Publié il y a 29 jours - Mise à jour le 24.05.2024 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 2 min  - vu 179 fois

L’INTERVIEW Amine Kessaci, candidat aux Européennes : « Posons-nous la question de légaliser le cannabis »

Amine Kessaci, candidat EELV aux Européennes

Amine Kessaci, candidat EELV aux Européennes

- (Photo : Coralie Mollaret)

En deuxième année de droit à Marseille, le président de l'association Conscience et membre de la liste EELV aux Européennes était en déplacement à Nîmes. 

Objectif Gard : Tout le monde ne vous connaît pas, pouvez-vous vous présenter ? 

Amine Kessaci : Je m’appelle Amine, j’ai 20 ans. Je suis originaire de Marseille, du quartier nord de Frais-Vallon, le seul qui avait un métro donc j’ai connu la mixité en faisant mes études dans le quartier sud de la Timone. En 2020, j’ai monté une association qui s’appelait « Conscience écologique » pour deux raisons. La première : en recevant des gens chez moi, j’ai eu hyper honte de la saleté au pied de l'immeuble. Ensuite, parce qu’en tant que délégué de classe au lycée, l’écologie était un sujet dont s’emparaient tous les jeunes. Je me suis dit pourquoi pas les jeunes de quartiers ?

Que s’est-il passé ensuite ? 

En allant voir les jeunes, j’ai bien compris que, pour eux, c’était bien beau l’écologie mais qu’ils avaient d’autres problèmes : trouver un emploi, passer le permis de conduire… Du coup, on a fait un lien entre justice sociale et environnementale. 

Comment s’est nouée la rencontre avec la tête de liste EELV Marie Toussaint pour les élections européennes ? 

Marie Toussaint est venue à plusieurs reprises nous voir. Vous savez, du haut de mes 20 ans, j’ai rencontré quatre préfets, trois ministres de la Ville… Le truc qui m’a hyper marqué, c’est qu’elle s’est mise à distribuer les colis alimentaires avec nous et, qu’à aucun moment elle ne s’est prise en photo pour se pavaner en disant être dans les quartiers… Nous sommes restés en contact. Je lui ai soumis pleins de propositions pour lutter contre les narcotrafics. C’est comme ça qu’elle m’a demandé de participer à sa liste pour les défendre au Parlement européen.  

Vous êtes en déplacement à Nîmes aux côté de l’eurodéputée Carole Roose. Quel est votre vision de notre ville ? 

Je suis très sensible à la question des narcotrafics puisque mon frère en a été une victime. Du coup, mon association aide aussi les familles de victimes. Lors du décès du petit Fayed, nous avons aidé financièrement la famille pour rapatrier le corps à Mayotte. Aujourd’hui, l’association a une antenne à Nîmes. Nîmes est une ville de taille moyenne sur laquelle on pourrait expérimenter des choses pour lutter contre les narcotrafics. 

Par exemple ? 

Cela passe par la mise en place, dans chaque contrat commercial avec la Thaïlande ou Dubaï, d’une clause d’extradition pour les trafiquants de réseaux. 

Avez-vous d’autres idées ? 

Oui, posons-nous sérieusement la question de la légalisation du cannabis.  L’Allemagne vient de le faire. Aujourd’hui, ça a pris une telle ampleur. Cela permettrait de remettre dans le système les jeunes et de taper la morale des consommateurs qui ne seront pas ce qu’ils consomment en ayant recours à du cannabis. On est en train de tuer les jeunes de nos quartiers ! Dernière mesure : qu’une partie du fonds social européen soit donné pour des associations permettant d’accompagner les familles endeuillées. 

Enfin, vous êtes en 10e position sur la liste. Problème, votre parti est crédité d’environ 8 %. Pensez-vous pouvoir être élu ? 

Oui, j’y crois. En 2019, les sondages nous ont vus un peu plus bas que notre score final au scrutin. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

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