Dans le cadre de son plan régional d'actions contre le racisme et l'antisémitisme, la région Occitanie rend hommage aux Justes parmi les Nations, et organise en partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem, une série de cérémonies d'hommage et de dévoilement de plaques commémoratives. Elles visent à honorer celles et ceux qui, au péril de leur vie, ont sauvé des familles juives lors de la Seconde Guerre mondiale, et à transmettre aux jeunes générations la mémoire et l'exemplarité de leurs actes.
La commune de Calvisson fait partie de ce grand programme, et a apposé sa plaque commémorative sur la façade de l'ancienne école du quartier de Sinsans. Ce vendredi, elle fut dévoilée et honorée par la présence de nombreuses institutions et soutiens de la cause, réunis lors d'un hommage solennel. Jeanne Albouy a sauvé au péril de sa vie la famille Wulwek-Heller, composée de cinq personnes. "À une époque où la peur dominait, où la dénonciation était encouragée, où l'inhumanité semblait devenir la règle, Jeanne Albouy a choisi une autre voie, celle du courage, de la conscience et de l'humanité. Aider, cacher, protéger, ces gestes qui nous paraissent évidents sont alors des actes de résistance d'une portée immense, accomplis dans le silence, sans attente de reconnaissance", déclare Véronique Martin, première adjointe au maire de Calvisson.
"Célèbres ou anonymes, de tous âges et origines, de toutes appartenances politiques ou religieuses et milieux sociaux, ces hommes et femmes d'honneur avaient pour dénominateur commun, le respect des valeurs morales, le rejet du fascisme et le courage d'agir malgré les risques", rappelle Michaël Iancu, délégué régional pour le comité français de Yad Vashem. "On est des militants, pour vous rappeler et vous accompagner à chaque instant autour de ces valeurs d'humanisme", ajoute le conseiller régional Henry Brin. "C'était une femme exceptionnelle et courageuse, qui a accompli un acte de bravoure malgré les risques encourus", raconte Serge Marignan, son petit fils.
En 2019, la municipalité de Calvisson lui avait déjà rendu hommage à travers une émouvante cérémonie, donnant notamment son nom à l'ancienne école de Sinsans. Le 20 février, toujours au même endroit, c'est une piqûre de rappel qui s'effectue, dans une période compliquée. "Comment admettre qu'en 2026, nos amis français de confession juive ne se sentent pas en sécurité dans notre pays ? Il est inadmissible que de nos jours, un catholique, un protestant, un musulman, un juif et un athée ne puissent pas coexister dans tous nos villages de France", s'indigne Laurent Burgoa, sénateur du Gard. Ainsi, ce travail adressé aux générations futures, est un engagement pour transmettre la mémoire et lutter contre l'oubli, l'indifférence et la haine.