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AFFAIRE RYANAIR : PEUT-IL Y AVOIR UN CRASH DE L’AÉROPORT DE NÎMES ?

Michael Cawley, directeur adjoint de Ryanair, accompagné de Jonathan Brisy, responsable des ventes et du marketing de la compagnie, ont mis en garde la Commission européenne qui mène actuellement une enquête sur l'aéroport de Nîmes. Photo DR/S.Ma
Michael Cawley, directeur adjoint de Ryanair, accompagné de Jonathan Brisy, responsable des ventes et du marketing de la compagnie, ont mis en garde la Commission européenne qui mène actuellement une enquête sur l'aéroport de Nîmes. Photo DR/S.Ma

L'aéroport de Nîmes, pris dans la tourmente d'un règlement de compte entre Ryanair et la Commission Européenne, traverse actuellement une zone de fortes turbulences. En effet, le mercredi 25 avril par la Commission européenne ouvrait une enquête concernant la conformité aux règles européennes de la concurrence des accords entre les pouvoirs publics et l’aéroport de Nîmes et des remises sur les redevances aéroportuaires accordées à Ryanair.

Bien loin de vouloir se laisser mener en bateau, Ryanair, en la personne de son directeur-adjoint, Michael Cawley, a tenu à s'expliquer sur cette enquête et ses conséquences, face à la presse locale, réunie ce mercredi matin à l'aéroport de Nîmes. Une enquête qui n'aurait pas de sens selon la compagnie low-cost : "Des experts indépendants ont enquêté sur les accords Ryanair de la croissance à Nîmes, et ont confirmé que ces derniers étaient en conformité avec les règles de concurrence MEIP ( Principe de l'investisseur en économie de marché)." D'ailleurs "cet acharnement" de la Commission européenne -- "18 enquêtes (Carcassonne, Pau, Marseille, La Rochelle, Nîmes et d'autres villes d'Europe) distinctes ouvertes sur les accords des aéroports low-cost, en visant essentiellement les contrats Ryanair sur la croissance du trafic dans les aéroports secondaires et régionaux" -- ne serait qu'une tentative de revanche suite à l'affaire de 2004 lors de laquelle la Commission avait jugé que les accords low-cost de Ryanair à Bruxelles Charleroi incluaient des aides d'état illégales. Jugement rejeté par la Cour Européenne en 2008.

"Le fait que la Commission européenne, depuis sa défaite dans l'affaire Charleroi en 2008, ait augmenté le nombre d'enquêtes sur les accords de croissance dans les aéroports Ryanair est une évidence claire de la vendetta appliquée par la Direction Générale de la Concurrence et par la Commission européenne contre Ryanair, les aéroports low-cost, leur croissance et succès continu, a précisé Michael Cawley. Au lieu de promouvoir la croissance et la concurrence ainsi que des meilleurs tarifs pour les consommateurs dans les aéroports secondaires et régionaux, la Commission préfèrerait fermer ces aéroports ou contraindre à une augmentation des tarifs pour les consommateurs, malgré les répercussions négatives sur la concurrence, sur l'efficacité intra-EU ou encore la création d'emplois dans les régions d'Europe." Concrètement, si l'enquête venait à être validée -- la conclusion de la Commission européenne est attendue pour la fin 2012, début 2013 -- la compagnie low-cost a annoncé préférer quitter Nîmes plutôt que de devoir payer plus pour se poser et décoller sur le tarmac nîmois, ce qui entraînerait une hausse des prix sur les billets. "Actuellement, nous avons un prix moyen de 40€ le billet sur nos trois lignes au départ de Nîmes (Bruxelles-Charleroi, Londres et Liverpool) et nous transportons chaque année près de 200 000 voyageurs (depuis l'an 2000). Si nous augmentons nos prix, le trafic va se réduire. Je suis convaincu qu'en passant de 40 à 60€ nous allons perdre de la clientèle et rester à Nîmes ne serait plus rentable. Il faut bien comprendre que si Ryanair quitte Nîmes, l'aéroport ne fonctionnera plus, ce qui pourrait entraîner sa fermeture" explique le directeur adjoint de la compagnie low-cost. Un véritable manque à gagner pour les voyageurs, mais aussi pour les emplois liés au tourisme de la région, "soit 200 emplois directs et indirects."

 

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