C’est l’un des faits politiques majeur de la semaine dernière. Jeudi, par voie de communiqué, Denis Bouad, 73 ans, déclarait : « J’ai décidé de présenter ma candidature aux prochaines sénatoriales. » Un revirement politique après sa volonté de passer la main, notamment à la conseillère régionale de Vauvert, Katy Guyot, qui a finalement retiré sa candidature. À présent, place à la composition de la liste. La deuxième place reviendrait à une représentante du Parti communiste, Cathy Chaulet. Quant à la troisième position, loin d’être anodine, elle pourrait être confiée à Juan Martinez.
Juan Martinez, fidèle parmi les fidèles
Proche du sénateur sortant, le maire de Bellegarde a toujours pris la défense de Denis Bouad : « Sans tambour ni trompette, il a toujours été présent, dans les crises comme au quotidien, pour défendre les territoires, en lien avec l’État, la Région et le Département. » La troisième place pourrait être particulièrement stratégique : « Juan Martinez pourrait devenir sénateur si Denis Bouad venait à démissionner en cours de mandat », glisse l’une de nos sources. Les quatrième et cinquième places seraient réservées aux partenaires de gauche, comme les Écologistes et le Parti radical de gauche.
À gauche, les choses sont-elles rentrées dans l’ordre ? Pas sûr… La décision de Denis Bouad a mis un terme aux ambitions de certains camarades. Mais peut-être pas tous (lire ici)... De plus, l’épisode a cultivé, voire créé, des rancœurs. Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès et ami de Denis Bouad, qui souhaitait ardemment prendre sa suite, sort fragilisé de la séquence. Quid d’Alexandre Pissas ? Le maire de Tresques et patron des pompiers du Gard a fait du mandat de sénateur son bâton de maréchal. Après le couac de 2020 - son investiture donnée par les militants puis son retrait par le national - que fera le vrai patron de la fédération gardoise ? Celui à qui Pierre Jaumain, premier fédéral, doit son élection… Soumettra-t-il sa candidature au parti ?
Carole Bergeri, le vote refuge ?
Enfin, la tribune des personnalités de gauche soutenant Denis Bouad a jeté le trouble parmi quelques élus de gauche. « On ne m’a jamais appelé… », commente un socialiste du nord du département. « Moi non plus, je l’ai appris par hasard… », commente un autre, qui voit derrière cet appel « une manœuvre annonçant les prochaines élections départementales ». Que feront ces élus ? Si certains voteront par amitié ou conviction, d’autres se laisseront peut-être tenter par Carole Bergeri, conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit et ex-numéro 2 de Denis Bouad aux sénatoriales de 2020.
Le sénateur sortant semble faire comme si elle n’existait pas… La candidate, « de gauche » mais non encartée, dispose déjà de quelques soutiens sur son canton, mais aussi du côté du Vigan. Certains élus ne cachent plus leur agacement à l’égard du sénateur sortant : « Denis Bouad, on ne l’a vu que rarement... Quand il vient, il a plutôt tendance à s’écouter parler », glisse un édile. Le feuilleton de sa candidature n’a rien arrangé. « Dans ce contexte, Carole Bergeri pourrait apparaître comme une porte de sortie honorable pour les élus de gauche en quête de cohérence », confie l’un de ses soutiens. À suivre…