Publié il y a 8 mois - Mise à jour le 28.09.2023 - Marie Meunier - 4 min  - vu 767 fois

PAYS D'UZÈS Piscine intercommunale : un projet qui se veut économe en eau et en énergie

eric lemarié architecte

L'architecte Éric Lemarié a présenté le projet de piscine intercommunale durant le conseil communautaire. 

- photo Marie Meunier

Ce mercredi soir, les élus du Pays d'Uzès étaient réunis en conseil communautaire. Ils ont approuvé à l'unanimité l'avant-projet définitif de piscine intercommunale qui a été présenté en détails par l'architecte et son équipe. 

On en sait davantage sur la future piscine intercommunale du Pays d'Uzès. L'architecte Éric Lemarié et son équipe sont venus présenter cet équipement, dont "les travaux devraient démarrer début 2024 avec l'objectif d'une livraison en juin 2025." Les élus ont approuvé à l'unanimité l'avant-projet définitif de la piscine après avoir eu un aperçu très détaillé en 3D de ce à quoi ressemblera la structure. Ils ont aussi validé le montant prévisionnel des travaux estimé à un peu moins de 7,083 millions d'euros (*).

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Le conseil communautaire de la communauté de communes Pays d'Uzès s'est réuni ce mercredi soir, à la salle polyvalente d'Uzès. • photo Marie Meunier

Alors comment sera cette piscine ? Elle sera dans un bâtiment de 1 300m2 auxquels il faut ajouter 880m2 de locaux techniques. Il y aura deux bassins : un de 25m et un bassin d'apprentissage/aquagym qui pourront accueillir simultanément 330 baigneurs. À l'extérieur, seront aussi aménagés des jeux d'eau (appelés splash pad) et des plages engazonnées. Deux accès seront créés : un pour les entrées individuelles et un autre pour les groupes. 

La piscine intercommunale sera construite quartier Pompidou, à proximité immédiate du centre-ville historique. "Il y a donc un aspect paysager très important", reconnaît l'architecte, Éric Lemarié. L'autre dimension sur laquelle lui et ses partenaires ont beaucoup travaillé, c'est le volet énergétique. Pour concevoir cette piscine, ils se sont vraiment éloignés des énergies fossiles. 

Géothermie, aérothermie, panneaux solaires...

De nombreux procédés seront installés pour que le bâtiment soit le plus performant et économe possibles en termes d'énergie et d'eau. Cela passe par des matériaux bien choisis, qui vont favoriser la bonne qualité d'air. Le traitement de l'air étant l'un des principaux pôles de consommation d'une piscine. À la centrale de traitement d'air, a d'ailleurs été associée une déshumidification thermodynamique. Il y aura aussi un recours à la géothermie, possible grâce à un champ de 30 sondes verticales, profondes chacune de 145m. Ce système alimentera les pompes à chaleur, complété par de l'aérothermie. 

Un aperçu du bassin de 25m en vue 3D. • photo agence Éric Lemarié

La toiture sera végétalisée, des ombrières seront aussi aménagées à plusieurs endroits et porteront les panneaux solaires hybrides qui serviront à la fois à produire l'eau chaude sanitaire et de l'électricité. "On fait en sorte de bénéficier au maximum du climat local très ensoleillé pour limiter les consommations", ajoute Pierrick Matheaud de la société AGI2D. Grâce au solaire, "80% des besoins annuels" de la piscine devraient être couverts, estime Franck Biausse, du bureau d'études Bérim. 

83L d'eau par baigneur par jour

Un gros effort est porté sur la consommation d'eau. L'eau des bassins sera récupérée avec le procédé perlite : "quand on fait le calcul, on sera à une consommation de 83L d'eau par baigneur par jour. Sur des équipements déjà existants, on peut arriver autour de 200L. On sera particulièrement performant", assure Pierrick Matheaud. La chaleur de l'eau usées des douches sera récupérée avant le rejet à l'égoût. 

Le côté esthétique a été travaillé avec beaucoup de transparence, d'ouvertures pour faire entrer la lumière et une ventilation naturelles, avec beaucoup de surfaces en bois également qui offrent aussi un bon confort acoustique. Au plafond, seront tirées des toiles tendues avec absorbants, pour parfaire cette ambiance "maritime". Les bassins, faits en béton bas carbone, seront visibles dès le hall d'entrée et la charpente est entièrement en bois. 

L'eau récupérée par la Ville pour les espaces verts et le nettoyage

Cette longue présentation a suscité de nombreuses questions chez les élus du Pays d'Uzès. Xavier Gayte (La Capelle-et-Masmolène) se demandait si l'eau était bien réutilisée au maximum. La vidange a lieu une fois par an mais les 75m3 d'eau vont être récupérés par la Commune pour faire du nettoyage de voirie ou arroser des espaces verts (après avoir été déchlorée). La vidange sera réalisée en demi-saison et nécessitera un temps de maintenance d'une dizaine de jours. Guy Crespy (Sanilhac-Sagriès) aurait même aimé que la structure soit labellisée "Bâtiment durable Occitanie". Mais parait-il que c'est quasiment impossible pour les piscines... 

Christophe Cavard (Uzès) se réjouit que ce "projet attendu depuis longtemps par les habitants de l'Uzège" et se demande quelle sera la part d'énergies renouvelables dans le fonctionnement de la piscine. "On se rappelle encore des piscines qui ont dû fermer pendant la crise énergétique. Et le électricité n'est pas prête de descendre en prix", argue l'élu uzétien. Environ 75% des besoins annuels doivent être couverts, assure l'équipe.

Fabrice Verdier a aussi rappelé que, "dans un choix écologique et économique", la piscine intercommunale couverte sera fermée les deux mois d'été et sera relayée par la piscine municipale d'été d'Uzès. Quant à Marie-Lise Gloanec (Aigaliers), elle interroge s'il est prévu de travailler avec la filière bois Occitanie pour construire la piscine. "On est dans une procédure de marché public. Cet élément pourra être pris en compte dans l'appel d'offres", renseigne Éric Lemarié. 

Le projet de piscine intercommunale a aussi été abordé lors du conseil municipal d'Uzès mardi soir. Article à lire ou à relire : www.objectifgard.com/gard/bagnols-uzes/uzes-feu-vert-pour-les-terrains-destines-a-la-piscine-intercommunale-et-a-lecole-sainte-anne-116009.php

(*) Au départ, le montant des travaux avait été annoncé à 6,3 millions d'euros. Mais comme l'avait envisagé le président de la CCPU, Fabrice Verdier, un complément a été ajouté pour la géothermie et autres solutions énergétiques ainsi que pour la création d'une voirie. Au total, le chantier de l'avant-projet définitif est estimé à 7,083 millions d'euros environ, dont 1,296 million rien que pour le chauffage, la ventilation, la déshumidification et la géothermie. Quant aux coûts nets de fonctionnement annuels, ils ont été estimés par le cabinet Espelia entre 600 000 et 700 000€. 

Marie Meunier

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