Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 17.04.2024 - Marie Meunier - 3 min  - vu 732 fois

FAIT DU SOIR Après un accident, l'Uzétien David Van Dijke se convertit en maréchal-ferrant

David Van Dijk s'est lancé à son compte en tant que maréchal-ferrant en février 2024.

- photo Marie Meunier

Lorsqu'il était jeune, David Van Dijke se prédestinait à être cavalier professionnel de saut d'obstacles. En mai 2021, il se sort miraculeusement d'un accident de voiture avec seulement une cheville foulée. Prenant conscience de la fragilité de la vie, le jeune homme décide de se reconvertir dans un métier qu'il aime et qu'il a choisi : maréchal-ferrant.

D'origine hollandaise, David Van Dijke est arrivé dans le Gard à l'âge de 3 ans. Ses parents ont ouvert une chambre d'hôte à Saint-Just-et-Vacquières. Leur voisin avait des chevaux, alors le jeune David allait les voir, a commencé à monter, puis à prendre des cours. Le contact avec l'animal lui plait et il s'imagine déjà devenir cavalier professionnel. Pas vraiment branché école, il quittera tôt la voie générale pour un CAP élevage équin après la 3e. Il partira ensuite un an aux Pays-Bas pour se perfectionner. "Je montais jusqu'à huit ou neuf chevaux par jour", assure-t-il. 

Sa famille, ses amis lui manquent, il décide alors de revenir dans la région d'Uzès à 18-19 ans. Il ramène des Pays-Bas Clarisa, une jument de bon niveau qu'il a achetée là-bas. Mais David ne parvient pas à retrouver un travail dans le domaine équestre. Il se reconvertit en passant un CAP maçonnerie et se fait embaucher dans une entreprise de BTP uzétienne. Il a de plus en plus de mal de concilier travail et équitation. Sur les concours de saut d'obstacles les week-ends, les erreurs s'accumulent, les classements s'éloignent. Le manque d'entraînement pénalise à chaque fois le cavalier et sa monture. "Au bout d'un moment, j'ai lâché les concours. Je n'avais plus le temps de tout faire. Je n'avais plus envie, on se disputait à chaque concours avec mon père", retrace David Van Dijke. 

"La vie était trop courte pour faire quelque chose que l'on aime pas plus que cela"

Du jour au lendemain, il vend sa jument et ne remettra plus le pied à l'étrier. Il continue de travailler comme salarié maçon, commençant à ressentir des signes de lassitude. Un soir, en rentrant du travail, sa vie bascule. Il commence à dépasser un poids lourd qui se déporte. David se prend un platane de face. Sa voiture toute neuve est détruite mais lui s'en sort miraculeusement avec une cheville foulée. Une chance incroyable qui agit comme un déclic : "Je me suis dit que la vie était trop courte pour faire quelque chose que l'on aime pas plus que cela." Immobilisé à cause de sa blessure, le jeune homme passe une journée de convalescence avec un ami maréchal-ferrant. En l'observant, il éprouve un coup de cœur pour ce métier. 

"J'ai toujours vu ces hommes faire, mais je n'y avais jamais pensé", réalise-t-il. David démissionne et reprend ses études pour devenir maréchal-ferrant. La dimension très physique du métier ne lui fait pas peur. Il aime faire quelque chose de ses mains, travailler le fer et côtoyer les équidés. En septembre 2021, il intègre un CAP sur deux ans à Saint-Chély-d'Apcher, en Lozère, une des rares formations du sud de la France en maréchalerie. Il effectue les allers-retours avec 2h30 de route le matin et autant le soir. Qu'importe, il a trouvé sa voie et sa détermination ne peut être altérée. Tous ses camarades de première année ont abandonné, mais pas David. 

Travailler avec les chevaux d'une cavalière plusieurs fois médaillée aux Jeux Olympiques

À la fin de sa formation en 2023, un de ses professeurs voit en lui un beau potentiel. Il le met en relation avec Loïc Entwistle, une connaissance à lui, ponte du métier établi en Allemagne. Le maréchal dorlote les sabots de cavaleries de haut niveau et donne régulièrement des conférences. David Van Dijke va se former tout l'été 2023 à ses côtés, apprenant de nouvelles techniques et s'occupant de chevaux valant plusieurs dizaines de milliers d'euros. "Mon patron m'a vite laissé faire. Dès la deuxième semaine, je ferrais. Je me suis chargé des chevaux de dressage de Dorothee Schneider qui a remporté plusieurs titres olympiques", atteste-t-il. 

À la fin de l'été, David aurait pu continuer à travailler en Allemagne. Mais il choisit de revenir à Uzès et de s'installer à son compte. En février, il a lancé son entreprise "VD Maréchalerie" et propose ses services sur un secteur allant de Montpellier à Avignon, en passant par Aix-en-Provence ou les Saintes-Maries-de-la-Mer. Il imagine des solutions sur mesure pour que les chevaux se sentent bien dans "leurs baskets" : pieds nus, fers alu, ferrure orthopédique... "Comme nous, aucun cheval n'a les mêmes pieds. Il faut comprendre quand quelque chose gène. L'idée, c'est qu'il soit au maximum dans le confort. Souvent, je fais trotter les chevaux avant pour analyser comment ils se déplacent, voir leurs aplombs", explique-t-il. 

Pour rappel, la corne de sabot est semblable à l'ongle chez l'humain. Le parage consiste à limer les excédents de corne. Le ferrage protège le pied et évite qu'il ne s'use lorsque le cheval est monté notamment en extérieur. Le maréchal uzétien crée l'arrondi des fers en chauffant une bande métallique à 1 200°C avec sa forge puis en la frappant. Plus tard, David Van Dijke aimerait transmettre ses acquis à un apprenti "pour que le métier ne se perde pas". Ce qui est sûr, c'est que lui n'a aucun regret depuis sa reconversion.

Plus d'informations à vdmarechalerie@gmail.com.

Marie Meunier

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