Publié il y a 1 an - Mise à jour le 20.11.2022 - La rédaction - 8 min  - vu 3245 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Franck Proust aéroport
Charmag

C'est dimanche. Il est 12 heures. Place aux coulisses de la politique gardoise !

Franck Proust aéroport
Charmag

Aboule le fric ! En juillet dernier, le conseil communautaire de Nîmes métropole avait acté la candidature de la collectivité pour le transfert de propriété de l’aéroport de Nîmes-Garons par l’État avec pour objectif de prendre pleine possession du site pour développer l’activité économique, développer le trafic passagers et les activités industrielles. Sauf que maintenant, il faut passer à la caisse. Et l’Agglo n'a pas l'intention d'être la seule à mettre la main au porte-monnaie. D'autant que cet équipement structurant du territoire a vocation à devenir l'épicentre de la Sécurité civile européenne. Alors, le 9 novembre dernier, Franck Proust, le président, a réuni la Région Occitanie, le Département du Gard, le ministère de l'Intérieur et la préfecture du Gard pour un tour de table sérieux afin d'acter la contribution pécuniaire de chacun pour finaliser le projet. Avant de rentrer dans le vif du sujet, l'Agglo a toutefois offert le café. Et le sucre qui va avec. Ainsi que quelques viennoiseries. Un moyen de faire passer la pillule en douceur. Deux sujets ont été mis à l'ordre du jour. La dizaine de millions d'euros pour financer la répartition des différents réseaux afin d'allotir les futurs m2. Et le rachat à l'État de l'aéroport, autour de 8 millions d'euros. Résultat sur les 18 millions d'euros nécessaire, seul le Département a validé l'octroi de deux millions d'euros. Une somme loin d'être suffisante. D'autant qu'à Nîmes métropole, on rappelle que les 2 millions d'euros correspondent parfaitement au précédent débours du conseil départemental du Gard vis-à-vis du syndicat mixte de l'aéroport dissout depuis... Du côté de la Région, pas question de financer non plus le besoin initial. L'investissement se fera dans un deuxième temps en fonction des projets économiques. La seule bonne nouvelle est venue de la préfecture du Gard qui a rappelé les différents dispositifs d'accompagnement possibles et l'étalement du rachat sur plusieurs années. Ou encore de l'État qui lors d'un récent échange avec l'Agglo de Nîmes à Paris a confirmé injecter 35 millions d'euros pour le rééquipement de la Sécurité civile. Mais tout cela ne satisfait pas entièrement Franck Proust qui aurait aimé que le Département et la Région soient davantage pro-actif. Et prennent beaucoup plus la mesure et la responsabilité immense de ne pas abandonner l'aéroport alors qu'il est promis à des projets industriels, à la formation aux métiers de l'aéronautique, au développement de la plateforme européenne de Sécurité civile et à l'activité de lignes commerciales. Du côté des équipes de la présidente de la Région, Carole Delga, pas question de se faire attendrir pour obtenir des sous. Au contraire, on pointe du doigt le manque d'ambition de Nîmes métropole ; voire les caprices de Franck Proust. L'un des élus présent à cette réunion explique à la sortie : "C'est une opportunité exceptionnelle pour Nîmes métropole. À ce prix-là, je ne vois pas pourquoi Franck Proust est frileux. Le financement se fait sur plusieurs années. Si l'Agglo de Nîmes n'est pas capable de mettre quelques petits millions d'euros d'investissement par an sur un rachat comme celui-là, il faut changer de métier et arrêter de faire de la politique." Franck Proust stratège ? Bien sûr ! Inquiet de la situation financière de l'Agglo et la crise économique qui pourrait connaître son apogée en 2023 ? Totalement ! Mais le président de l'Agglo n'a pas envie aussi de rincer tout le monde sans contrepartie. Lui qui a déjà acheté récemment 20 hectares au sud de l'aéroport de Nîmes pour une nouvelle zone d'activité. Alors difficile de dire que l'aéroport n'est pas sur le territoire de Nîmes métropole. Mais aujourd'hui qui bénéficie de l'équipement ? Uniquement les Nîmois ? Non, tous les habitants du Gard et au-delà. Dans un territoire où le chômage tutoie les sommets, il serait peut-être temps d'arrêter de se renvoyer la balle et de sortir le chéquier pour l'intérêt commun. Franck Proust a donc raison d'être exigeant. Il y a presque deux siècles, Émile de Girardin rappelait : "Gouverner, c'est prévoir et ne rien prévoir, c'est courir à sa perte." Il serait de bon ton que cette maxime soit dans toutes les têtes pensantes.

Les dîners chez Campello. Il y a quelques jours, Jean-Marc Campello, vice-président de Nîmes métropole, délégué aux Mobilités et infrastructures de transports et conseiller municipal de Nîmes a invité à sa table le maire Jean-Paul Fournier avec la complicité de l'une de ses proches, l'adjointe à la Culture, Sophie Roulle. Un dîner d'amis qui a rapidement viré aux perspectives politiques futures... Et devinez le thème ? Le prochain président de Nîmes métropole, si d'aventure Franck Proust est empéché. Et bien sûr le successeur du maire de Nîmes en 2026. Les deux petits élus se pensant malins en ont eu pour leur dîner, Jean-Paul Fournier ayant douché les quelques ambitions démesurées. D'abord son ami Franck Proust est loin d'être fini et pourrait parfaitement bénéficier d'une annulation de sa condamnation par la Cour de cassation. Et Jean-Paul Fournier a annoncé aussi par surprise son intention de poursuivre ses activités politiques au-delà de 2026. Et tenter pourquoi pas un 5e mandat ? Si la santé le lui permet nous dit-on... Et en terme de santé, il pète la forme à l'heure actuelle ! Alors, tout est possible.

Le nouveau Coral, c'est non (pour l'instant) ! En juin 2021, le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, annoncait pas peu fier la volonté de la municipalité de déménager les corrals, les enclos où sont parqués les toros de corrida avant d'être combattus dans les arènes, au domaine de Vallongue. Un site appartenant à Nîmes métropole bien plus grand que l'actuel lieu de la route de Beaucaire. Un déménagement prévu en 2024. Sauf que les derniers arbitrages budgétaires ont eu raison de cette ambition. Selon nos informations, le projet est a minima reporté de quelques années ; voire tout simplement abandonné. Aujourd'hui, la Ville entend plutôt réhabiliter le corral actuel. Les élus concernés seront ravis de l'apprendre...

La biennale, c'est oui ! Inscrit dans les projets du candidat Jean-Paul Fournier lors des Municipales 2020, la Biennale internationale d'art chère à l'adjointe à la Culture Sophie Roulle est de son côté bien partie. Une étude va être lancée très prochainement pour mener à son terme le projet envisagé sur 2024. Reste à savoir si la Ville aura les moyens dans la foulée de lancer aussi la fondation Claude Viallat, figure du milieu artistique nîmois, reconnu des habitants comme le prouve notre sondage exclusif avec Opinion Way sur les 30 personnalités préférées des Gardois où le peintre figure dans le top 10. Rappelons que ce projet est prévu à l'horizon 2026 au sein de la chapelle Saint-Joseph réaménagée à promixité du futur palais des congrès.

Les maires ne sont pas au bout de leurs surprises. Depuis une semaine plusieurs élus s’offusquent de la hausse de 6% des contributions communales versées aux pompiers en 2023. Une hausse décidée par le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) afin d’équilibrer son budget, grévé par l’inflation, la hausse du point d’indice des personnels et la saison feux de forêt. À Caissargues ou Marguerittes, certains maires sont en colère. Et ça ne risque pas de s’arranger… Un décret va diminuer les charges des grosses communes - dont les contributions sont importantes - et répercuter cette baisse sur les petites. Par exemple : la cotisation nîmoise de 8,5 M€ baissera de 200 000€ et cette baisse sera répercutée sur les villages des alentours.

Cordon sanitaire autour des élus départementaux. Nouvelle présidente, nouveau cabinet et nouvelles règles… Désormais impossible pour les visiteurs ou journalistes d’accéder aux élus dans l’hémicycle Simone-Veil. Une barrière en tissu fait office de frontière infranchissable, séparant d’un côté les sièges réservés au public ainsi qu’aux journalistes et, de l’autre, ceux où siègent les élus. Cette règle, nous dit-on, vient d’entrer en vigueur pour veiller à la tranquillité des édiles, afin qu’ils ne soit pas importunés. Importunés par qui ? D’autant que la plupart des sièges réservés au public sont le plus souvent occupés par les agents administratifs de la collectivité.

Franck Proust continue de solder le passé. Arrivé aux affaires il y a deux ans, le président Les Républicains de Nîmes métropole a succédé à son rival centriste, Yvan Lachaud. Le nouvel exécutif a dû assumer certaines décisions prises son prédécesseur, comme la communication de l’Agglo, gérée par l’Agence Binôme - aujourd’hui SARL Djack. Seulement pas question pour Franck Proust de travailler avec l’entreprise. D’autant que celle-ci, par la suite, s'est occupée de la campagne des Municipales d'Yvan Lachaud. Du coup, n’ayant reçu aucune commande la dernière année du marché, Binôme demande à être indemnisée. L’Agglo a mis de côté 40 000€ dans l’attente du règlement amiable du litige.

Le come-back du magazine de l’Agglo. Sacrifié à cause de la hausse des prix du papier, le dernier trimestriel de Nîmes métropole n’a pas été distribué en septembre dans les boîtes aux lettres. Il faut dire que le coût de production est passé de 50 000€ à 100 000€. Sur un budget com’ de 250 000€, ça pèse… Pas de panique, le journal institutionnel reviendra le 9 janvier, édité à 120 000 exemplaires. On ignore encore quel sera "le sujet qui fâche", l’une des rubriques du magazine. Peut-être la fin des subvention aux clubs féminins ?

Au revoir les gîtes, bonjour Paris ! Ça vous dit quelque chose, le colonel Langlais ? Arrivé en 2019 à Nîmes, Jean-Michel Langlais a pris la direction des pompiers du Gard. Une fonction qui lui a donné du fil à retordre, en particulier avec les manifestations du syndicat Sud auxquelles il a été confronté. Son départ était acté pour novembre. Initialement, le sexagénaire devait partir ouvrir des gîtes dans la tranquille région de l'Isère. Finalement après avoir été nommé contrôleur général par le président du SDIS, Alexandre Pissas, Jean-Michel Langlais est parti terminer sa carrière à l’inspection générale de la Sécurité civile. Qui sait, peut-être le reverra-t-ton dans le Gard, pour contrôler ses anciens camarades ?

Congrès PS : que fera Alexandre Pissas ? Depuis le ralliement du socialiste Pierre Jaumain au mouvement Refondation, les partisans gardois de la candidate à la direction du PS, Hélène Geoffroy, sont orphelins. Parmi eux Alexandre Pissas, maire de Tresques et vice-président du conseil départemental. Que fera ce dernier en vue du congrès ? Deux choix semblent s’offrir à l'élu, goûtant peu à l’union avec les Insoumis. Le premier consisterait à rejoindre le mouvement Refondation. Et par conséquent, son meilleur ennemi politique, le sénateur Denis Bouad ? Le deuxième serait d'être carrément le mandataire d’Hélène Geoffroy dans le Gard. Fin du suspense la semaine prochaine avec la fin du dépôt des textes pour le congrès de janvier.

Du nouveau chez Horizons. Le parti lancé par l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe, se structure dans le Gard. Ainsi, après une réunion récente, l’ancien député et président de Nîmes métropole, Yvan Lachaud a été désigné pour s’occuper du parti à Nîmes, et l’adjoint au maire de Bagnols/Cèze, Christian Baume, pour la même mission dans la troisième ville du Gard. Précisons que Christian Baume était auparavant délégué départemental d’Agir, le parti présidé par le ministre Franck Riester, qui a fusionné avec Renaissance (Ex-La République en marche). Horizons, même s’il fait partie de la majorité, a choisi de ne pas fusionner avec Renaissance. Quant à Philippe Pecout, présenté comme « très discret » au sein d’Horizons, il s’occupe toujours du Gard rhodanien pour le parti. Dans le Gard, ce dernier revendique cinq élus. Outre les noms cités plus haut, on y retrouve le maire d’Aigues-Mortes, Pierre Mauméjean, et celui de Montfaucon, Olivier Robelet.

Et le Festival de Nîmes édition 2023 ? Alors que l'année dernière à cette période, de nombreuses dates étaient déjà connues pour l'édition anniversaire du festival de musique nîmois, cette année, c'est le calme plat. Ou presque. Deux dates sont pour le moment avalisées : Michel Polnareff, le 8 juillet 2023, et le groupe Louise attaque qui sera dans les arènes quelques jours plus tard, le 21 juillet. Mais selon nos informations, la situation est en train de se décanter. D'ici la fin du mois de novembre, ce sont pas moins de six ou sept dates qui seront annoncées. Des artistes français en particulier. Car du côté des stars internationales, les négociations traînent en longueur.

La rédaction

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio