Il est toujours là. « Il », c’est l’ancien maire de Sommières, Pierre Martinez, disparu des radars depuis sa défaite aux municipales. Un coup dur pour le professeur d’histoire-géographie au lycée Camus à Nîmes qui était aussi président du Pays de Sommières, de l’EPTB Vidourle ainsi que du PETR Vidourle Camargue. Dans son jardin, polo bleu et lunettes rondes, le déchu dénonce « une entreprise de destruction, de mensonge, de désinformation », lancée par ses successeurs. Sont visés le nouveau président de la communauté de communes du Pays de Sommières, Jean-Michel Andriuzzi, et Stéphane Porret, le maire de Sommières.
Voiture de fonction et cumul des mandats
« Ça fait deux mois et demi que les élections ont eu lieu. Je souhaitais revenir vers vous pour passer un coup de gueule ! », lance Pierre Martinez. L’ancien maire s’en prend d’abord à Jean-Michel Andriuzzi, président du Pays de Sommières : « Dans une prise de pouvoir très volontariste, il a expliqué qu’il faisait des économies en supprimant la voiture du président. C’est une folie de dire ça ! C’est faux, archifaux ! » Pierre Martinez n'aurait donc jamais eu de voiture de fonction ? Vraiment ? Un bordereau de paiement de l’intercommunalité, qu’Objectif Gard a pu consulter, mentionne bien un « véhicule hybride Captur président », dont la location, en janvier, était de 424 €, pour un montant annuel d'environ 6 000 € (assurance et essence comprises). « Cette voiture était utilisée par l’ensemble de la direction, comprenant la directrice générale et le directeur de cabinet », défend un membre de la précédente majorité.
Pierre Martinez poursuit sa charge, cette fois, contre le nouveau maire de Sommières, Stéphane Porret : « Il a été l’apôtre du mandat unique, nous expliquant que le maire, que j’ai pu être, ne faisait pas bien son travail parce qu’il cumulait. » En effet, Pierre Martinez occupait quatre mandats exécutifs. Seulement, il relève : « Les choses ne sont pas tout à fait pareilles après le 15 mars. Le maire occupe trois mandats : maire, premier vice-président de l’intercommunalité et président du syndicat du Vidourle (EPTB, NDLR). Trois gros mandats, et il continue à travailler, ce qui doit poser problème ! » Un élu proche de Stéphane Porret justifie à son tour : « Stéphane n’est pas président de l’intercommunalité. Il est bien normal que Sommières dispose d’une vice-présidence. Pour l’EPTB, c’est un accord politique avec l’ensemble des élus, y compris ceux de Lunel qui ne voulaient pas du maire de Quissac. »
Hausse des indemnités
Enfin, parmi les autres griefs de Pierre Martinez : la hausse des indemnités de Stéphane Porret. Les bulletins d’indemnités font effectivement état d’une hausse entre le précédent mandat et l’actuel : 1 897 € mensuels pour Stéphane Porret contre 1 784 € pour son prédécesseur. « Il s’agit d’une revalorisation légale », relève un membre de la nouvelle majorité. Comme le mentionne la délibération, votée en conseil municipal, cette revalorisation résulte de la loi sur le statut de l’élue, adoptée en décembre 2025 pour les communes entre 3 500 et 9 999 habitants. En cas de réélection, Pierre Martinez aurait aussi bénéficié de cette revalorisation. Seulement, les électeurs en ont décidé autrement…