Objectif Gard : Assis dans l’hémicycle avec les autres élus, vous êtes aujourd’hui à la tribune, à la gauche de Vincent Bouget. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Rémi Nicolas : Effectivement, c’est la première fois que je me retrouve à la tribune. C’est une responsabilité importante de se retrouver premier vice-président. Il y a toute une politique à mettre en place avec le nouveau président, de nouveaux projets à élaborer. Le fait que Vincent Bouget (président de l’Agglo, NDLR) me confie cette vice-présidence, je le vis comme un honneur personnel. C’est aussi un honneur pour le village, Marguerittes, qui est représenté au plus haut niveau.
Rémi Nicolas « au cœur du réacteur »
C’est un signe de reconnaissance pour « service rendu » ? Vous avez été un artisan de la victoire de Vincent Bouget à la présidence de Nîmes Métropole…
Ça y participe aussi, évidemment. Ce que l’on ne voulait surtout pas, c’est un bloc des maires contre la ville-centre. Finalement, on est arrivé à constituer un groupe au sein de la majorité, le groupe IEC (Intérêt et esprit communautaire). Il rassemble la plus grande part des maires : 16 communes pour 29 membres. Il y a eu aussi la volonté de Vincent Bouget d’avoir un maire premier vice-président et qui, politiquement, est…
…Vous sentez-vous mieux dans la majorité d’un président de gauche conduite par Vincent Bouget ou celle de Franck Proust, ex-président LR ?
Ma fibre est à gauche. J’ai beaucoup aimé travailler avec Franck Proust. On a bien travaillé ensemble. Humainement, on s’est bien entendus. Il m’a laissé porter ma délégation les mains libres. Là, mon champ de compétences est plus élargi. Je suis plus au cœur du réacteur que je ne l’étais avant. Je suis en étroite relation avec Vincent Bouget. Ce n’est pas que je suis plus à l’aise, c’est que je suis plus impliqué.
Mais concernant les orientations politiques ?
Aujourd’hui, nous n’avons pas encore posé les grandes orientations sur les grands sujets. On ne mesure pas les évolutions sur les transports, sur la gestion de l’eau, le développement économique... Les grands enjeux de Nîmes Métropole.
Quel regard portez-vous sur la construction de l’exécutif communautaire ? Notamment le choix de ses vice-présidents et de leur délégation.
Pour y avoir participé activement, je crois que nous avons une participation équilibrée avec les trois grands groupes de la majorité représentés en fonction de leur poids politiques : cinq vice-présidences pour la majorité nîmoise, huit pour le groupe IEC et deux pour PNM (Pour Nîmes Métropole). On voit aussi la volonté de la ville de Nîmes de laisser la place politique aux maires. Le président a laissé faire chaque président de groupe pour répartir les différentes délégations, sans mettre de veto sur telle ou telle personne.
En quoi consiste votre délégation « aménagement du territoire » ?
Je vais rencontrer les services la semaine prochaine. C’est une délégation transversale qui est au cœur de nombreux sujets comme l’urbanisme, le tourisme, l’habitat, le développement économique… L’idée est de jouer un rôle de coordination, d’harmonisation de nos politiques. C’est la mise en place d’un schéma d’aménagement global. Il sera bien sûr en lien avec les organismes partenaires, comme le Scot Sud Gard, les EPTB, qui participent à l’aménagement de notre territoire dans leurs compétences respectives.
Fonds de concours : « Je souhaite faire évoluer la doctrine »
Vous avez souhaité conserver la délégation des fonds de concours. Ces précieuses subventions versées aux communes. Pourquoi ? La doctrine va-t-elle changer par rapport à celle mise en place sous l’ancien président Franck Proust ?
C’est une belle délégation. Vincent Bouget voulait que ce soit un maire qui conserve cette prérogative. Le fait de la confier au 1er vice-président, c’est aussi de montrer l’importance des fonds de concours. Oui, je souhaite faire évoluer la doctrine, en fonction du projet politique que l’on portera. Il y a des domaines sur lesquels on ne vient pas, comme les investissements liés à la gestion de l’eau. On pourrait éventuellement faire disparaître certaines thématiques qui n’ont plus lieu d’être… Il faut aussi faire évoluer les fonds de concours pour que les maires des petites communes puissent bénéficier d’une doctrine dérogatoire afin de pouvoir percevoir des fonds de concours.
Pourquoi ? Quel est le problème ?
Aujourd’hui, les fonds de concours viennent financer de lourds investissements. Les petites communes, elles, n’ont pas de tels projets. À Mauressargues ou Sauzet par exemple, il n’y a pas de construction de gymnase ou de grandes salles des fêtes. Par contre, ces mairies peuvent avoir d’autres problématiques comme la voirie. Aujourd’hui, on ne finance pas ces thématiques. Preuve en est : pour les petites communes comme Mauressargues, nous sommes allés au-delà de l’euro par habitant en allouant un montant de 100 000 €. Ils ne sont pas arrivés à les consommer.
Enfin, Nîmes Métropole doit-elle se doter de nouvelles compétences ?
L’an prochain, Nîmes Métropole fêtera ses 25 ans. Je l’avais déjà dit pour les 20 ans… Il est temps de se poser la question sur l’évolution de l’agglomération. Il y a une attente des maires, de manière générale, sur la petite enfance, la restauration scolaire, les équipements sportifs, le sport de haut niveau ou même la santé ! Je crois que le président l’a entendu quand il a rencontré les différents maires. On n’a pas pu le faire sous le dernier mandat, ça a été mon regret d’ailleurs…
Vous êtes d'ailleurs pour le développement des équipements communautaires...
Le problème de l’Agglo, c’est que les équipements structurants sont nîmois, comme Paloma ou Nemausa. On pourrait imaginer une reprise des équipements comme les piscines qui deviendraient donc communautaires. Ça permettrait de mettre en place une politique du savoir-nager qui fait défaut à nos jeunes. Bref… Des exemples, il y en a plein. Il faut que l’Agglo évolue sur ces sujets-là.