Le moustique tigre, en raison de sa capacité à transmettre des maladies telles que la dengue, le chikungunya et le Zika, fait l’objet d’une surveillance renforcée en Occitanie, comme partout en France. Ce dispositif, renforcé du 1ᵉʳ mai au 30 novembre, vise à réduire le risque de survenue de chaînes de transmission locales de ces virus (cas autochtones).
Il repose sur la mobilisation de tous : professionnels de santé pour détecter et signaler rapidement les cas confirmés, vigilance des voyageurs exposés à ces virus, et sensibilisation des citoyens aux gestes simples de prévention pour éviter la prolifération des moustiques près de chez eux. Chacun peut agir !
Il n’y a pas aujourd’hui de circulation des virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika en France métropolitaine. Les cas signalés sont des cas importés, c’est-à-dire qu’ils concernent des personnes ayant contracté la maladie lors d’un voyage dans une zone où ces virus circulent.
L’objectif de la surveillance est d’éviter et de maîtriser la mise en place d’un cycle de transmission « autochtone » de ces maladies tropicales, c’est-à-dire des cas de personnes n’ayant pas voyagé, mais étant contaminées via la piqûre d’un moustique tigre infecté en métropole.
En France, la période à risque s’étend de mai à novembre en lien avec l’activité saisonnière des moustiques. La déclaration des cas humains est obligatoire depuis 2021. Le virus est endémique dans plusieurs régions du sud : Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Nouvelle-Aquitaine.
Un dispositif de surveillance renforcée multidisciplinaire est déployé, associant les secteurs de la santé humaine et de la santé animale (équine et aviaire) ainsi que des entomologistes. L’objectif est de détecter précocement la circulation du virus pour sécuriser les dons de sang et les greffes, et limiter la transmission.
Durant la saison 2025, 89 cas autochtones de chikungunya répartis en 14 foyers (1 à 17 cas par foyer) et six cas autochtones de dengue répartis en cinq foyers (1 à 2 cas par foyer) ont été enregistrés en Occitanie.
En ce début de saison 2026, on constate une circulation active du chikungunya à Mayotte où près de 1 000 cas ont été identifiés depuis le début de l’année. Dans les départements français d’Amérique, on observe une intensification de la circulation du virus de la dengue en Martinique ainsi qu’une circulation du chikungunya en Guyane où plus d’une centaine de cas ont été recensés.
Le signalement rapide par les professionnels de santé auprès de l’ARS de tout cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de Zika, et de virus West Nile (depuis 2021) est crucial : il permet de limiter le risque de transmission autochtone.
En début de saison, les professionnels de santé, médecins et laboratoires de biologie médicale, sont sensibilisés au diagnostic des arboviroses (dengue, chikungunya, Zika et virus West Nile) et au signalement immédiat de tous les cas confirmés auprès de l’ARS, ces pathologies étant des maladies à signalement obligatoire. Chaque signalement fait l’objet d’une enquête épidémiologique (entretien avec le patient) et entomologique (vérification de la présence de moustique tigre ou Culex pour le virus West Nile) sur les lieux de circulation du malade.
Chaque signalement permet la mise en œuvre rapide des mesures de prévention (comme la démoustication ciblée) et les investigations nécessaires. L’objectif est d’éviter la mise en place d’une chaine de contamination locale.
Les professionnels de santé ont ainsi un rôle clé à jouer : en diagnostiquant et signalant rapidement les cas de dengue, chikungunya, Zika ou virus West Nile, ils permettent l’intervention précoce des opérateurs de démoustication et réduisent ainsi le risque de transmission autochtone.
Le moustique tigre se déplace très peu : il vole généralement dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de naissance. Ainsi, sa présence à votre domicile signifie le plus souvent qu’il est né à proximité immédiate. Si aucune méthode de protection n’est totalement infaillible, c’est l’accumulation d’actions individuelles et collectives qui permet de réduire efficacement sa prolifération et, par conséquent, le risque de transmission de maladies.
Particulièrement abondant dans les jardins et adaptés aux zones résidentielles et péri-urbaines, le moustique tigre se développe à proximité des habitations. Il pond ses œufs dans de petites quantités d’eau stagnante, fréquemment contenues dans des objets ou aménagements d’origine humaine (jouets, pneus, gouttières...).
Sans eau stagnante, pas d’éclosion… et donc pas de moustiques. Ces gestes de prévention doivent être appliqués partout : à domicile, en entreprise, au sein des collectivités et dans l’espace public.
Rappelons que le moustique tigre ne peut pas être éradiqué, notamment en raison de la grande résistance de ses larves dans l’environnement. Les traitements ne sont donc mis en œuvre par les autorités sanitaires qu’en cas de risque avéré de transmission de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, et uniquement sur des zones ciblées.
Ces interventions visent à éliminer les moustiques adultes dans des périmètres restreints, autour de lieux fréquentés par des personnes malades, lorsque la présence du moustique tigre est confirmée. Elles n’agissent ni sur les œufs ni sur les larves (non contaminants), ce qui limite leur efficacité dans le temps.
Un recours systématique aux traitements ne constitue pas une solution durable. Il pourrait favoriser l’apparition de résistances aux insecticides et entraîner une exposition répétée des populations à ces produits. C’est pourquoi la prévention, notamment l’élimination des eaux stagnantes, reste le moyen le plus efficace pour limiter la prolifération du moustique tigre.