Nouveau conseil municipal à Sommières, et toujours quelques vieux règlements de comptes. Cette fois, l’affaire n’est pas sans conséquence pour les finances de la commune. À l’ordre du jour de la séance du 1er juillet : l’annulation d’une délibération adoptée le 9 mars sous l’ancien maire, Pierre Martinez, soit quelques jours seulement avant les élections municipales. Ce texte prévoyait la vente à l’aménageur Angelotti de terrains situés dans la ZAC (Zone d’aménagement concertée) « Massanas - La Crouzade » au prix de 25 € le mètre carré, « soit un montant bien inférieur au prix fixé par France Domaine », rappelle son successeur, Stéphane Porret.
Située au sud du lycée Lucie Aubrac, cette zone est initialement vouée à devenir un écoquartier avec plusieurs centaines de logements, des locaux commerciaux et un gymnase. À l’époque, Stéphane Porret et Jean-Pierre Bondor, alors sur les bancs de l’opposition, faisaient partie des élus qui avaient voté contre cette décision. Ingénieur en génie civil et expert en construction près la cour d’appel, Stéphane Porret insiste : « Cette cession constitue une libéralité illicite. Le prix de la vente ne peut être inférieur à la valeur du bien sans aucun élément permettant de le justifier. » Et d’enfoncer le clou : « C’est un manque à gagner d’environ 1 M€ pour Sommières et les Sommiérois ! Aujourd’hui, on reprend la main sur ce dossier, on le remet à plat. »
« On reprend la main sur ce dossier »
L’urgence de la mairie est aussi guidée par le remboursement de 1,5 M€ à l’EPF (Établissement public foncier), qui a acquis les terrains pour le compte de la commune. Ce remboursement devait être effectué au 31 mars dernier : « Le premier versement de l’aménageur Angelotti, de 550 000 €, n’a jamais été fait ! Les conditions d’engagement étaient tellement floues que la société s’est engouffrée dedans ! », poursuit le maire. S’adressant aux élus d’opposition, Stéphane Porret poursuit : « Vous exposez les habitants à des risques financiers et juridiques importants. Votre budget 2026 est complètement insincère ! »
L’ancien élu de la majorité, Fabrice Lacan, n’est pas d’accord avec cette décision : « Cette recette de 3 M€ permettait de ne pas emprunter et de solder l’argent que l’on devait à l’EPF ! Avec cette décision, qu’en est-il des finances communales ? Vont-elles redevenir catastrophiques ? Validez-vous la deuxième baisse de 5 points des impôts votée par vos prédécesseurs ? » À la suite de cette délibération, la ville est ouverte à la discussion avec l’aménageur Angelotti : « Pour l’instant, rien n’est décidé, il faut que je le voie », indique Stéphane Porret. L’entreprise ira-t-elle au contentieux ? Abandonnera-t-elle le projet ou trouvera-t-elle avec la commune un nouveau terrain d’entente ?
Quant aux impôts, la baisse de 5 points de la taxe foncière pour 2026 devrait être maintenue, soit un manque à gagner de 250 000 € pour les recettes de la ville.