Objectif Gard : La réalisation du monument en l'honneur de Bernard Lazare vous encourage à continuer ou à prendre du recul dans vos projets mémoriels ?
David Storper : Ça nous incite à continuer parce que toutes ces histoires que nous diffusons auprès du public auraient certainement été oubliées.
Quels sont vos nouveaux projets ?
La mise en valeur de l’histoire du camp d’internement Saint-Nicolas. Au cinéma le Sémaphore, le film de Mariette Gutherz « Le Diable en Garrigue » a été projeté avec un vif succès. Il rappelle l’histoire du camp Saint-Nicolas et de la captivité de Lion Feuchtwanger, qui était un antinazi allemand. Avec les villes de Nîmes et de Saint-Anastasie, nous avons comme projet de faire une aire mémorielle sur la route départementale à proximité du camp des Garrigues pour permettre de diffuser l’histoire de ce camp qui est trop méconnue.
À quel niveau d’avancée est ce projet ?
Nous sommes en discussion avec le Conseil départemental du Gard et on est partis pour le réaliser à moyen terme. Nous aimerions un lieu permettant aux classes des écoles d’en savoir un peu plus sur cette histoire.
Que reste-t-il de ce camp d’internement ?
À l’époque, il était constitué de tentes et ce qu’il en reste, c’est le bâtiment administratif en pierres, mais à moitié dévasté. Ce sont des ruines qui peuvent être mises en valeur, mais comme c’est dans un camp militaire fermé au public, notre idée est donc de faire le lieu de mémoire sur la route départementale.
Qui était interné dans ce lieu ?
Au début de la Seconde Guerre mondiale, le président de la République Édouard Daladier a décidé que les dits « indésirables », c’est-à-dire les personnalités des nations de l’Axe (Allemagne, Italie et Japon, NDLR) mais également les légionnaires, car on a estimé qu’ils pouvaient être des suspects à la solde de l'ennemi. C’était peu pertinent puisque l’on enfermait des antinazis et des nazis.
Que s’est-il passé à partir de la capitulation de la France en juin 1940 ?
Il a été utilisé pour enfermer les malades psychiques et ensuite il a fermé.
Avez-vous d’autres projets ?
Oui, nous travaillons sur un lieu dédié à la Résistance et à la Déportation sous les arches de la gare de Nîmes. C’est un lieu chargé d’histoire puisqu’il y a eu les pendus de Nîmes et les convois qui passaient par là. À l’emplacement sur lequel il y a déjà une stèle, nous aimerions avoir une arche pour la Résistance et une pour la déportation.
Faudrait-il ouvrir des arches qui sont fermées ?
Oui et certaines sont inutilisées. Elles seraient mises à disposition de toutes les associations mémorielles et d’anciens combattants. Nous croyons que le tourisme mémoriel est un atout à développer à Nîmes et dans le Gard.
À quel horizon espérez-vous voir ces projets réalisés ?
Pour le camp d’internement Saint-Nicolas, sous deux ans, et pour les arches de la gare dans le mandat de la prochaine municipalité.