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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 03.11.2021 - coralie-mollaret - 3 min  - vu 3611 fois

FAIT DU SOIR Christophe Pio, le nouveau gardien des halles de Nîmes

(Photo : Coralie Mollaret)

Christophe Pio, conseiller municipal à Nîmes délégué aux Halles, aux foires et marchés (Photo : Coralie Mollaret)

Bon vivant, le conseiller municipal chargé des halles s’épanouit comme un poisson dans l’eau dans sa nouvelle délégation. 

À 47 ans, Christophe Pio est l’un des nouveaux visages de l’équipe Fournier. L’agent immobilier a été élu sur la liste du maire Les Républicains en 2020. Jusque-là son engagement se limitait à son adhésion au parti. Jusqu’à ce fameux soir : « J’ai discuté avec Laurent Burgoa (il était adjoint au maire à l’époque, ndlr) devant l’école Saint-Stanislas où nos enfants sont scolarisés. J’ai proposé mes services pour intégrer la liste ». Nîmois d’adoption, Christophe Pio est un « autodidacte ». Il a tracé son chemin au fil de rencontres, en travaillant d'abord dans une boutique d’antiquité dans le Vaucluse, avant de tenir un bar à Montpellier pour finir agent immobilier dans la cité des Antonin. 

Christophe Pio a noué des relations d'amitié avec le premier adjoint Julien Plantier (Photo : Coralie Mollaret)

Le commerce, c’est son histoire, sa passion. Pendant la campagne des municipales, Christophe Pio planche sur cette thématique. Une fois élu au conseil municipal, il est désigné responsable des halles, des marchés et des foires. Une délégation chère aux Nîmois. « Tout petit, mon père m’amenait au marché de Pont-Saint-Esprit. On adorait humer les odeurs », se souvient-il, ému. À Nîmes, chaque marché a son charme, comme celui des Costières, le lundi, où l’on trouve casseroles et linges de maison. D’ailleurs « ce marché va être déplacé sur le terrain municipal route de Générac avec les forains en 2024 pour entamer la reconstruction du stade de football ». Les horticulteurs, eux, iront du côté du Parnasse : « Ils avaient besoin de place pour que les camions puissent se garer ».  

Défenseur de « l’âme » des halles

Au cœur de l’écusson, Christophe Pio est, par délégation de Jean-Paul Fournier, « le patron des halles. » Et à Nîmes, elles sont sacrées ! « Pas question de faire ce qu’il se fait ailleurs avec des décors épurés et sans vie. Ici, c’est le terroir ! », brandit l’élu. Les halles Paul Bocuse à Lyon ? « Elles n’ont pas d’identité, ce sont surtout des maisons ! » On comprend mieux pourquoi le projet de la Socri, désireuse d’implanter un escalier mécanique au milieu des halles, pour mieux communiquer avec le centre commercial la Coupole, a fait bondir l’édile : « Ils ont un beau projet pour le centre commercial, mais pas pour les halles. La société voulait regrouper les quatre restaurants sous cet escalier géant comme un aéroport, il n’y avait plus d’âme… » 

Christophe Pio a ouvert le dossier de la diversification des étaliers « pour ne pas que l’on se retrouve avec trois poissonniers ». À chaque cession de banc, la commission partiaire des halles se réunit pour sélectionner les dossiers déposés par les nouveaux commerçants. Cette commission regroupe quatre élus de la Ville et quatre étaliers, dont Vincent Vergne, président de l’association des étaliers. La nature des activités est évidemment regardée de près : « On a mis les étaliers autour de la table pour qu’un boucher ne fasse pas de volailles, histoire d’enrayer la concurrence », et parfois déloyale. Dernièrement, Le Labo de la Blonde a été contraint d’arrêter de vendre du café pour ne pas faire concurrence aux autres cafés. La gérante, Natacha, ne le digère pas : « C’était un produit appelant qui permettait de faire venir du monde. Ces personnes allaient ensuite acheter mes épices et mon thé ! J’ai été obligé de licencier… » 

Dans les halles, d’autres problématiques sont régulièrement soulevées par les commerçants. « L’un des ascenseurs est tombé en panne et on m'a volé mon chariot », indique Alexandra, vendeuse de fruits et légumes depuis 25 ans. « C’est à cause des personnes qui mettent plus de poids qu’il n’est indiqué », rétorque Christophe Pio, « nous avons deux agents de sécurité mais ils ne peuvent pas tout voir ». Au sous-sol, Christophe Pio fait aussi le tour, histoire de vérifier que les camions de déchargement ne stationnent pas pendant des heures : « Logiquement, ils doivent être là uniquement le temps du déchargement. Certains en ont profité, en restant les week-ends ou pour la feria. Du coup, on a mis en place un système de badge qui limite le problème ». Au final, la délégation des halles de Nîmes mêle activité économique et gestion des problèmes entre étaliers. Une tâche loin d’être monotone pour Christophe Pio.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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