Publié il y a 1 h - Mise à jour le 28.03.2026 - Coralie Mollaret - 4 min  - vu 590 fois

FAIT DU JOUR Vincent Bouget, maire de Nîmes : la consécration

Ce vendredi en conseil municipal au palais des congrès

Ce vendredi en conseil municipal au palais des congrès 

- @Yannick Pons

À Nîmes, l’ère Bouget vient de commencer. Ce vendredi, depuis le palais des congrès, le nouveau maire a fait élire ses 22 adjoints, issus de sa liste d’union de la gauche. Il a également goûté aux premières déclarations de ses opposants.

La scène, ce vendredi soir, aurait pu être peinte par l'un de ses grands artistes italiens. Un tableau dont l’instant, figé, est tellement narratif. Après 25 ans de règne de la droite, la gauche s’est emparée du pouvoir. Si la victoire est collective, l’homme qui l'a portée s’appelle Vincent Bouget. Un professeur d’histoire-géographie de 46 ans. Trente ans après l’ère Clary, le communiste fait goûter à nouveau le calice du pouvoir à la gauche. Au palais des congrès, ce conseil municipal d’installation n’était pas sans ironie. Un clin d’œil, perfide, de son prédécesseur, Jean-Paul Fournier. Absent du conseil, il a, par le choix du lieu, envoyé un dernier message à ses opposants, qui ont régulièrement poussé des cris d’orfraie sur le coût de l’édifice… pharaonique.

L’écharpe a été amenée par une lauréate du Concours national de la Résistance et de la Déportation
L’écharpe a été amenée par une lauréate du Concours national de la Résistance et de la Déportation • @Yannick Pons

Assis, les 59 élus de la liste Nîmes en commun sont les nouveaux acteurs du jeu politique nîmois. La doyenne, Monique Boissière, ouvre la séance. Cette ex-adjointe de la municipalité, déléguée aux anciens combattants, est l’un des nombreux exemples illustrant la décrépitude de la droite. Répudiée par le candidat LR, Franck Proust, Monique Boissière a trouvé refuge, comme d’autres, dans les bras chaleureux du candidat RN Julien Sanchez. D’ailleurs, le Rassemblement national est aujourd’hui la première force d’opposition à Vincent Bouget. Une force, certes tonitruante, mais lilliputienne au regard du nombre d’élus : 11 élus d’opposition contre 49 élus de la majorité de Vincent Bouget, vainqueur du second tour des municipales avec 41 %.

« Aujourd’hui dans l’opposition, demain nous serons une alternative »

Lors de l’annonce des noms des nouveaux conseillers municipaux de la mandature, les huées du public, écoutant religieusement ce nouveau casting, ont éclaté. Vincent Bouget fait signe à l’assistance de se calmer. Celui qui s’apprête, dans quelques minutes, à être maire veut être « le maire de tous les Nîmois. » Et à Nîmes, dans la cité des Antonin, les trois quarts ont le cœur à droite, voire très à droite.  Julien Sanchez n’a que faire des huées, au contraire, il réplique : « Vous allez apprendre à ce que chacun puisse s’exprimer, même s’il a un avis contraire au vôtre. » Comme il l’a fait à Beaucaire ? Ce n’est toutefois pas le seul message de l’opposant. Le frontiste s’en est pris, ce vendredi soir, non pas à la gauche mais frontalement à la droite. Une droite qu’il espère continuer d’absorber : « Nous avons réalisé 30,5 % au premier tour. C’est un record historique. À Nîmes, nous avons la droite la plus bête du monde, celle qui a refusé notre main tendue. Franck Proust porte une responsabilité immense. »

Franck Proust, lui, est toujours là. Fébrile mais toujours là. Sa présence, au palais des congrès, là où d’autres sortants désertent le front de l’opposition, en témoigne. Mais pour combien de temps ? L’ancien candidat LR, torpillé par la succession impréparée de Jean-Paul Fournier annonce se muer en « opposition constructive et exigeante ». Siègera-t-il toute la durée du mandat ? Ce soir, la cruauté de la politique a encore frappé : à l’annonce de son nom, les huées étaient presque tout aussi fortes que celles adressées à Julien Sanchez. Vox populi, vox Dei ? Enfin, troisième leader de l’opposition : Julien Plantier. Lui a choisi de faire bande à part, en créant son propre groupe. Répudié par sa famille politique, l’ex-premier adjoint, 40 ans, prend date : « Nos électeurs ne disparaissent pas avec le scrutin, ils rentrent avec nous dans cette assemblée. Nous serons une opposition vigilante et constructive (…) Aujourd’hui dans l’opposition, demain nous serons une alternative. »

« Des catholiques, des protestants, des musulmans, des athées »

L’élection solennelle du maire aura été une formalité : 42 voix pour, 11 voix pour Julien Sanchez, qui a souhaité se présenter, et… une voix pour Franck Proust, qui, lui, n’avait rien demandé. De quoi remettre une pièce dans la machine de ses contempteurs. Désormais c’est officiel, Vincent Bouget est le nouveau maire de la capitale gardoise. Beaucoup d’émotion dans les yeux de ses proches, de sa mère Nathalie Bouget au premier rang. Sa numéro 2, Amal Couvreur, lui ceint l’écharpe, lui glissant quelques mots à l’oreille. Les deux élus s’embrassent. Vincent Bouget est entré au palais des congrès candidat, il en ressort premier magistrat. Dans son discours d’investiture, l’édile assure ne pas oublier « ceux qui ont voté pour d’autres listes et je n’oublie pas non plus les 40 000 Nîmois qui ne sont pas allés voter ».

@Yannick Pons

Seulement élu, il porte haut et fort ses valeurs : « Le 22 mars, les Nîmois ont fait le choix de la solidarité, le choix de poursuivre l’histoire ouverte et solidaire de notre ville, construite par des générations d’habitants venus de toute la France, des Cévennes, d’Italie, d’Espagne, du Maghreb et de plus loin encore. Une histoire écrite par des catholiques, des protestants, des musulmans, des juifs, des athées. » Sous le regard de son nouveau directeur de cabinet, le Marseillais Alain Nersessian, ex-patron de l’administration à Port-de-Bouc, Vincent Bouget entend faire de Nîmes « une grande ville méditerranéenne ». Et de prendre à nouveau cet « engagement » : « pour toutes les années à venir, je garderai toujours cette attention et cette proximité ». Enfin, Vincent Bouget a rappelé une autre promesse : « rendre le pouvoir aux Nîmois ». Ce partage passe, en premier lieu, par l’élection de 22 adjoints, dont cinq « spécialement chargés des quartiers ».

Une équipe plurielle

Dans les 22 élus, des anciens compagnons de route de l’opposition comme Jo Menut, Corinne Giacometti, Bruno Ferrier. Si la première a une petite expertise avec le CCAS de Nîmes, la deuxième, socialiste, pourrait être intéressée par les festivités, quand Bruno Ferrier, lui, a quelques accointances avec le sport. Le groupe des socialistes devrait avoir de grosses délégations, comme la sécurité. Et, les historiques, les camarades communistes, devraient agir dans leur domaine de prédilection. Le nouvel adjoint à la Culture s’appellera-t-il prochainement Denis Lanoy ? À suivre… Les délégations seront dévoilées prochainement par arrêté du maire. Après l’état de grâce sorti des urnes, le plus difficile reste à venir pour Vincent Bouget. Dans une ville où, il l’a rappelé, « 45 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. »

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