Il s’agit d’une première étape dans le cadre d’une procédure menée par la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence (CCBTA), en coordination avec les services de l’État, à laquelle quelques curieux ont pu assister ce mercredi matin, au niveau du chantier naval de Beaucaire.
Cette opération fait suite à près d’un an de démarches, depuis que la préfecture du Gard a délivré les arrêtés préfectoraux. Durant ce laps de temps, aucun propriétaire ne s’est manifesté – l’un d’eux laissant même derrière lui près de 30 000 euros de redevances impayées. Les dix embarcations concernées, dont une de 30 mètres de long, appartiennent désormais à la CCBTA, qui gère les ports du territoire.
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Au mois d'avril 2025, Juan Martinez, président de la CCBTA, accompagné de Didier Martorell, responsable des ports, évoquait déjà sa volonté d'évacuer ces bateaux, pour beaucoup très dégradés. D'une part pour libérer des emplacements, mais aussi dans le but "d'assainir l'image du port de Beaucaire", soulignait-il, en précisant également que l’une des embarcations était visiblement occupée de manière illégale, une situation susceptible de présenter des risques, notamment d’incendie, pour les autres embarcations amarrées à proximité.
Les premières évacuations ont donc eu lieu ce mercredi. Trois épaves ont été sorties de l'eau, reliées par des sangles à une grue de 48 tonnes. Sur le plan technique, la vétusté de certaines coques complique les opérations. "Sur les unités les plus lourdes notamment, il faut positionner les sangles au niveau des cloisons de renfort", explique Cyril Charluet, responsable qualité, sécurité, environnement et santé au sein de HR Levage. À défaut, la structure fragilisée pourrait céder sous la contrainte du levage.
Un quatrième bateau sera évacué demain, jeudi. Tous déposés sur des porte-chars de la société Transport Fréjus Bateaux, ils seront acheminés vers le site de déconstruction Epur à Marseille. Le coût de cette opération s'élève à 8 780 €, à la charge de l'intercommunalité. "Toute action a un coût, mais c'est au bénéfice de la sécurité des usagers, du paysage, indique Sandrine Sategan, responsable du service juridique de la CCBTA. On lutte également contre la pollution car ce sont des bateaux qui peuvent éventuellement couler."
Reste six autres bateaux à traiter. Parmi eux, le plus imposant – environ 80 tonnes – fait actuellement l’objet d’études spécifiques pour déterminer les modalités techniques de son évacuation. Un autre, le Noordzee, est à la vente. "Puisque la propriété a été transférée à la CCBTA, elle peut en disposer comme elle le souhaite. Celui-là, dans un état moyen, peut intéresser des personnes, lesquelles peuvent nous envoyer leurs offres jusqu'au 12 mars (*)", complète la juriste. Une expertise a été réalisée et un prix de réserve fixé. À noter tout de même que l'achat du bateau ne donne pas droit à une place au port et que l'acquéreur devra prendre en charge, à ses frais, son enlèvement.
*Par courrier au 1, avenue de la Croix Blanche - 30 300 Beaucaire / ou en déposant une enveloppe fermée à l'accueil de la CCBTA. Pour organiser une visite : 04 66 59 02 17.