Publié il y a 1 h - Mise à jour le 25.02.2026 - Olivier Lemierre - 4 min  - vu 248 fois

FAIT DU JOUR Le carnaval "sauvage" arlésien dégénère et s'invite aux municipales

Le carnaval "sauvage" s'est terminé par des affrontements entre les participants et les policiers.

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Vendredi soir, des heurts entre carnavaleux et policiers ont eu lieu sur les quais du Rhône, à Arles, faisant plusieurs blessés. Si Patrick de Carolis évoque "la violence d'extrême gauche", Jecilla Regad dénonce, quant à elle, les violences policières et l'instrumentalisation de la part du maire.

Dans un contexte national et municipal où toutes les manifestations publiques - et celles des jeunes en particulier - sont suivies à la loupe depuis le décès du militant d'extrême-droite Quentin Déranque à Lyon, la ville d'Arles a vécu vendredi dernier une soirée pour le moins tendue entre les policiers (municipaux et nationaux) et un groupe de 200 à 300 jeunes qui célébraient le Carnaval avant l'heure. Une soirée de fête traditionnelle avec de nombreux étudiants déguisés, sans organisateur déclaré, le propre d'un carnaval "sauvage", comme il en existe depuis de longues années à Arles, comme ailleurs.

La nuit venue, les carnavaleux ont donc arpenté les rues et les bars de la ville, puis ont pris le chemin des quais du Rhône en musique, dans la bonne humeur, pour brûler la marionnette accusée de tous les maux. Au bord du fleuve, éloigné de toute végétation, aucun risque de propagation de feu.

Pourtant, ce qui devait rester bon enfant dégénère vers la fin de soirée, lorsqu'un des participants, celui qui a allumé le feu semble-t-il, est interpellé par les forces de l'ordre. Les festivaliers s'interposent. Une personne "extérieure au carnaval" selon des témoins, se serait alors emparée d'une bombe lacrymogène des policiers. L'engin aurait explosé et fait des blessés, des deux côtés, dont deux blessés légers côté police. Les affrontements verbaux et physiques ont redoublé. Un carnavaleux a été placé en garde à vue, puis relâché le lendemain, sans suite judiciaire. Deux autres ont été arrêtés pour état d'ivresse.

Déjà, l'an dernier, le carnaval "sauvage" avait été dans le collimateur de la police et de la mairie. Un carnavaleux avait écopé d'une amende pour élimination non autorisée de biodéchets par brûlage.

Le maire condamne

Patrick de Carolis n'a pas tardé à réagir aux faits dans un communiqué intitulé "Stop à la violence d'extrême gauche". "À l'issue de ce rassemblement non déclaré en toute violation des règles, deux agents de la police municipale et deux agents de la police nationale ont été violemment pris à partie et frappés lorsqu'ils ont voulu faire évacuer les lieux, a écrit le maire, dès samedi, sur ses réseaux. Je condamne avec la plus grande fermeté ces violences inacceptables commises par des individus issus de l'extrême gauche radicale, qui refusent toute règle et s'attaquent physiquement et verbalement aux forces de l'ordre. Un individu est même parvenu à arracher la bombe lacrymogène d'un agent, blessant gravement à l'œil un policier municipal. Bilan : deux policiers nationaux blessés, deux policiers municipaux blessés et transportés à l'hôpital, trois participants interpellés et placés en garde à vue". Et de poursuivre : "La liberté de manifester est un droit. Mais elle se déclare et s'organise dans un cadre légal".

"Stop aux violences policières"

Des propos qui font réagir la candidate Jecilla Regad. La tête de liste d'union officielle entre LFI, Changeons d'avenir et les Écologistes répond au maire. Tout aussi cinglant, son communiqué "Stop aux violences policières et aux mensonges de Patrick de Carolis", dénonce "l'instrumentalisation à laquelle se livre M. de Carolis." Une instrumentalisation "irresponsable et indigne de sa fonction de maire garant de l'ordre public et de la protection de ses administrés. Il se trouve que trois de nos colistières étaient sur place lors de la tentative d'interpellation d'un carnavalier ayant mis le feu à Caramentran. L'une d'elles fait partie des nombreux blessés. Vingt-quatre autres au moins. À cause d'une gestion inadmissible de l'ordre public".

À la lumière de témoignages, de photos et de vidéos, Jecilla Regad affirme que "des violences policières caractérisées ont eu lieu ce soir-là, avec une utilisation de la force disproportionnée, et très brutale avec des jets de lacrymo à bout portant dans les yeux". "Nous avons établi la preuve formelle que l'individu qui a tenté de dérober une bombe lacrymogène à un agent de police nationale est extérieur au cortège du carnaval. Non déguisé, cet individu a été attiré par le dispositif du maintien de l'ordre dans un objectif de confrontation. Nous condamnons ces actes mais tenons à rappeler que cet homme ne se serait aucunement intéressé à cet évènement sans une présence policière démesurée." Pour la candidate, la réaction de Patrick de Carolis "relève d'une stratégie de communication tentant d'inverser la charge de la violence produite. Sans cette tentative de criminalisation du carnaval sauvage arlésien, personne n'aurait été blessé."

Pas d'interdiction l'an prochain

Si Patrick de Carolis venait à gagner les élections au soir du 22 mars, le carnaval "sauvage" serait-il interdit l'an prochain ? "Non", répond Mandy Graillon, l'adjointe à la Sécurité et pressentie pour être 1ère adjointe. "Nous n'avons aucune volonté de l'interdire, même si deux années de suite il a dégénéré. Mais il faut, au minimum, qu'il soit déclaré afin qu'il y ait une trace quelque part, un mail en préfecture, que l'on puisse mettre en alerte les pompiers et la police. La règle est la même pour tous, surtout si on utilise le feu, la nuit en centre-ville. Même s'il n'y a pas de responsable officiel, il y a bien quelque part des organisateurs, ceux qui invitent à y participer."

Le carnaval "non sauvage" et très officiellement organisé par la Ville aura lieu ce dimanche 1er mars, dans le centre d'Arles. 

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