Un symbole autant qu'un combat, "une commémoration plus qu'une fête". Cette "fête", c'est celle du travail, le 1ᵉʳ mai, dont il est question pour les syndicats, cette année plus que jamais. "Cette date a été obtenue sous le sang, mais elle risque de devenir un jour comme un autre, craint Martine Sagit, secrétaire générale de la CGT alésienne. Le travail du dimanche devait déjà être exceptionnel, regardez où on en est. Si tout le monde commence à travailler le 1ᵉʳ mai, il deviendra comme un dimanche. Nous ne voulons pas perdre cet avantage."
Myriam Vermale, cosecrétaire départementale du syndicat SNU-FSUipp, ajoute : "On fait croire que laisser ouvrir quelques commerces va être bénéfique, alors que c’est l’exact inverse. Le but derrière est de faire du profit."
"Le capitalisme a de l’argent seulement pour la guerre"
La bataille se mène alors autant dans la rue que la guerre se mène à l'international dans le monde, elle a ainsi "encore plus sa place que d'habitude au vu des contextes national et mondial", tance Martine Sagit, pour qui "le capitalisme a de l’argent seulement pour la guerre."
"C’est une journée de mobilisation pour la paix", confirme Robert Guiraud, responsable de l’union locale de Force Ouvrière : "Les syndicats sont opposés à la guerre par essence." Le but est également de "conserver nos acquis sociaux, la défense des retraites, l’avenir de la jeunesse et le respect du Code du travail". Du côté de SNU-FSUipp, la priorité est d’augmenter les salaires, et de montrer la détermination des travailleurs via cette journée. Myriam Vermale rappelle : "On a déjà perdu deux ans avec le repoussement de la retraite... Si on cède le 1ᵉʳ mai, ce sont tous les autres fériés qui vont souffrir."
Défense des droits, contre-attaque des idées
D'autant plus que les guerres et le pouvoir d'achat sont liés pour Christian Baddi, représentant de FO Orano : "Les conséquences de la guerre se répercutent directement sur le portefeuille des salariés à travers les prix de l'essence et de l'énergie. Si on ouvre la boite de Pandore, c'est fini de nos acquis !" Argument appuyé par le CGTiste Alain Martin : "La libre concurrence et l'idée de sauvegarder les commerces de proximité est un prétexte, un coup fourré, pour attaquer le 1ᵉʳ mai. La boulangerie est plus menacée par le prix de l'énergie que par le fait que les employés ne travaillent pas. Elles peuvent ouvrir mais seulement avec le patron."
Plutôt que céder, ce dernier, toujours en tête de cortège des manifestations, préfère là aussi prendre les devants : "Plutôt que nous enlever un jour férié, on en demande un nouveau : le 8 mars, la journée internationale des droits des femmes. Le 1ᵉʳ mai n'est pas un jour de grève, mais un jour pour s'exprimer."
La manifestation se formera ce vendredi, 10h30, sur la place de l’Hôtel de ville. Elle descendra direction l’espace Cazot, longera le quai Jean-Jaurès pour arriver à la Bourse du Travail.