Depuis des années, l’idée s’est installée : les Français se détourneraient de la politique. Fatigués par celles et ceux censés les représenter, ils ne croiraient plus aux promesses de changement face à un quotidien toujours plus contraint. Pourtant, la réalité semble contredire cette analyse. Les législatives anticipées provoquées par la dissolution décidée par le chef de l’État ont rappelé que, lorsque les enjeux paraissent majeurs, l’intérêt politique peut revenir. Entre les deux tours, à l’été 2024, la perspective d’une arrivée massive de l’extrême droite à l’Assemblée nationale a suscité une mobilisation importante, notamment chez les jeunes et dans certaines catégories populaires. À quelques jours du premier tour des municipales de 2026, un faisceau d’indices apparaît. Les réunions publiques se remplissent, les échanges sont nombreux sur les réseaux sociaux. Comme si les habitants voulaient à nouveau prendre part aux décisions qui concernent directement leur quotidien. Il faut dire que les municipales de 2020 avaient laissé un sentiment de frustration. Organisées au cœur de la crise de la covid, elles s’étaient déroulées dans un climat anxiogène, sur fond d’inquiétude sanitaire. La participation, finalement, avait été médiocre. Cinq ans plus tard, le contexte est tout autre. À Nîmes, certains signes sont difficiles à ignorer. Hier dimanche, la liste Nîmes en commun a rassemblé plus de 1 000 personnes à la halle des sports Ludivine-Furnon. Une affluence remarquable pour un dimanche pluvieux, à la veille de la rentrée scolaire. Et dans la salle, il n’y avait pas seulement des militants communistes et socialistes. On y trouvait aussi des habitants qui disent se sentir laissés pour compte depuis longtemps. Des Nîmois en attente de changement, mais aussi d’apaisement. Et davantage d’écoute. Est-ce le signe d’une nouvelle manière de faire de la politique, plus en phase avec l’époque ? Attention toutefois : un meeting, même réussi, ne préjuge jamais du verdict des urnes. Reste à savoir donc si cette mobilisation ponctuelle reflète un mouvement plus large, capable de se traduire dimanche prochain dans les bureaux de vote ? Même si quelques fois la politique recommence aussi par une salle pleine, un dimanche de pluie.
Publié il y a 39 min -
Mise à jour le 09.03.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Quand la politique remplit encore les salles
Les réunions publiques de Nîmes en commun font le plein depuis le début de la campagne.
- Photo Anthony MaurinRéunions publiques pleines, discussions animées sur Internet : à quelques jours du vote, la campagne municipale semble mobiliser davantage qu’annoncé.
Il vous reste 80% de l'article à lire.
Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !
Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :
- Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
- Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Abdel Samari