Objectif Gard : Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans l’exercice de vos nouvelles fonctions ?
Thomas Pic : C’est le rythme ! Au démarrage du mandat, c’est normal, tous les services se mettent en place. Par exemple, pour la création de notre marché, nous avons dû tout construire, tant sur le plan administratif qu’organisationnel. Il y a aussi notre passage à l’éclairage en LED. Les réunions, les rencontres et autres rendez-vous s’enchaînent.
Vous avez 31 ans. Vous travaillez à la SNCF et vous êtes père de deux petites filles de 2 ans et 9 mois. Comment tout concilier ?
Pour l’instant, j’y arrive. Dans le cadre de mon travail, je bénéficie de 122 heures de crédit par trimestre pour exercer mon mandat. Je m’organise en posant des demi-journées. Je commence ma journée à la SNCF, à Nîmes, de 4h30 à 9 heures. Ensuite, de 9 heures à midi, je suis à la mairie. Je fonctionne comme ça le mardi et le vendredi. Si nécessaire, je poursuis l’après-midi. Quant aux rendez-vous avec les habitants, j’essaie de les programmer entre 14 heures et 17 heures. Heureusement, je peux compter sur nos deux secrétaires de mairie.
« Les journées ne font que 24 heures »
En tant que jeune papa, ce n’est pas simple…
J’essaie de partager les tâches avec ma compagne. S’occuper de deux enfants, seule, c’est compliqué. Je fais en sorte d’être présent. J’ai envie de les voir grandir et de ne pas passer à côté de moments importants. Si je les mets de côté pendant tout un mandat, à la fin elles auront déjà 9 ans. Ce n’est pas le but de tout rater.
Quels sont les avantages et les inconvénients d’être un jeune élu ?
L’avantage, c’est le dynamisme et l’ambition. Nous avons la volonté de changer les choses, au-delà de la gestion quotidienne de la commune. Quand on est jeune, on a envie de faire ses preuves. Et pour l’instant, je ne vois pas vraiment les inconvénients si ce n’est l’organisation nécessaire pour concilier le travail, la vie de famille et mairie. Les journées ne font que 24 heures… Les élus retraités disposent forcément de davantage de temps.
D’autres maires élus en mars sont aussi très jeunes, comme le maire de Sauzet ou de Junas. Échangez-vous avec eux ?
Avec Théo, oui. Nous entretenons de très bons contacts et nous partageons régulièrement nos expériences. Nous appartenons tous les deux à Nîmes Métropole. Le maire de Junas, Clément Roussel, dépend du Pays de Sommières. Nous échangeons aussi beaucoup avec notre président de notre groupe IEC (Intérêt et Esprit communautaire) et maire de Sernhac, Gaël Dupret. Lors du précédent mandat, c’était le plus jeune maire. Il a un peu ouvert la voie. Il n’a jamais fait l’objet de polémique, il a beaucoup apporté à son village et il reste très accessible et réactif. Nous nous inscrivons dans son sillage.
Quels sont les premiers projets mis en place depuis votre élection ?
Nous avons lancé le marché local. Il nous a fallu un peu pour que tout soit carré au niveau administratif. Nous avons souhaité l’installer en plein cœur du village, autour de l’église, afin que les commerces déjà présents profitent de cette dynamique. Il se tient chaque deuxième dimanche du mois. Son inauguration est prévue le 12 juillet à 10h30. Au-delà de son aspect commercial, ce marché est aussi un lieu de rencontre pour les habitants, en dehors de la fête votive ou des cérémonies du 8 Mai et du 11 Novembre.
Où en êtes-vous du projet de déménagement de la mairie ?
Il s’agit d’un projet global qui comprend la rénovation des toilettes de l’école et le transfert de la mairie au rez-de-chaussée. Les travaux des sanitaires, pour un montant d’environ 70 000 euros, vont démarrer très prochainement. C’est plus pratique de le faire pendant les vacances scolaires. Une fois ce chantier achevé, nous lancerons le déménagement de la mairie, que nous espérons finaliser en 2027. Elle prendra place dans les locaux actuels de la garderie, qui sera, elle, installée dans une des classes devenues disponibles de notre école. L’agence postale et la mairie partageront ainsi un accueil commun. Une mutualisation qui permettra de préparer l’avenir.
« Françoise Laurent-Perrigot m’a vu grandir »
Concernant l’ajout de places de stationnement au centre du village, où en êtes-vous ?
On m’a conseillé d’attendre la réfection de notre traversée de village menée par le Conseil départemental. Nous lancerons une étude globale sur l’entrée, la sortie et le centre du village, avec le même type de revêtement et de matériel. Nous avons rencontré les élus départementaux, Françoise Laurent-Perrigot et Olivier Gaillard, du canton de Quissac. Françoise Laurent-Perrigot, je la connais depuis longtemps, elle m’a vu grandir. Mes parents habitaient à Aigremont lorsqu’elle était maire. Je dois aussi avoir un an d’écart avec son petit-fils. Nous passions nos étés ensemble, faisions les fêtes votives…
Le projet éolien, qui a fait polémique en raison de la condamnation de l’ancien maire Pierre Lucchini, est-il définitivement terminé sur la commune ?
Moi, je pensais le dossier clos. Pourtant, j’ai reçu un mail de TotalEnergies pour connaître la position de la commune. L’entreprise m’a indiqué qu’une deuxième enquête publique pourrait être lancée, la première ayant été annulée. J’en ai discuté avec mon conseil municipal. Nous avons décidé de ne pas renouveler leur promesse de bail. TotalEnergies m’a dit qu’elle prenait acte de cette décision, qu’elle en informerait sa direction et reviendrait vers moi. Ça fait un peu forcing…
Avez-vous d’autres projets sur le village ?
Nous travaillons avec le SMEG Territoire d’énergie sur le passage de l’ensemble de l’éclairage public en LED. Cela nous permettrait de rallumer l’éclairage la nuit, tout en réalisant des économies d’énergie. Je pense aussi qu’il serait intéressant de consulter les habitants pour connaître leur avis. Quand il y a des événements qui se terminent tard, les gens rentrent parfois dans le noir, éclairés uniquement par le flash de leur téléphone.
Enfin, un mot sur Nîmes Métropole : quel regard portez-vous sur l’intercommunalité ?
L’intercommunalité est incontournable. Ce n’est pas le syndicat du coin. Elle apporte énormément aux communes. Concernant Vincent Bouget, le président, il m’avait appelé lorsqu’il était candidat à la présidence de l’Agglo. Je me souviens que nous étions restés longtemps au téléphone… et nous avons parlé de tout, sauf de sa candidature ! Il est très accessible et à l’écoute. Ensuite, la grande attente des petites communes concerne les fonds de concours.
C’est-à-dire ?
Nous souhaiterions que leur champ d’intervention soit élargi. Lors du précédent mandat, les grandes communes ont consommé l’intégralité de leurs enveloppes, mais ce n’a pas été le cas des plus petites. Ces crédits sont perdus… Pourquoi ne pas permettre qu’ils puissent financer davantage de projets, comme la rénovation de la voirie ou l’achat de matériel pour les services techniques, par exemple une épareuse pour entretenir les ruisseaux ? Pour une grande commune, une aide de 100 000 euros représente peut-être 0,1 % du budget. Pour nous, c’est près d’un quart de notre budget. Cela change tout.