Une soupe de courgettes aux petits pois, cosses comprises ; des légumes sautés au pesto de basilic ; des fraises et abricots au poivre vert… C'est le menu végétal et alléchant qu'ont concocté ce mercredi midi quelques adhérents du centre social de Molières-sur-Cèze, à la ferme de la Rose en Cévennes, hameau des Brousses. Une propriété sur laquelle travaillent un couple de maraîchers, sur la propriété de Thierry Honnons et Sophie Fijalkowski.
"Quand on a acheté le mas, notre objectif était d'accueillir des maraîchers, explique Thierry Honnons. On a pratiquement les seuls terrains disponibles en zone agricole." Sous le mas, le terrain est effectivement plutôt plat et le paysage s'ouvre sur la vallée de la Cèze, sur les hauteurs de Molières. "Un couple s'est installé sur 1,5 hectare", poursuit le co-propriétaire des lieux. Tous sont adhérents de l'association locale Transition énergétique et environnementale en Cèze-Cévennes (TEECC).
"On a eu l'opportunité, à travers l'association et le Département, de répondre à un appel à projet afin d'obtenir un financement pour proposer des paniers solidaires aux gens du centre social de Molières-sur-Cèze, détaille Thierry Honnons. D'une valeur de 15 €, ils sont payés 5 € par les gens." Chaque semaine ou quinzaine, ce sont une vingtaine de paniers qui sont acquis ainsi. De fil en aiguille, l'idée de réapprendre aux acheteurs à cuisiner des légumes s'est imposée. "C'est le deuxième qu'on fait."
"Aujourd'hui, on a écossé les petits pois et on a gardé les cosses pour les manger", explique l'une des participantes tout en débitant des blettes. "Ici, on essaie d'inviter les gens à comprendre ce qu'ils font quand ils cuisinent, explique le président de TEECC, Michel Dehoux, en cherchant les mots justes et en mélangeant des courgettes aux cosses de petits pois, "avec une patate pour le liant. La cuisine médiévale utilisait le pain qu'il restait pour la liaison des sauces", poursuit Michel Dehoux dans une intention pédagogique.
Tous bénéficiaires des Restos du cœur, les membres du centre social viennent ainsi directement au soutien d'agriculteurs locaux, via l'aide départementale et une participation de 2 € par panier du centre social. "Cela sert aussi à retisser le lien entre producteurs et consommateurs, explique Sophie Fijalkowski, co-propriétaire du mas. La communauté de communes semble s'intéresser aussi à ce qu'on fait. S'ils nous aident en plus, on aimerait inclure d'autres agriculteurs."
Il est l'heure de passer à table à la ferme de la Rose en Cévennes, sous un soleil déjà estival. Et les plats sont appréciés, et prestement vidés. En espérant, pour l'association, que les recettes servent d'inspiration au moment de cuisiner à la maison.