Ce sont des travailleurs de l’ombre qui participent - plus qu’on ne le croit - à la prise de décision politique. Au lendemain de sa victoire à Nîmes, Vincent Bouget a invité à déjeuner un certain Alain Nersessian. Un homme au profil aussi enrichissant qu’atypique, ancien président du FC Martigues et directeur général des services de Port-de-Bouc, ville de 15 000 habitants de l’autre côté du Rhône. Le nouveau maire de Nîmes s’apprête à faire sa demande : proposer au Bucco-Rhodanien le poste de directeur de cabinet.
« Le rôle du cabinet est d’accompagner le maire (…) Aujourd’hui, il n’y a que des défis à relever, après 25 ans de gestion d’une même équipe municipale. Il faut regarder ce qui marche, ce qui fonctionne moins… », explique Alain Nersessian. Le néodirecteur le reconnaît : ne pas être issu du territoire nîmois peut parfois être un handicap. Pour combler ce manque, il peut s’appuyer sur les connaissances du jeune Hugo Carlos, 28 ans, dont 10 passées avec le Parti communiste, et Vincent Bouget.
Hugo Carlos, fidèle parmi les fidèles
« J’ai rencontré Vincent lors du mouvement Nuit debout. Une mobilisation étudiante contre la loi Travail de 2016 », se souvient celui qui est aujourd’hui le papa d’un petit garçon. « Lui et des militants communistes m’ont proposé leur aide sans rien me demander en retour. » L’année suivante, Hugo Carlos adhère au PC : « On a fait des campagnes, on a perdu, gagné… On a aussi participé aux manifestations sur différents sujets. » Titulaire d’un master en histoire, Hugo Carlos a été recruté par le département au service Politique de la ville. Une fonction qu’il a quittée pour entrer au cabinet.
En plein démarrage du mandat, les collaborateurs font souvent office de couteaux suisses, mettant à profit leurs compétences : « Je m’occupe plus particulièrement de l’agenda, des relations avec l’administration. Je peux aussi être amené à intervenir sur des dossiers. » Nouvelle recrue, Liséa Donadille, 28 ans, a rejoint Vincent Bouget plus récemment. « Elle a été sensible à la démarche de démocratie participative Si je vous dis Nîmes », souffle un proche du maire. Originaire de Bouillargues, la jeune femme a traversé le Rhône pour travailler à Arles, salariée de l’association CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement).
Au cabinet, sa mission est plutôt ciblée sur les questions de démocratie participative et les relations avec les quartiers. Une autre jeune femme vient récemment d’intégrer le cabinet : Anne Pernet. « Originaire d’Alès, son père était journaliste à La Marseillaise », raconte un communiste. Aattachée territoriale, Anne Pernet occupait le poste de cheffe du service culture à la Communauté de communes Terre de Camargue avant de rejoindre Vincent Bouget à Nîmes.
Quelle taskforce à l’Agglo ?
Et à l’Agglo ? Vincent Bouget a aussi constitué sa taskforce communautaire. Dans le casting, Alain Nersessian voit son poste mutualisé et travaillera à 40 % pour Nîmes Métropole (60 % à la Ville, NDLR). Un autre communiste a traversé le Rhône : Nicolas Koukas, chef de cabinet à Port-de-Bouc et opposant au maire d’Arles, Patrick De Carolis : « Nous avons une belle équipe, enthousiaste. Ma mission est d’apporter mon expérience : je vais attaquer ma 26e année d’élu municipal. » Alain Nersessian et Nicolas Koukas sont de vieilles connaissances, dont l'amitié s'est nouée à Port-Saint-Louis : le premier y occupait le poste de directeur des sports, tandis que le second était directeur de cabinet.
Enfin, Émilie Grand complète l’équipe, en relation directe avec les maires des communes. La jeune femme connaît plutôt bien ces édiles : ancienne attachée parlementaire du sénateur socialiste Denis Bouad, elle a également été cheffe de cabinet au Conseil départemental du temps de la présidence de celui-ci. À noter qu’une nouvelle recrue devrait compléter l’équipe de Vincent Bouget. Son arrivée est prévue à la rentrée.
Et aussi : le cabinet de Vincent Bouget regroupe ainsi trois collaborateurs à la Ville et deux à l’Agglo. Le poste d’Alain Nersessian est, quant à lui, mutualisé entre les deux structures.