, non-respect du passage piéton, vitesses excessives… « Le récent drame survenu devant une école de Nîmes, où un petit garçon a tragiquement perdu la vie, nous rappelle à quel point ces situations peuvent avoir des conséquences irréversibles. Nous ne voulons pas attendre qu’un accident survienne devant notre école pour agir » peut-on lire dans cette pétition.
« Cela fait plusieurs années que nous manifestons notre mécontentement. Il y a des personnes qui se garent sur le trottoir et il m’est arrivé de devoir, avec ma poussette, passer sur la route, et les voitures ne ralentissent pas. Dès qu’il y a un véhicule qui s’arrête pour déposer un enfant, ça bloque la circulation et les impatients doublent sans se soucier des petits. La rue manque de signalisation. Quand on appelle la police municipale, elle vient, mais ça reste ponctuel et nous aimerions quelque chose de pérenne. À chaque fois, c'est signalé sur le compte rendu du conseil d'école », souligne Johanna Gâté, la représentante des parents de l’école et qui a un fils (Adam, 8 ans) dans l'établissement.
« Depuis que le tram-bus utilise la route d’Avignon, nous constatons une grosse augmentation de la circulation »
Le problème de la sécurité routière rue Jean-Bouin n’est pas nouveau. Il y a trois ans, les trottoirs ont été élargis et des dos d'âne ont été installés, mais cela n’est pas suffisant. « Depuis que le tram-bus utilise une voie de la route d’Avignon, nous constatons une grosse augmentation de la circulation dans notre quartier et beaucoup de gens ignorent qu’il y a une école ici », constate Emeric Garcia, le président du comité de quartier Jean-Pitot Cavalier. C’est désormais la nouvelle municipalité nîmoise qui est interpellée pour qu’un nouveau drame ne vienne pas endeuiller la ville.