Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.01.2026 - Julia Razil - 4 min  - vu 72 fois

ARLES Santé : la force de frappe de "L'Union pour Arles"

Arles a perdu 30% de ses médecins en sept ans. 

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Vendredi, lors d'une conférence de presse, Nicolas Koukas, entouré de professionnels de santé et d’acteurs locaux engagés, a dévoilé ses mesures phares pour garantir l’accès aux soins aux Arlésiens.

C'est la préoccupation numéro 1 des Arlésiens selon le sondage réalisé en décembre dernier par nos confrères de La Provence. La question de l'offre de soins et des services de santé serait ainsi en tête des enjeux déterminants aux municipales. Rien de surprenant somme toute quand on sait que la ville a perdu 30% de ses médecins en 7 ans et que plus de 6 300 Arlésiens n'ont plus de médecin traitant*.

Ce vendredi, dans son local de campagne, Nicolas Koukas, tête de liste de L’Union pour Arles, entouré d’une équipe de professionnels de santé et d’acteurs locaux engagés, a présenté son plan pour garantir un accès aux soins à tous les Arlésiens. "Dès notre élection en mars, il y aura au moins dix personnes qui travailleront spécifiquement sur les questions de santé, réparties dans les quartiers, les villages et le centre-ville. Ce sera un élément très fort de notre politique municipale, a affirmé Nicolas Koukas. Pour avoir une réelle force de frappe, nous avons besoin d’une équipe de personnes qui connaissent leur métier, qui vivent sur leur territoire et qui ne sont pas déconnectées de la réalité." Une équipe dont certains membres étaient présents à cette conférence de presse. Ils ont ainsi tour à tour apporté leur témoignage et leur expertise.

"Des personnes qui connaissent leur métier, qui vivent sur leur territoire"

Charlie Scandagliari, ancien directeur de CCAS, a rappelé l’isolement des habitants de Salin-de-Giraud, situé à 40 kilomètres de l’hôpital Joseph-Imbert, où un médecin n’est présent que deux jours par semaine. "Nous sommes les oubliés du territoire, a-t-il regretté. Notre objectif immédiat est d’obtenir un médecin généraliste à temps complet." À ses côtés, Julie Bonato, sage-femme hospitalière, mais aussi Nadia Chebil, aide-soignante spécialisée dans la maladie d’Alzheimer et qui a mis en lumière le manque criant de dispositifs d’accompagnement pour les aidants. L’angiologue Malika Lagneau a, pour sa part, évoqué l’errance médicale des patients, contraints de se tourner vers les urgences faute de médecins généralistes disponibles. Dominique Bonnet, ancienne cheffe de service à l’hôpital d’Arles et secrétaire de la CPTS du Pays d’Arles (communauté professionnelle territoriale de santé) jusqu’en 2025, élue d’opposition aux côtés de Nicolas Koukas depuis 2020, a partagé son expérience du terrain.

Entouré de professionnels de santé, Nicolas Koukas a présenté le plan d'action en sept actes de "L'Union pour Arles" pour la santé, lors d'une conférence de presse ce vendredi.  • DR

Ancien adjoint de Patrick de Carolis, évincé de la majorité dès 2022, Serge Meyssonnier, médecin généraliste à Mas-Thibert, a tiré la sonnette d’alarme : "Beaucoup de médecins ont plus de 70 ans. Et il n’y a pas de successeur. La situation va se dégrader jusqu'en 2028." Enfin, Fatima Benamer, qui fut à l'initiative de l’Atelier de beauté solidaire à Griffeuille, a rappelé l’importance de la prévention et de l’écoute, notamment en matière de santé mentale.

Un réseau de maisons de santé pluridisciplinaires

Autant de témoignages qui ont participé, entre autres, - "puisque cette thématique est sur la table depuis la création de l’Appel d’Arles" - à l’élaboration d’un plan d’action en sept actes en réponse aux délais d’attente excessifs, à des renoncements aux soins et à des distances kilométriques parfois considérables pour consulter. Ce plan repose, en premier lieu, sur la mise à disposition immédiate de locaux municipaux et intercommunaux, transformés en cabinets médicaux clés en main, afin d’attirer médecins généralistes et spécialistes, avec un accompagnement administratif et financier incluant des bourses pour les étudiants en médecine s’engageant à exercer cinq ans sur place. "Une initiative inspirée du modèle réussi de Carcassonne".

Ce plan d'action prévoit aussi la création d’un réseau de maisons de santé pluridisciplinaires, intégrant médecins, infirmières, sages-femmes et kinésithérapeutes, réparties dans le centre-ville, les quartiers populaires et les villages, en partenariat avec la CPTS du Pays d’Arles, l’ARS et la CPAM, pour simplifier les parcours de soins et réduire les déplacements des patients. Pour les zones les plus isolées, comme Salin - où l’objectif est bien d’accueillir un médecin à temps plein - ou Moulès, où un projet d’urgences non vitales dans l’ancien bâtiment des pompiers continuera à être soutenu, des permanences de santé mobiles seront mises en place pour proposer dépistages, prévention et accompagnement directement sur le terrain.

Le programme de L'Union pour Arles prévoit aussi de relancer le service communal d’hygiène et de santé avec le recrutement d’un médecin et d’une infirmière dédiés, permettant de préserver les financements de l’État et de "restructurer un service de santé délaissé depuis 2020". Une attention particulière sera accordée aux aidants familiaux, ainsi qu’aux jeunes en précarité, pour qui la santé mentale et l’accès aux soins représentent des défis majeurs. Parmi les axes d'action également : la mise en place d'une mutuelle communale, "accessible sans questionnaire médical ni limite d’âge, pour offrir des tarifs négociés, permettant aux familles et aux retraités de réaliser des économies significatives". Enfin, la défense de l’hôpital public Joseph-Imbert sera évidemment une priorité.

Même si la tâche est ardue, que la situation n'est pas propre à la commune et que certaines compétences dépassent le cadre municipal, l’objectif de L'Union pour Arles reste clair : attirer des médecins, en créant un environnement propice à leur installation. "Il faut tendre vers ça, tout doit être fait pour."

* source : Ameli.fr

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