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NÎMES Les archéologues retrouvent les premières traces chrétiennes

Fouilles archéologiques de l'INRAP à Nîmes. Découverte de 3 sarcophages de plomb Paléochrétiens.
Fouilles archéologiques de l'INRAP à Nîmes. Découverte de 3 sarcophages de plomb Paléochrétiens.

Une campagne de fouilles préventives vient de mettre à jour l'emplacement de ce qui pourrait être la première église établie dans la cité. Une découverte qui resitue le contexte de la ville romaine et qui offrait aux premiers chrétiens un lieu d'inhumation et de recueillement.

A Nîmes, les choses vont vite. Les Volques Arécomiques furent les premières recrues militaires romaines à faciliter la conquête des Gaules, il est donc normal que l'on trouve les premières traces chrétiennes sur ce territoire. Si les premiers chrétiens étaient centralisés en Italie, le sud de la France et bien sûr Nîmes devaient connaître leur expansion et leur offrir un accueil qui allait durer plus de 1500 ans!

Des clous qui devaient servir à fermer les sarcophages en bois (Photo Anthony Maurin).
Des clous qui devaient servir à fermer les sarcophages en bois (Photo Anthony Maurin).

130 tombes, 15 stèles et des centaines d'autres objets viennent d'être découverts suite à une campagne de fouilles non loin du lycée d'Alzon. Mais, chose quasi inimaginable sur ce même site, les archéologues sont parvenus à débusquer ce qui pourrait être la toute première église nîmoise. Une église paléochrétienne, c'est-à-dire des débuts de la chrétienté, datant du 5ème siècle de ,notre ère, vient conforter l'idée de l'étendue des premiers chrétiens au fil du bassin méditerranéen.

Vue générale de l’abside de l’église et des nombreuses sépultures présentes à l’intérieur Photo B. Thomas, Inrap).
Pas facile de s'y retrouver mais voici une vue générale de l’abside de la première église connue à Nîmes et des nombreuses sépultures présentes à l’intérieur (Photo B. Thomas, Inrap).

Quartier des Amoureux, de fin décembre 2015 à fin avril 2016, une parcelle de 330 m² appartenant à un particulier qui voulait reconstruire une maison adaptée à ses vieux jours, a été l'enjeu de toutes les convoitises historiques. Car la découverte est importante, c'est une première dans la région! Tout n'est pas visible car la parcelle est étroite mais des murs imposants et épais faisaient office de fondations d'une abside semi-circulaire.

L'édifice, bâti avec des remplois antiques monumentaux qui devaient à l'origine servir d'anciens mausolées, est daté grâce à la présence de mobilier identifiable et de céramiques. A l'intérieur de cette première église, des tombes, parfois antérieures à l'édifice lui-même. De nombreuses sépultures dont une qui est dite "privilégiée" car assez exceptionnelle, monumentale et bien préservée.

Poterie, verre, fragments de tissu... (Photo Anthony Maurin).
Poterie, verre, fragments de tissu, perles... (Photo Anthony Maurin).

Voilà le plus ancien édifice de culte chrétien enfin retrouvé dans la région. Sur des manuscrits du 10ème siècle, on parlait de cette église mais sa localisation était incertaine jusqu'à cette année. Placée sur une voie de circulation, une sorte de périphérique qui reliait les grands accès antiques, l'église, construite sur un complexe funéraire existant, s'est peu à peu elle aussi muée en nécropole.

Découverte d'un sarcophage Paléo-Chrétien intact à Nîmes
Découverte d'un sarcophage Paléo-Chrétien intact à Nîmes, la tombe privilégiée dans son environnement (photo R. Bénali, Inrap).

8 sarcophages en plomb constituent l'ensemble le plus ancien du site dateraient du 3ème siècle de notre ère. Mais dès les 4ème et 5ème siècles, les tombes changent d'orientation et suivent celle de la nouvelle église, alors fraîchement bâtie. Mais pas beaucoup d'objets chrétiens dans ces sépultures. Quelques céramiques produites en Tunisie et destinées à contenir des huiles parfumées...Voilà à peu près tout!

Achevé ou non, ce petit pilier servait de barrière à la nef de la première église nîmoise (Photo Anthony Maurin).
Achevé ou non, ce petit pilier servait de barrière à la nef de la première église nîmoise (Photo Anthony Maurin).

C'est donc seulement quelques décennies après l'installation du premier évêque de Nîmes connu par les textes, qu'a été construite l'église qui vient d'être découverte. On ignore elle était dédiée à quelqu'un en particulier mais l'appellation, autour du 10ème siècle, d'une église Sainte-Perpétue, permettrait d'enraciner le christianisme dans la région et de valider cette thèse sans pour autant contenir une relique de la Sainte jetée aux fauves à Carthage.

Tombe dont la construction devait être monumentale. Elle est faite de mur en pierre recouvert à l’intérieur d’un enduit. Photo L. Wozny, Inrap).
Tombe dont la construction devait être monumentale. Elle est faite de mur en pierre recouvert à l’intérieur d’un enduit (Photo L. Wozny, Inrap).

Pour Marc Célié, archéologue de l'INRAP Méditerranée, "l'intérêt de la découverte est évident malgré la faible superficie de la parcelle! Le secteur est renommé et dès les premiers sondage, nous avions compris que les découvertes allaient être satisfaisantes". Un oeil affûté, une équipe compétente et une campagne de fouilles réussie. Petit regret, son arrêt! Le reste de l'église est situé sur une autre parcelle et aucun chantier n'est prévu pour l'heure. "Il est probable que cette abside ne soit qu'une des trois qui composeraient la totalité de l'édifice mais nous ne pouvons l'affirmer... D'ici 2 ans, les études concernant les données trouvées seront achevées et nous en saurons peut-être davantage" affirmait Marie Rochette, responsable d'opération à l'INRAP et pour cette campagne.

Un film de quelques minutes, réalisé par les équipes de l'INRAP, vous permettra d'affiner et peaufiner vos connaissances en la matière. Pour en savoir plus sur l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, n'hésitez pas à vous balader sur le site, ces travailleurs de l'ombre mettent en lumière notre histoire!

Dans les tombes, quelques poteries retrouvées (Photo Anthony Maurin).
Dans les tombes, quelques poteries retrouvées (Photo Anthony Maurin).

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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